Sarah Tours

ISRAËL – CONSOMMATION : LES RUES PIÉTONNES REVITALISENT LES CENTRES-VILLES

Rubrique
Consommation
Par
Jacques Bendelac, à Jérusalem
Publié le
8 avril 2007

Durant la semaine de Pessah, plus de 100.000 Israéliens ont déambulé chaque jour dans la zone piétonnière de Jérusalem.

La semaine de la Pâque juive est toujours propice aux sorties familiales, associant les plaisirs culturels, récréatifs et culinaires à la fois. Les espaces qui proposent de nombreuses activités de loisirs et qui ne nécessitent pas de longs déplacements sur les routes encombrées d’Israël sont les rues piétonnes. En hébreu, on dit “midrahov”, acronyme de “midraha” (trottoir) et “rehov” (rue).

C’est à partir des années 1980 que le concept de “rues piétonnes” a commencé à se développer dans les grandes villes israéliennes. La création d’espaces interdits aux véhicules a constitué une des initiatives les plus importantes pour la reconquête des centres-villes que les citadins abandonnaient au profit des centres commerciaux de la périphérie.

L’engouement pour la “midrahov” a commencé dans les grandes villes israéliennes comme Jérusalem, Haïfa et Tel Aviv, puis s’est étendu aux villes moyennes comme Natanya, Tibériade et Herzelia. Aujourd’hui, même les petites villes, comme Zikron Yaakov et Carmiel, aménagent des secteurs piétonniers pour y développer un tourisme local.

Les municipalités israéliennes ont vite réalisé le potentiel touristique et commercial de ce nouveau concept architectural. Progressivement, elles ont associé aux rues piétonnes des zones commerciales caractérisées par de nombreux magasins et terrasses de cafés. Et pour garantir l’attractivité d’un quartier piétonnier, les responsables municipaux ont compris la nécessité de sécuriser les piétons dans un large périmètre autour des rues du quartier piétonnisé.

La “midrahov” israélienne ne présente pas seulement l’avantage du calme et de la sécurité pour le piéton. En fait, les rues, caractérisées par leurs pavés, sont des lieux idéaux pour les festivals et autres événements culturels locaux. Pour les Israéliens qui recherchent des attractions de proximité, les zones piétonnières présentent une solution adéquate: cafés, restaurants, boutiques, spectacles de rue, musiciens, tout y est conçu pour attirer le promeneur et l’inciter à consommer.

Aujourd’hui, les “midrahov” les plus fréquentées sont celles de Ben-Yehouda et Nahalat-Shiva à Jérusalem, et celle de Nahalat-Benyamin à Tel Aviv. A Haïfa, la “midrahov” Nordau sur le mont Carmel est également réputée pour son amphithéâtre et ses spectacles de rue.

A Jérusalem, le “triangle” piétonnier constitué des rues Yafo – Ben Yehouda – King Georges, connaît un renouveau d’intérêt après plusieurs années de somnolence. En 2006, les commerces ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 30% par rapport à l’année précédente. Et Pessah est aussi synonyme de bonnes affaires: si un jour ordinaire de la semaine, quelques milliers de visiteurs y transitent, ce sont plus de 100.000 Israéliens qui ont déambulé chaque jour dans le secteur piéton de Jérusalem durant la semaine de Pessah.

C’est aussi à Jérusalem que la plus longue rue piétonne du pays est en cours de construction. Elle mesurera plus d’un kilomètre et de demi, le long de la rue Yafo sur laquelle passera aussi le futur tramway de la ville à partir de 2009.

Les rues piétonnes sont propices au renouveau artistique. A Jérusalem, le quartier rénové de Yémin Moshé est devenu un important rendez-vous d’artistes. A Tel Aviv, la zone de Nahalat Benyamin est réservée, depuis 1988, aux ateliers et galeries d’art. Plus de 300 artistes qui y créent, exposent et vendent leurs œuvres, dans les domaines de la peinture, sculpture, joaillerie, céramique, travail du bois et du verre. Le quartier est devenu une vaste exposition permanente (“The Arts & Crafts Fair”) qui attire des Israéliens de tout le pays. Durant la semaine de Pessah, de nombreuses activités de rue, comme pantomime, concours d’artisanat et campement druze (casher de Pessah), étaient au programme des festivités.

La rue piétonne est aussi devenue un moyen d’aménagement pour les quartiers historiques. Les vieux quartiers de Jérusalem, Jaffa ou Akko, sont, depuis longtemps interdits à la circulation. Le projet Mamilla à Jérusalem va permettre de relier la Porte de Jaffa, à l’entrée de la vieille-ville, au centre-ville, presque sans circulation de voitures.

Si les commerçants israéliens ont été longtemps sceptiques quant à l’efficacité des rues piétonnes, ils sont aujourd’hui convaincus qu’une zone interdite aux véhicules est un bon argument de vente.

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