Apr 22

ISRAELVALLEY – LA CRISE EUROPÉENNE DU CRÉDIT VA-T-ELLE S'ÉTENDRE Á ISRAËL? Le Trésor israélien s'inquiète de la politique d'étouffement du crédit menée par la Banque d'Israël.

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Jacques Bendelac, à Jérusalem | Économie

Alors que le FMI presse les banques européennes à assainir leurs comptes au risque d’étouffer l’économie, le ministre israélien des Finances vient d’exprimer ses craintes de voir le crédit se resserrer aussi en Israël: les banques israéliennes touchent les limites de leurs capacités de financement et il y a un réel risque d’étouffement du crédit. Youval Steinitz craint que le resserrement de crédit, exigé par la Banque d’Israël, aggrave le manque de capitaux disponibles pour l’investissement. Le premier secteur à faire les frais de la politique monétaire rigide de la banque centrale, serait l’immobilier qui peine déjà à se voir accorder des crédits à la construction.

Excès de régulation

A l’occasion d’un débat interne au ministère des Finances à Jérusalem, Youval Steinitz a demandé à ses collaborateurs de réfléchir à des solutions immédiates pour atténuer le resserrement du crédit bancaire. Selon le quotidien Globes, le Trésor examinerait la possibilité d’une déduction de la TVA sur des crédits que la banque accorde à une entreprise, ce qui permettrait au secteur privé de disposer de davantage de liquidités pour ses investissements. Le ministère des Finances espère ainsi injecter jusqu’à 7 milliards de shekels dans l’économie (1,4 milliard d’euros), dont le tiers pour le secteur du bâtiment.

Pour le Trésor, c’est la politique de régulation monétaire menée par la Banque d’Israël qui est responsable de la réduction du volume des crédits à l’économie. Certes, les nouvelles dispositions de la banque centrale relatives à l’accroissement des réserves obligatoires des banques de crédit, visent à assurer la stabilité du système bancaire; mais en contrepartie, les entreprises sont étranglées par le manque de liquidités, ce qui freine leurs investissements. La banque centrale reconnaît un certain resserrement du crédit; mais pour le Contrôleur des Banques, le manque de liquidité est limité aux petites entreprises et au secteur de la construction.

Contagion européenne

Les craintes du Trésor israélien, qui ont été exprimées ce mercredi 18 avril, coïncident avec la publication du rapport semestriel du Fonds monétaire international (FMI) sur “La stabilité financière dans le monde”. Le FMI se livre à un exercice subtil de projections pour inciter les banques européennes à assainir leurs comptes, mais sans étrangler les entreprises et les ménages.

Selon le scénario modéré du FMI, qui est basé sur des politiques du crédit inchangées, les actifs des 58 grandes banques européennes vont se contracter de 2.600 milliards de dollars (ou 1.900 milliards d’euros), soit 7 % de leurs actifs, et un recul de 1,7 % de leur offre de crédit. Dans ce scénario, les prévisions de croissance du FMI pour l’Europe demeureraient inchangées, à savoir une récession de 0,3% en 2012 et une reprise de 0,9% en 2013.

Jacques Bendelac (Jérusalem)