Un jour on apprend que le Premier Ministre Ehud Olmert va de nouveau faire l’objet d’enquêtes. Le lendemain, l’ancien ministre des finances Joseph Bachar monte au créneau et déclare que « contrairement à la perception que l’on s’en fait, le système public israélien n’est pas corrompu.
Quelques faits :
D’après l’organisation de lutte contre la corruption Transparence Internationale, Israël ne fait pas parti des pays les plus corrompus, loin de là. Le baromètre 2006, un sondage d’opinion, révèle par exemple que moins de 5% des sondés israéliens ont versé un pot de vin dans les 12 derniers mois. C’est moins qu’en Argentine, Croatie, Hong Kong, Inde, Grèce, Russie ou Luxembourg.
Dans son Indice de Perception de la Corruption (CPI), l’organisation classe Israël en 2006 à 34ème place sur 163. Israël est donc considérée moins corrompue que l’Italie (45ème), la Slovaquie (49ème) ou la Corée du Sud (42ème). Il est cependant vrai que si l’on ne prend en compte que les pays occidentaux, Israël arrive en bas de tableau. La France par exemple, est classée 18ème. Il faut aussi souligner qu’en 1996, Israël figurait à la 10ème place mondiale et que depuis, la baisse est continue : ceci est sans aucun doute le signe d’une aggravation de la corruption dans l’Etat hébreu.
Il semble donc que la corruption soit un problème certes sérieux, mais non catastrophique. Pour autant, Monsieur Bachar a de très bonnes raisons d’appeler à l’arrêt du tapage médiatique autour de ce phénomène de société, et ce pour deux raisons.
Premièrement, les accusations de corruption et les discours du type « ils sont tous pourris » fait le jeu des partis extrêmes. Ainsi, les accusations de corruption à tout va qui touchent les gouvernements israéliens les uns après les autres risquent que d’affaiblir la démocratie en Israël.
Deuxièmement, l’image d’Israël à l’étranger risque d’être affectée à terme par ces accusations. Alors que l’Etat hébreu a inscrit son développement économique sur la mondialisation et la collaboration avec l’extérieure, la corruption pourrait faire figure d’épouvantail pour les investisseurs étrangers, pourtant si importants à la santé du pays.
Quand on voit Stanley Fisher, le Gouverneur de la Banque d’Israël, déclarer « qu’il y a en Israël une tendance à appeler tout et n’importe quoi corruption », et Ehud Olmert discuter seul avec les industriels chinois de peur d’être accusé de favoritisme dans le choix des hommes d’affaires qui auraient pu l’accompagner, il serait peut-être temps pour les journaux israéliens de réfléchir aux conséquences de leurs « unes ».


