EDITO: Retour des urnes en Israël : la continuité dans le changement et le changement dans la continuité

Permalink Consulter les précédents éditos

Le scrutin proportionnel pur fait d’Israël l’un des pays les plus démocratiques au monde puisque la Knesset représente fidèlement la répartition des opinions politiques du pays.

Mais, de ce fait, Israël illustre aussi parfaitement la phrase de Churchill : « la démocratie est le pire des régimes à l’exclusion de tous les autres ». Ainsi, Israël détient le record du nombre des partis et donc le record des marchandages pour constituer une majorité.

mar30

Par Henri Cukierman, Président CCFI

Pour éviter les écueils liés à de tels marchandages, Ehud Olmert dispose d’au moins 2 stratégies :

Le 29 mars, lors d’un petit déjeuner organisé par la CCFI, Alexandre Adler a lui-même « voté » pour un gouvernement d’union nationale parfaitement justifié par les 2 principaux défis qu’Israël doit affronter : d’une part, le Hamas à la tête du gouvernement palestinien et, d’autre part, la volonté du président iranien de disposer de l’arme nucléaire et d’effacer Israël de la carte sont suffisamment importants. L’union nationale est évidemment une excellente carapace contre les marchandages.

La seconde stratégie possible est liée à la clarté des choix que fera le gouvernement israélien. Chacun de ces grands choix devrait facilement recueillir une majorité de députés, mais il s’agirait de majorités à géométrie variable.

1er grand choix, retrait d’une partie de la Cisjordanie : la volonté d’Ehud Olmert et de Kadima est claire et les partis qui sont favorables à cette politique sont majoritaires. Il y aura donc continuité dans le changement

2ème grand choix, donner un « remontant » social aux blessés de la crise économique de 2000/2003 après le remède de cheval administré courageusement par Natanyahu à l’économie israélienne qui en avait bien besoin.. La majorité qui souhaite un retrait significatif en Cisjordanie souhaite également ce changement social, une plus forte redistribution en faveur des personnes qui ont le plus souffert de la crise économique.

3ème grand choix, maintenir une économie très compétitive avec plus de redistribution sociale ou revenir à une économie plus « dirigiste » digne des principes socialistes des pères fondateurs de l’Etat d’Israël. Sur ce dernier point, il n’y aura pas cohésion entre Kadima et le Parti Travailliste. Il sera très difficile d’une part, de remettre le « génie de l’économie de marché » dans sa bouteille et d’autre part de constituer une majorité en faveur du retour au bon vieux temps. On peut donc compter sur l’expérience politique d’Ehud Olmert pour mener intelligemment le changement dans la continuité.

Permalink Consulter les précédents éditos

Imprimer cette page - Retour en haut de la page