ACTUALITÉ CCFI: SAVE THE DATE : 8E RENCONTRES ÉCONOMIQUES ET TECHNOLOGIQUES - 17 NOVEMBRE 2008 EDITO: Israël en guerre : Combien ça va coûter?

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L’effort de la guerre est d’abord pour le budget de la Défense. Les destructions de matériel militaire ne sont pas négligeables et le rappel des réservistes coûte cher. Les premières estimations chiffrent à 100 millions de shekels par jour le coût pour Tsahal. En deux semaines de guerre, il s’agit d’un surcoût de 1,5 milliard de shekels, soit 3% du budget annuel de la Défense.

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Par Jacques Bendelac

Pour l’instant, l’essentiel des dégâts est matériel. Après 12 jours d’affrontements, ce sont 3.000 logements qui ont été atteints en Israël par les tirs incessants du Hezbollah; près de 400 véhicules ont été détruits et 40 exploitations agricoles ont été endommagées par des roquettes. Le montant global de ces dégâts matériels pourrait approcher les 250 millions de shekels.

Le coût de ces affrontements consiste aussi dans le manque-à-gagner de toute une économie locale paralysée par l’état de guerre. Au nord de la ligne Haïfa-Tibériade, les 25.000 chambres d’hôtels et auberges se sont vidées de leurs occupants, dans une période où d’ordinaire le taux de remplissage frôle les 100%. Sur les 1.800 industries du nord, un tiers a dû cesser toute activité alors que les deux autres tiers fonctionnent au ralenti selon les états d’alerte. Le coût pour les industriels est estimé à quelques millions de shekels, sans compter les salariés en chômage technique qui risquent de se retrouver sans salaire à la fin du mois de juillet. Quant au port de Haïfa, il fonctionne par intermittence; une partie des marchandises en attente de chargement ou de déchargement est détournée vers le port de Ashdod qui tourne dorénavant 24 heures sur 24 pour répondre à la demande.

Les services aussi tournent au ralenti dans le nord du pays. Les banques et les services publics ont réduit leurs activités au minimum, en fonction des recommandations des autorités militaires. Les commerces sont, en grande partie, paralysés ou carrément fermés, et de toutes les façons les Israéliens n’ont pas le moral pour consommer ou se distraire.

Sur le plan monétaire, la confiance des investisseurs étrangers ne semble pas ébranlée. La dévaluation du shekel reste marginale, la Bourse de Tel Aviv se tient bien et la cotation des analystes reste encore très favorable à l’économie israélienne.

Au total, le coût civil des affrontements au nord d’Israël est estimé à 500 millions de shekels par jour; autrement dit, après deux semaines de conflit, la perte pour l’économie israélienne serait de l’ordre de 7 milliards de shekels Et encore, il s’agit d’une estimation haute car pour certains observateurs le coût réel serait plus faible. Au Trésor par exemple, on estime que le coût ne dépassera pas les 4 milliards de shekels, soit à peine 0,5 point de PIB annuel.

Qui va payer?

Dans tous les cas, la facture civile de l’état de guerre est réglée par les différentes administrations de l’Etat israélien.

Le coût matériel des destructions (comme logements et véhicules) est remboursé par le Service des Impôts (Mass Rehouch) qui dispose d’un Fond d’indemnisations où se sont accumulés ces dernières années près de 5 milliards de shekels.

Le Trésor public va aussi prendre à sa charge les pertes économiques occasionnées sur « la ligne de front », soit dans un périmètre de 9 kilomètres autour de la frontière-nord. Il s’agira d’indemniser les industriels, commerçants et agriculteurs qui ont mis provisoirement la clé sous la porte, ainsi que leurs salariés en chômage technique. Une extension de la « la ligne de front » vers le sud jusqu’à la région de Haïfa devrait permettre de mieux indemniser le manque-à-gagner des populations locales, mais au prix d’un coût supplémentaire pour les caisses de l’Etat.

Les dégâts corporels de cette guerre sont pris en charge par la Sécurité sociale israélienne (Bitouah Leoumi) qui versera aux victimes des roquettes du Hezbollah les indemnités prévues pour les actes d’attentats terroristes, c’est-à-dire le règlement de tous les frais médicaux, rééducation, allocations d’invalidité et indemnités aux proches parents des israéliens qui ont perdu la vie.

Quant au budget militaire, la coupe de 2 milliards de shekels prévue pour 2007 sera remise à des jours meilleurs. Si cela ne suffisait pas, une rallonge sera sans doute accordée au budget militaire israélien après l’arrêt des combats, lorsque le bilan définitive sera établi.

On le voit, l’économie d’Israël a, pour l’instant, la capacité de faire face au coût de ce conflit. L’exercice budgétaire de 2006 aurait dû normalement se terminer par un excèdent évalué à 10-12 milliards de shekels, ce qui devrait être largement suffisant pour couvrir tous les dégâts. Contrairement à la période de l’Intifada en 2000-2001, le conflit actuel est cantonné au nord du pays et les retombées économiques semblent relativement supportables. Par contre, si le conflit venait à se prolonger dans le temps ou à s’étendre sur d’autres parties du territoire israélien, les conséquences en seraient plus lourdes. Les principaux moteurs de l’activité économique pourraient alors en pâtir, comme le tourisme, la consommation, les exportations et le high-tech. Le risque serait de voir le conflit militaire se transformer en une guerre économique, mais on en est encore loin.

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