ACTUALITÉ CCFI: SAVE THE DATE : 8E RENCONTRES ÉCONOMIQUES ET TECHNOLOGIQUES - 17 NOVEMBRE 2008 Les grandes banques israéliennes, dont la Leumi, affrontent la concurrence sur le marché de la retraite

Rubrique
Banque & finance
Par
Jacques Bendelac, à Jérusalem
Publié le
25 janvier 2007
Mots-clé
banque retraites
Source
israelvalley

La séparation entre les banques et les fonds de retraite relance la concurrence. La banque Leumi va orienter les services financiers sur le conseil en retraite.

La réforme du marché de la retraite bat son plein en Israël. C’est pour favoriser la concurrence que le gouvernement israélien avait, en 2004, contraint les banques israéliennes à se séparer de leurs fonds d’épargne et de retraite.

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La réforme du marché de la retraite bat son plein en Israël. C’est pour favoriser la concurrence que le gouvernement israélien avait, en 2004, contraint les banques israéliennes à se séparer de leurs fonds d’épargne et de retraite.

Aujourd’hui, le Trésor s’apprête à leur interdire le conseil en retraite aux salariés. Les deux grandes banques d’Israël dont la Leumi, se préparent à une lutte sans merci pour conserver un marché fort de 2,5 millions de salariés qui épargnent de plus en plus dans les fonds de retraite.

Le système de retraite en Israël est formé d’une retraite de base fournie par la sécurité sociale israélienne. Les retraites complémentaires sont facultatives. Les Israéliens soucieux de compléter les revenus de la retraite de base doivent épargner librement dans un fonds de retraite appelé ici “Koupat Guemel”. Il s’agit d’une retraite par capitalisation, c’est-à-dire que l’assuré se forme un capital par des versements mensuels.

Jusqu’en 2004, les principaux fonds de retraite étaient gérés par les banques israéliennes. Les fonds déposés dans les “Koupot Guemel” représentent la somme coquette de 190 milliards de shekels (35 milliards d’euros); la banque Hapoalim contrôlait 41% des dépôts, la Leumi 19%, Discount 13%, le reste étant entre les mains de banques plus petites, comme Mizrahi ou Igoud.

Afin d’introduire un peu de la concurrence dans un secteur dominé par un cartel de grandes banques, le gouvernement israélien décida, à la fin de 2004, de contraindre les banques de se séparer de leurs fonds d’épargne et de retraite. Cette décision s’appuyait sur le rapport d’une commission d’experts (la commission Bahar) chargée de proposer une réforme du marché financier. Les conclusions du rapport furent adoptées par le gouvernement israélien et leur application étalée sur trois ans, de 2005 à 2007.

En ce début de 2007, les grandes banques israéliennes ont cédé la majorité de leurs fonds d’épargne (épargne-retraite, assurance-vie et fonds mutuels) à des investisseurs privés, notamment des compagnies d’assurance.

Or le rapport Bahar prévoyait de laisser à toutes les banques le droit d’exercer une autre activité lucrative: le conseil en retraite aux salariés et aux professions libérales, soit un marché de près de 3 millions d’individus.

Aujourd’hui, le Trésor israélien fait marche arrière. Il propose que seules les banques de taille moyenne proposent leurs services de conseil en retraite à tous les actifs. Par contre, les grandes banques (comme la Leumi) devront se contenter des seules professions libérales et abandonner les salariés aux petites banques.

Or en Israël, les 2,5 millions de salariés représentent l’essentiel du marché de la retraite, notamment du fait que seulement 60% d’entre eux sont aujourd’hui assurés à un fonds de retraite complémentaire. Autrement dit, c’est un marché à l’avenir très prometteur qui pourrait échapper aux grandes banques du pays.

En empêchant les grandes banques de proposer aux salariés un service de conseil-retraite, le Trésor a donc provoqué une levée de boucliers dans le milieu bancaire israélien. D’autant plus que l’autorisation d’exercer l’activité de conseil en retraite était considérée comme une compensation à l’obligation faite aux banques de vendre leurs fonds d’épargne.

La banque Leumi est la plus avancée des grandes banques dans la cession de ses fonds d’épargne. C’est ce qui lui a permis de distribuer un dividende record de 2,5 milliards de shekels (près de 500 millions d’euros) à ses actionnaires privés au titre de 2006.

La banque Leumi aurait pu décrocher, dès janvier 2007, l’autorisation de proposer aux particuliers ses conseils en retraite. C’est donc la banque qui souffrira relativement le plus de la décision de limiter le conseil en retraite aux seules professions libérales.

On se souvient que la banque Leumi a été la dernière grande banque israélienne privatisée: en novembre 2005, la banque a été cédée au groupe d’investissement américain Cerberus-Gabriel qui en a pris le contrôle pour la somme de 550 millions de dollars. Les nouveaux propriétaires risquent de ne pas trop apprécier l’intervention du Trésor.

Au total, le bras de fer que se livrent les banques israéliennes et le Trésor repose sur un enjeu essentiel: les commissions que l’activité de conseil en retraite devrait garantir aux banques. On sait que les commissions en tous genres représentent la principale source de revenu des banques israéliennes.

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