EDITO: Israël – Jérusalem : Arié Dery, du mouvement Chass, brigue la mairie aux élections municipales de novembre 2008.
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C’était dans l’air, c’est devenu officiel : l’ancien ministre de l’Intérieur, Arié Dery, se porte candidat aux prochaines élections municipales, qui se tiendront le 6 novembre 2008.
Par Mati Ben-Avraham
Une candidature qui entraîne une nouvelle donne. Mais ce retour à la vie politique de l’ancien président du mouvement Chass, considéré comme un surdoué de la politique, va-t-elle réellement brouillé les cartes, procéder à un renversement de tendance ? Rien n’est moins sûr.
Un bref flash back s’impose. Aux élections du 2 juin 2003, tenues en raison de la démission du maire, Ehoud Olmert redevenu député et nommé ministre du Commerce et de l’Industrie, Uri Lupoliovski, religieux orthodoxe ashkénaze l’avait emporté avec 51,78% des suffrages, contre 42,59% à Nir Barkat, un laïc, homme d’affaires avisé, nouveau venu dans la politique locale. Le parti de cette orthodoxie religieuse, Aggoudat Israël avait recueilli 9 sièges sur 31, contre 6 au parti indépendant monté par Nir Barekat. Ce qui lui avait permis de diriger une coalition lui assurant la mainmise sur les principaux rouages du pouvoir municipal. Première remarque : la victoire des religieux orthodoxes était principalement due au fait que les deux grands partis traditionnels s’étaient avérés incapables de présenter un candidat digne de ce nom. C’est encore le cas pour ces élections-ci. Deuxième remarque : Aggoudat Israël n’est pas un bloc homogène. Il regroupe quatre courants de la Hassidout plus le courant lithuanien. Rien n’y va de soi. En 2003, Uri Lupoliovski , du courant lithuanien avait été désigné candidat, étant bien entendu que, en 2008, ce sera le rabbin Meir Porouch, de la Hassidout de Gour, qui défendra les couleurs de l’orthodoxie ashkénaze.
Depuis plusieurs mois, convaincus qu’Uri Lupoliovski avait fort bien mené la barque de l’orthodoxie ashkénaze, les Lithuaniens œuvraient en coulisses pour lui assurer un deuxième mandat. En vain. Les courants de la Hassidout n’en démordaient pas : un accord conclu se respecte! Ce sera Meir Porouch.
Mais voilà, les sondages n’étaient guère favorables à celui-ci : Nir Barkal l’emportait dans un fauteuil, porté par une mobilisation des laïcs et traditionnalistes lassés de l’arrogance manifestée par les nouveaux maîtres de la place Safra (la place de l’hôtel de ville)).
D’où l’idée, née du côté lithuanien, de solliciter Arié Dery. En se mordant les lèvres. En se voilant la face. Mais qu’importe le flacon, pourvu que l’on garde Jérusalem la sainte des mains des laïcs, encore plus honnis. Un excellent choix au demeurant : Arié Dery est charismatique, brillant. Il a l’étoffe d’un Premier Ministre, disait de lui l’ancien ministre et l’un des architectes des accords d’Oslo, Yosi Beilin. Et de fait, l’ancien président du mouvement Chass, le protégé du leader spirituel du mouvement le rav Ovadya Yosef, est à même de ratisser large, bien au-delà de la sphère d’influence de son mouvement.
Mais ce n’est pas gagné d’avance pour autant. En témoigne le sondage publié ce jeudi matin : Nir Barkat l’emporte dans tous les cas de figure : 55% contre 41% à Arié Dery, 58% contre 38% à Meir Porouch, 49% contre 22% à Arié Dery, 17% à Meir Porouch et 7% à Arcady Gaydamak. Certes, d’ici novembre beaucoup d’eau va couler dans le Jourdain. Tout va dépendre, en fait, de la volonté des non-orthodoxes de provoquer un véritable changement de direction.
Il est aussi un autre handicap pour Arié Dery, et non des moindres : l’inéligibilité pour 7 ans qui le frappe, suite à sa condamnation à 3 ans de prison pour faux et usage de faux, corruption et autres délits. Elle a commencé à sa sortie de prison en 2002. Le calcul est simple. Rien cependant n’est définitif. Sans entrer dans les détails fort compliqués d’une nouvelle disposition de la loi, il semble que le président de la Commission électorale afférente a la latitude d’accepter ou non la candidature d’Arié Dery.—


