ISRAËL – CONSOMMATION :
LES ISRAÉLIENS MODIFIENT LEURS HABITUDES DE CONSOMMATION: PLUS DE COMMUNICATIONS, MOINS DE LOGEMENT
Les Israéliens dépensent davantage pour téléphoner et se déplacer que pour se loger.
Les écarts de consommation entre riches et pauvres se creusent.
Par Jacques Bendelac, à Jérusalem
Pour la première fois cette année, le logement n’est plus le principal poste de dépense des Israéliens: avec 21% du “panier de la ménagère”, il est détrôné par le poste des “transport et communications” qui absorbe dorénavant 21,1% du budget des Israéliens. Ce poste est dopé par la consommation toujours très soutenue des biens et services fournies par les technologies de l’information et de la communication, comme téléphonie et Internet.
De même, la part du budget consacrée à l’alimentation continue sa baisse inexorable: il absorbe dorénavant 17,1% des dépenses des foyers israéliens, contre 17,3% il y a quatre ans.
Conséquence de la baisse des dépenses de logement, l’Israélien dépense moins pour équiper son intérieur. Aujourd’hui, il consacre à son ameublement 3,8% de ses dépenses, contre 4,3% de ses dépenses qu’il y a quatre ans.
C’est ce qu’il ressort de l’enquête que vient de réaliser le Bureau des statistiques à Jérusalem pour mesurer les dépenses des ménages israéliens. Cette enquête permet une remise à jour du “panier de la ménagère” et elle sert de base au calcul de l’indice des prix à la consommation à compter du 1er janvier 2007.
La composition des dépenses de ménages, ventilées en grands postes, montre une modification continue dans les habitudes de consommation des Israéliens durant ces quatre dernières années. L’accroissement des revenus se traduit par la montée de nouveaux postes de dépense comme santé, loisirs et télécommunications, au détriment des biens de première nécessité.
Les dépenses médicales sont devenues un poste qui monte dans le budget familial. En 2005, l’Israélien a consacré à sa santé 5,2% des dépenses familiales, soit 13% de plus en quatre ans. L’augmentation soutenue des dépenses de santé s’explique par la consommation croissante de médicaments non remboursés par l’assurance-maladie, de soins privés et de mutuelles de santé.
De même, l’Israélien dépense davantage pour s’habiller et se chausser, surtout avec des articles de luxe et de confort qui sont plus coûteux; il y a consacré 3,4% de ses dépenses en 2005, soit 10% de plus en quatre ans.
L’enquête du Bureau des statistiques constate aussi de très fortes inégalités de consommation qui trouvent leur origine dans les écarts de revenu et de patrimoine. Ainsi, en 2006, le panier de dépense des 20% des Israéliens les plus riches (16.678 shekels par mois) était 2,6 fois supérieur à celui des 20% les moins aisés (6.377 shekels par mois).
Cet écart dans le niveau de consommation entre les Israéliens les plus riches et Israéliens les plus pauvres se retrouve dans l’affectation du budget familial entre les différents postes de dépense, surtout lorsqu’il s’agit de satisfaire des besoins de confort et de distraction.
Ainsi, les Israéliens plus riches consacrent 3,6 fois plus pour la culture et les loisirs, 4 fois plus de dépenses pour la santé, et 5,1 fois plus pour les transports et communications que les Israéliens les plus défavorisés.
Par contre, les Israéliens les plus pauvres consacrent pour leur alimentation une part de budget qui est presque 2 fois plus importante que celle observée chez les Israéliens les plus riches.
Quant à la possession d’une voiture, l’écart social est très large. En moyenne, 58% des foyers israéliens en possèdent au moins une, et 15% d’entre eux en déclarent au moins deux. Mais la voiture reste encore un signe de richesse: 91% des Israéliens les plus riches possèdent au moins une voiture, contre seulement 17% des plus pauvres.
Un “écart digital” s’est aussi creusé entre les riches et les pauvres: 86% des foyers les plus riches disposent d’un ordinateur domestique contre 35% des foyers les plus pauvres. De même, 81% des foyers les plus riches sont abonnés à l’Internet contre 15% seulement des ménages les plus pauvres.
Pour la première fois l’année dernière, le taux de possession d’un téléphone portable (86,4% des foyers israéliens) a dépassé celui d’un téléphone fixe (85,1% des foyers). Mais il ne s’agit que d’une moyenne nationale car les écarts de consommation entre riches et pauvres persistent: 97% des Israéliens les plus riches disposent d’un téléphone portable, contre 76% des plus pauvres.
Cette inégalité dans l’usage de la technologie n’est pas seulement la conséquence des écarts de revenu. Elle est aussi un facteur aggravant dans la mesure où l’ouverture au monde par les moyens de communications modernes procure aux plus riches un avantage relatif dans le domaine du savoir, de la formation et de la culture, et perpétue donc les écarts sociaux.


