EDITO: ISRAEL FRANCE EXCLUSIF - Arash Derambarsh : "J'admire Israël et les Israéliens". Entretien Exclusif avec le « président » de Facebook par Beni Issembert
Facebook impressionne, Facebook passionne, Facebook continue de nous surprendre.
Le plus grand site communautaire du Web n’a donc pas fini de nous surprendre et en ce début d’année, ce sont plus de 150 000 de ses membres qui se sont rués sur les urnes virtuelles pour élire un président au terme de quatre longs mois de campagne électorale d’un nouveau genre.
Par Beni Issembert a Tel-Aviv
Publié le 9 janvier 2008
A l’aube d’échéances importantes en France (municipales) ou aux Etats-Unis (présidentielles) et à l’heure où le spectre d’élections anticipées en Israël montre à nouveau le bout de son nez, les conseillers politiques et autres spin doctors n’ont qu’à bien se tenir.
Les résultats des votes ont été révélés le 31 décembre dernier et c’est un Français d’origine persane, Arash Derambarsh, qui a recueilli le plus de suffrages.
Et bien qu’il ne s’agisse que d’une élection particulièrement informelle sans véritable pouvoir à la clé, qui ne relève pas de la responsabilité de Facebook en tant que tel mais conduite sur le réseau social par le biais d’une application développée par un éditeur tiers, il n’en va pas moins que ces élections laissent entrevoir, d’une certaine manière, à quoi ressembleront les échéances électorales dans un avenir proche, perdue entre networking, buzz et e-marketing politique.
Le président des membres de Facebook, Arash Derambarsh a accepté de répondre à nos questions sans langue de bois ni retenue. Il revient, notamment, sur ce que représente son accession à la plus « haute fonction » de Facebook, sur son programme de campagne, sur ses aspirations et sur une situation au Proche et Moyen-Orient à laquelle il est particulièrement attentif.
Beni Issembert : Qu’est-ce que Facebook pour son premier président ?
Arash Derambarsh : Facebook est le premier site communautaire à caractère social qui réunit plus de 100 millions d’utilisateurs lesquels cherchent à s’ouvrir sur le monde d’une manière générale.
Ces membres sont issus du monde entier mais ils sont en majorité d’origine anglo-saxone. C’est pourquoi mon élection est importante. Un Français à la tête d’une communauté virtuelle à majorité américaine et britannique ! C’est énorme.
Les utilisateurs de Facebook et il y en a beaucoup en Israël, utilisent cette communauté entre autre pour le networking, pour des relations, pour la drague etc. Facebook n’est pas uniquement une communauté virtuelle, il participe à ce que j’appelle le néo-réalisme virtuel.
BI : Les élections présidentielles de Facebook ont été particulièrement controversées, quelles en étaient les véritables enjeux ?
AD : Il faut savoir que 150 000 personnes ont téléchargé l’application et ont donc voté. Ce qui n’est pas négligeable. Mais je suis devenu le président d’un potentiel électoral de 120 millions d’utilisateurs.
La campagne a duré quatre mois durant lesquels je tiens à le préciser je n’ai pas investi d’argent.
J’ai mené une campagne de manière très active, fondée sur des idées bien définies qui relèvent de l’international. Il ne s’agissait pas d’un débat franco-français. Pour exemple, l’un des points forts de mon programme de campagne était le combat contre un groupe de Facebook, fier de 150 000 inscrits, qui appelle à la destruction de l’Etat d’Israël. Je me suis battu contre ce groupe car j’entends déployer la tolérance entre les trois religions monothéistes. Je me suis également engagé pour la défense de la Francophonie dans un univers au coeur duquel l’anglais règne en maître absolu. Il faut savoir que Facebook ne dispose pas d’interface en français ou en toute autre langue d’ailleurs. Autre point de mon programme de campagne, le combat contre l’illettrisme, phénomène grandissant chez les utilisateurs d’Internet enclins à l’utilisation d’un langage tronqué et atrophié. Enfin, la cybercrimminalité était l’un des sujets phare de ma campagne. Combattre la cyberpédophilie, la cyberescroquerie et la cyberdélinquance est pour moi essentiel aujourd’hui.
BI: Il ne s’agissait donc pas uniquement d’un programme destiné à la gestion du réseau Facebook mais de l’ensemble de la sphère Internet que vous avez présenté ?
AD : Oui exactement. J’entends influer pour un réseau plus propre, mieux régi avec une traçabilité plus importante sans pour autant tomber dans un fichage systématique. J’aimerais voir naître un système d’immatriculation non pas des utilisateurs mais des machines, système calqué sur le modèle français des immatriculations des véhicules et plus performants que l’IP.
BI : Quels étaient vos principaux adversaires lors de cette campagne ?
Le principal, un Libanais, figure sur le groupe du Hezbollah sur Facebook. J’ai réussi à le battre au dernier moment grâce au report des voix de la candidate américaine. Cette dernière m’a apporté son soutien quelques heures avant la clôture des urnes virtuelles et ce, notamment après que j’aie crée un groupe à la mémoire de Benazhir Buthho sur Facebook. Le candidat israélien s’est également joint à moi en fin de parcours. Un Israélien soutenant un Français d’origine persane, vous imaginez cela possible dans le réel ?
BI : Mais qui est alors le président des membres de Facebook ?
AD : J’ai 28 ans et je vis à Courbevoie non loin de Paris. Je prépare le concours d’avocat avec comme spécialité le droit pénal et la criminologie. Je suis également directeur aux éditions « Le Cherche Midi » et responsable en charge du service politique et des personnalités publiques. Je suis également impliqué politiquement. J’ai été conseiller national de l’UDF de François Bayrou pendant cinq ans et j’ai travaillé également aux ministères français des Affaires étrangères et de l’Intérieur.
BI : Vous êtes d’origine iranienne, en Israël il existe de nombreux utilisateurs de Facebook, qu’en est-il en Iran et comment votre élection y a été perçue ?
AD : Je sais qu’en Israël, il y a beaucoup d’utilisateurs, 100 000 si je ne me trompe pas. En Iran, lors de la campagne, on a beaucoup parlé de moi, en bien comme en mal. Une télévision iranienne qui émet à partir de Los Angeles m’a même consacré un reportage. Quant aux autorités de Téhéran, je les ai particulièrement critiquées car je déteste l’intégrisme dans toutes ses formes. Je lui préfère la tolérance.
J’ai communiqué, lors de ma campagne, en plusieurs langues. En français, en anglais, en arabe, en perse et en hébreu notamment.
Pour ce qui est de la situation au Proche-Orient. J’admire Israël et les Israéliens.Ils ont atterri dans un désert et regardez ce qu’ils en ont fait ? La création de l’Etat d’Israël est la première fois que des individus se sont réunis pour voir en grand. Le résultat est impressionnant. Il est dommage que les voisins d’Israël ne voient pas les choses de la même manière. Le Proche-Orient perd son temps et ses forces vives depuis plus de soixante ans et pourquoi ? Pour des bêtises !
BI : Le président américain effectue cette semaine une visite officielle importante en Israël, le président français quant à lui participera aux célébrations du 60ème anniversaire de la création de l’Etat hébreu, à quand la visite du président de Facebook à Tel Aviv et à Jérusalem ?
AD : Je pense que je partirai découvrir ce pays en 2008. J’en ai envie depuis des années. Je suis curieux de découvrir ce si petit pays aux énormes problèmes. Et j’ai hâte de partir à la rencontre des Israéliens.
BI : Pour finir, quel est l’avenir du premier président des membres de Facebook ?
AD : Revenir au réel, pour un temps. J’espère figurer sur liste UMP pour Courbevoie, ma ville, lors des prochaines élections municipales en France. Et j’entends appliquer le programme développé lors de ma campagne virtuelle et continuer à me battre pour la tolérance et pour un avenir meilleur tant sur le plan réel que sur le plan du virtuel.
Maintes fois vilipendé depuis son élection à la tête de la première communauté virtuelle au monde, le président de Facebook sera aux commandes de ce réseau fort de 100 millions d’âmes pendant près de quatre mois avant d’être remplacé par un autre jeune loup tenté par un pouvoir virtuel encore bien peu réel.
Beni Issembert
Pour israevalley.com


