EDITO: Israël Education EXCLUSIF : Le système éducatif israélien n'est plus compétitif sur la place mondiale.
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Ce n’est un secret pour personnes que le système éducatif israélien est à bout de souffle. Il n’est plus compétitif sur la place mondiale.
Par Mati Ben-Avraham
La rentrée approche. Mais tous les 1.064.256 élèves inscrits ne seront pas de la fête le 2 septembre. Le syndicat national des enseignants du secondaire a, en effet, lancé un ordre de grève illimitée, en clair, jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites.
Une annonce qui agace pas mal de monde : les ministères des Finances et de l’Education, les directeurs d’établissements, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes, surtout ceux appelés à présenter le bac à la fin de l’année scolaire. Ceux-ci sont enrôlés dans l’armée sitôt leur cursus scolaire achevé.
Trois ans pour les garçons, deux ans pour les filles qui relèvent de l’enseignement public, laïque et religieux.
Tout report de la rentrée ou grève en cours d’année les met sous pression. Et pour cause : la note décrochée au bac est l’un des paramètres ouvrant l’accès à l’université.
Et si elle agace, c’est que tout le monde a compris qu’il ne s’agissait pas, cette année, du rituel pré rentré connu. S’estimant menée en bateau depuis un an par les Finances, ayant perdu toute confiance dans la capacité du ministre de l’Education, Yuli Tamir, à tenir tête aux technocrates du Trésor, se sachant soutenue par ses membres, la direction syndicale est décidée à ne plus lâcher la proie pour l’ombre.
L’enjeu est de taille. Ce n’est un secret pour personnes que le système éducatif israélien est à bout de souffle. Il n’est plus compétitif sur la place mondiale. En raison de réformes hasardeuses. En raison d’un manque de vue à long terme. En raison de classes surchargées. En raison d’un fouillis administratif, générateur de gaspillage. Mais en raison surtout dune baisse constante de la qualité de l’enseignement dispensé.
La cause? Le budget. En 2002, Ytzhak Rabin avait ramené l’enveloppe budgétaire de l’Education non loin de celle de la Défense. Depuis 1996, le fossé entre les deux s’est à nouveau creusé. La loi de finances 2008 en témoigne : 50,2 milliards de shekels pour la défense contre 25,9 milliards à l’Education. Ce coup de frein a eu deux effets: d’une part, un retard dans la construction de nouveaux établissements, dans la modernisation de l’outil, on est loin de l’objectif ” un ordinateur par enfant” fixé par Ytzhak Rabin; d’autre part, les basses rémunérations. Non pas que les salaires aient été revus à la baisse, ils ont tout simplement fait du sur-place. C’est là un point essentiel.
Quand un candidat, titulaire d’un doctorat, qui a décroché, en outre, le Certificat d’aptitude professionnelle obligatoire, se voit proposer un salaire mensuel de base de 3236,17 shekels (577 euros), qui atteindra 6910,44 shekels(1234 euros) au terme de 36 ans d’enseignement, que sa retraite représentera 67,6%, disons grosso modo, de ce salaire, et bien que voulez-vous que fasse ce candidat? Eh, oui! Tout le monde n’est pas un idéaliste forcené. A l’arrivée donc, ce ne sont pas les meilleurs qui s’engagent. D’autant plus quand on vit dans une société où l’argent est devenu la référence sociale suprême.
La campagne d’information, menée par le syndicat des enseignants depuis plusieurs mois, tente de sensibiliser le public et les pouvoirs publics sur ce point. Il n’est pas évident que le message soit entendu.
Mme la ministre, elle, a mis les vacances scolaires à profit pour faire un saut à Singapour. Yuli Tamir était intriguée par les hautes performances du système éducatif de cette cité état, un confetti moins grand que le notre sur une mappemonde. En cinq jours, elle a visité écoles et universités, rencontré un nombre impressionnant d’éducateurs.
Ses principaux interlocuteurs, du premier ministre à celui de l’Education en passant par le président du Conseil national de l’éducation, lui ont donné la même explication quant au ” secret” de cette réussite insolente : ” l’Education est la priorité des priorités; sur elle, et elle seule, repose la vitalité et survie de notre état, dans un monde voué à une féroce concurrence.”
De quoi pleurer! En 1965 en effet, au lendemain de l’Indépendance, le premier ministre, Li Kon Yo, déclarait vouloir faire de Singapour ” l’Israël ” de l’Extrême-Orient.
Des experts du jeune état sont alors venus explorer le système éducatif israélien en long, en large et en travers, pour en tirer la “substantifique moelle” et l’appliquer chez eux…


