May 20

ISRAELVALLEY. 497.000 habitants de Jérusalem sont juifs (62%), 281.000 sont des musulmans (35%), 14.000 des chrétiens (2%)

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Jacques Bendelac (Jérusalem) | Tourisme

Ce dimanche 20 mai commémore les 45 ans de la réunification de Jérusalem. Exceptionnellement, le Conseil des ministres se réunit sur le site de la Colline des Munitions, haut lieu de la bataille de Jérusalem lors de Guerre des Six Jours. La réunion du gouvernement est entièrement consacrée au développement économique de la ville, avec à l’ordre du jour: la modernisation urbaine, un plan de développement touristique, la création de nouveaux sites archéologiques, etc. La présence israélienne sur la totalité du territoire municipal de Jérusalem et de ses environs a modifié la situation géographique et humaine de la ville. En 2011, la ville unifiée a franchi la barre symbolique des 800.000 habitants : dans les quartiers Ouest habitaient 310.000 Juifs et 10.000 Arabes, alors qu’à l’Est vivaient 190.000 Juifs pour 290.000 Arabes. Jérusalem, Est et Ouest confondus, est la ville d’Israël la plus peuplée, loin devant Tel Aviv qui compte 410.000 habitants.

Baisse de la population juive

Dorénavant, 497.000 habitants de Jérusalem sont juifs (62%), 281.000 sont des musulmans (35%), 14.000 des chrétiens (2%) et 9.000 (1%) sont sans religion déclarée (1%). Jérusalem est aussi la ville d’Israël la plus étendue: la superficie municipale de Jérusalem est désormais portée à 126,4 km², soit davantage que la superficie de la ville de Paris (105,4 km²).

Au cours de l’année dernière, 22.000 naissances ont eu lieu à Jérusalem. Comme dans tout le pays, le rythme moyen d’accroissement démographique de Jérusalem s’est ralenti : il était de 1,9% par an dans les années 2010, contre plus de 3% dans les années 1980. En revanche, la tendance démographique est différente selon les communautés religieuses et ethniques. Depuis 1967, la part des Juifs décroît régulièrement: au lendemain de la guerre des Six-Jours, les Juifs représentaient 74% de la population totale de la ville, contre 62% en 2011. En revanche, la part de la population arabe va en augmentant: elle est passée de 30% en 1998 à 35% en 2011.

442 émigrés de France

L’accroissement naturel relativement faible de la population juive est aggravé par un solde migratoire négatif: environ 18 000 habitants ont quitté la ville en 2011, contre 11 000 qui sont venus s’y installer. Cette émigration concerne presque uniquement des Juifs qui constituent 98 % des départs et des arrivées; ceux qui quittent la ville s’installent majoritairement dans une agglomération toute proche ou dans une ville nouvelle créée pour renforcer la métropole de Jérusalem, comme Guivat-Zeev, Maalé Adoumim et Bet-Shemesh.

De moins en moins d’immigrants juifs choisissent Jérusalem pour s’y installer. En 2011, ils étaient 2.271 immigrants à s’installer dans la capitale israélienne, soit 11% de moins que l’année précédente. 794 d’entre eux (35% des immigrants) venaient des Etats-Unis, 442 de France (19%), 418 d’Europe centrale (18%) et 164 d’Angleterre (7%).

Six parcs industriels

Le développement économique de Jérusalem a été largement influencé par la réunification de la ville en 1967. En revanche, les écarts de développement et de revenu entre les deux parties de la ville restent importants. Dorénavant, Jérusalem n’est plus seulement un lieu de pèlerinage religieux et touristique: c’est aussi une grande métropole administrative, industrielle et technologique. Depuis la création de l’État d’Israël, le regroupement des services publics à Jérusalem et l’importance du secteur touristique ont axé l’économie de la ville sur le secteur tertiaire : en 2011, 88 % des actifs de Jérusalem travaillaient dans les services, contre 77 % en moyenne nationale.

Plus récemment, Jérusalem offre de plus en plus d’emplois dans le secteur de la haute technologie. Six parcs industriels ont été créés dans la ville et un nombre important de sociétés spécialisées dans les technologies de pointe ont quitté Tel-Aviv pour bénéficier des avantages fiscaux que le gouvernement israélien leur accorde à Jérusalem. La principale zone industrielle Har Hotzvim, créée au début des années 1970 au nord-ouest de la ville, accueille plusieurs grandes sociétés multinationales – comme Intel et Teva Pharmaceutical Industries – et emploie près de 10.000 salariés. Les autres cinq zones industrielles de Jérusalem (Atarot, Malha, Talpiot, Guivat-Ram, Guivat-Shaoul) associent la haute technologie à l’industrie plus traditionnelle.

Jacques Bendelac (Jérusalem)