EDITO: ISRAEL DIAMANTS - LE ROI DU DIAMANT : Lev Leviev, un fils de rabbin né en Ouzbékistan et émigré en Israël

L’Expansion a consacré un article remarquable de B.Poulet sur le monde du diamant.rnrn"Le jeune Leviev se rebiffe contre la «dictature» de l’empire DE BEERS et claque la porte. Il trouve lui-même ses sources d’approvisionnement, en Afrique, en Russie ou au Canada".rnrnrn

Feb 200716

Par B. Poulet de L'Expansion
Publié le 16 février 2007

Pendant plus d’un siècle, la puissance de la De Beers a été fondée sur le monopole qu’elle avait imposé pour l’approvisionnement en pierres brutes.

Copyrights : B.P. de L’Expansion

“Le Syndicat, dont la famille Oppenheimer a pris le contrôle au début du XXesiècle, avait la main sur le robinet d’approvisionnement, il fixait les règles et surtout les prix, n’hésitant pas à créer des pénuries pour soutenir le marché. Les sightholders maugréaient mais finissaient par s’incliner.

«Si la De Beers leur demandait de mettre un bikini et de sauter à cloche-pied en poussant des petits cris, ils le feraient. Ils n’ont pas le choix», disait même Martin Rapoport, l’éditeur d’un bulletin qui est la bible de la profession.

Mais un homme va pourtant se rebeller. Lev Leviev, un fils de rabbin très orthodoxe, né en 1956 à Tachkent, en Ouzbékistan, et émigré en Israël en 1971. Il y devient un des grands tailleurs de diamants, et la De Beers fait de lui un sightholder en 1987. Mais, très vite, le jeune Leviev se rebiffe contre la «dictature» de l’empire et claque la porte. Il trouve lui-même ses sources d’approvisionnement, en Afrique, en Russie ou au Canada.

Ce juif orthodoxe très secret, qui se déplace entouré de gardes du corps et finance à millions la construction d’écoles juives dans l’ancienne Russie. Il s’est lié d’amitié avec Vladimir Poutine depuis 1992, alors que celui-ci n’était que l’adjoint au maire de Saint-Pétersbourg. Classé parmi les grandes fortunes de Forbes (avec 2milliards de dollars), c’est un proche des présidents kazhak et ouzbek, mais aussi de plusieurs responsables africains. Il sait rendre des services et a notamment aidé la Russie, puis l’Afrique du Sud à construire leurs propres usines de polissage – un blasphème pour la De Beers, qui avait toujours séparé les zones minières des lieux de façonnage.

Mieux: il bâtit une «intégration verticale», une industrie qui va de l’approvisionnement en brut jusqu’à la joaillerie, «de la mine à la maîtresse», comme on dit dans ce business où l’on semble penser que les illégitimes sont des croqueuses de diamants. Il crée ainsi un nouveau modèle économique où le secteur des pierres taillées peut dominer celui du brut. Pour la De Beers, c’est le monde à l’envers".

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