May 11

ISRAELVALLEY BANQUES ET AGENCES DE NOTATION - Moody's vient d'abaisser la note des banques israéliennes

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Jacques Bendelac (Jérusalem) | Économie

Alors que l’agence Moody’s vient d’abaisser la note des banques israéliennes, la fondation d’une nouvelle agence de notation revient à l’ordre du jour. D’ailleurs, la création d’une “agence publique européenne de notation” figure dans le programme du président François Hollande, mais c’est dans le secteur privé que l’initiative semble bien avancée. Il y a quelques jours, le groupe de conseil allemand Roland Berger a indiqué avoir trouvé assez d’investisseurs pour la fondation d’une agence européenne. Le cabinet de conseil a indiqué à la presse qu’après d’intenses négociations avec des compagnies financières européennes, un engagement suffisant a été reçu pour établir une nouvelle agence de notation. Cette agence européenne est destinée à concurrencer les trois grandes agences Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch.

Davantage de concurrence

La création d’une agence européenne est-elle une bonne nouvelle pour Israël? Une chose est sûre: malgré de bonnes performances économiques, les agences de notation hésitent à relever la note d’Israël, en expliquant leur décision par l’instabilité géopolitique dans la région. On peut donc espérer qu’un peu plus de concurrence sur le marché des agences de notation améliorerait la possibilité d’un relèvement de la note de crédit d’Israël.

La décision récente de l’agence Fitch, de maintenir la note d’Israël au niveau A, illustre ce paradoxe. Certes, les agences de notation tentent de trouver un équilibre entre, d’un côté, la solidité des institutions israéliennes, les bonnes performances macroéconomiques et une économie diversifiée, et de l’autre, un haut niveau d’endettement et une instabilité géopolitique. Or l’agence Fitch constate, par la voix de Richard Fox, qui occupe la fonction de “Senior Director in Fitch’s Sovereign Rating Group”, que le risque d’un affrontement entre l’Iran et la communauté internationale est fort, et que ce risque pourrait se traduire par des dommages économiques et physiques importants pour Israël.

Menace iranienne

En revanche, les analystes de Fitch prévoient une croissance soutenue de l’économie israélienne pour les deux années à venir: 3% pour 2012 et 3,5% pour 2013, soit bien plus que dans les pays européens. Paradoxalement, l’agence Fitch donne à Israël la note A, soit une note inférieure à celle accordée à des pays qui sont pourtant moins puissants qu’Israël et qui sont classés par l’ONU à un niveau de développement humain inférieur à celui d’Israël (comme AA ou AAA).

La raison essentielle de la note basse d’Israël réside dans l’instabilité géopolitique et militaire, et notamment à la menace iranienne. La notation de la dette souveraine à long terme d’Israël est essentiellement influencée par l’endettement d’Israël va se stabiliser au taux relativement élevé de 74%-75%. Aujourd’hui, l’agence Fitch attribue la cause principale de l’endettement israélien à la hausse des dépenses militaires.

Qu’elle soit privée ou publique, une nouvelle agence de notation internationale viendrait rompre le cartel des trois agences existantes; de nouveaux critères d’attribution de la note de crédit d’un pays pourraient alors profiter à l’économie israélienne qui présente un endettement stable et des perspectives économiques encourageantes.

Jacques Bendelac (Jérusalem)