Apr 22

ISRAELVALLEY EXCLUSIF - FRANCE ISRAËL - LE GROUPE SAFRAN DEVRAIT, SELON DES SOURCES SERIEUSES, EQUIPER L'AEROPORT BEN GOURION DANS LE DOMAINE DE LA DETECTION D'EXPLOSIFS.

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Daniel Assayah (Paris) | Défense

Une filiale du Groupe SAFRAN aurait été sélectionnée par l’Autorité Publique israélienne pour équiper l’aéroport Ben Gourion pour la détection d’explosifs. Safran est un grand groupe industriel et technologique français, présent au niveau international dans l’aéronautique, l’aérospatial, la défense et la sécurité. Il est né en 2005 de la fusion entre Snecma et Sagem. Depuis septembre 2011, il est coté au Cac40. Le groupe prévoit d’après son président de multiplier par deux, à 20 milliards d’euros, son chiffre d’affaires en moins de cinq ans.

Ses métiers sont la conception et la production de moteurs d’avions, d’hélicoptères et de fusées, d’équipements aéronautiques, de défense et de sécurité. Safran occupe des positions de leader mondial sur ces marchés4 et emploie près de 55 000 personnes dans plus de cinquante pays.

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Excellente nouvelle en ce début d’année juive : la filiale de défense de Safran, Sagem s’engage avec des Israéliens en long terme à travers une joint-venture (coentreprise). Impossible d’en parler avant la finalisation de l’accord, mais IsraelValley a bien suivi ce dossier de création d’une nouvelle Joint-Venture entre Israéliens et Français dans le secteur de la Défense (le concurrent de Elbit, IAI l’a déjà fait dans un autre secteur). Lors du dernier Gala de la Chambre de Commerce France-Israël à Paris, il était évident que le groupe Elbit préparait “un grand coup”.

Elbit et Safran doivent créer au début de 2011 une filiale commune à 50/50 destinée à commercialiser leurs systèmes de drones tactiques, en France et sur les marchés internationaux. Cette annonce publique démontre encore une fois que la tendance des relations binationales France-Israël prend une toute nouvelle dimension.

Les Israéliens investissent en France sans complexes. Ils n’hésitent plus à réaliser des alliances sur le territoire Français avec des firmes françaises du secteur de la sécurité qui travaillent aussi avec “des pays arabes potentiellement ennemis”.

La Tribune : "En France, la guerre des drones n’est pas prête de se calmer. Selon leurs intérêts stratégiques et industriels, les groupes de défense français avancent pour l’heure en ordre dispersé sans orientation précise du ministère de la Défense. Et dans ce contexte, la filiale défense de Safran, Sagem, a annoncé mercredi la signature d’un accord – un MoA ou Memorandum of Agreement – « dans le but de créer, au début de 2011, une filiale commune à 50/50 pour le marché des systèmes de drones tactiques, en France et sur les marchés internationaux », à l’exception des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Dans ces deux pays, Elbit a déjà signé des accords avec respectivement l’américain General Dynamics et Thales (drone Watchkeeper). Cette joint venture occupera le créneau des mini-drones destinés aux forces spéciales aux drones de surveillance pesant jusqu’à une tonne.

Pour Safran, cette alliance avec l’un des leaders du marché des drones est un joli coup. Cette opération lui permet d’assurer à court et moyen terme la pérennité de ce business, qui affiche un chiffre d’affaires de 30 à 40 millions d’euros en moyenne par an avec la production du drone tactique Sperwer en service dans six pays (France, Danemark, Canada, Pays-Bas, Suède et Grèce) et déployé en Afghanistan dans les armées de terre française, canadienne et néerlandaise. En même temps, l’opération ne ferme aucune option dans le cadre de la future consolidation des activités de défense en France. Notamment s’agissant des échanges d’actifs entre Thales et Safran, qui pourrait alors céder son activité drone au groupe d’électronique. « Ce n’est pas une poison pil, confirme le directeur général adjoint de Safran en charge de la branche Défense et sécurité Olivier Andriès. Nous ne voulions pas insulter l’avenir ».

En outre, fait valoir Olivier Andriès, « la société en projet sera de nationalité française et sera située en France, à Eragny (pour le développement) et Montluçon (fabrication et intégration) ». Dotée d’un patron français, elle accueillera environ une centaine de personnels de Sagem et une dizaine d’Elbit à des postes à responsabilité. Elle devrait disposer d’un chiffre d’affaires d’environ 50 millions d’euros. Soit un apport pour chacun des partenaires de 50 % de l’activité de la future société. « Nous avons pour objectif d’au moins le doubler en trois ans », précise le patron de la branche Défense et Sécurité. La charge de travail de la société est partagée en trois tiers (la joint venture, Sagem et Elbit). La filiale de Safran se positionne en tant que maître d’œuvre des systèmes de missions tandis que le groupe israélien s’occupera de la plate-forme et de son avionique.

Cette société sera constituée par des apports d’actifs équilibrés des deux sociétés mères. Sagem, qui a été l’une des premières sociétés européennes à développer un drone, apporte le Sperwer, un programme en production, et le drone de surveillance Patroller-TM, en cours de développement. De son côté, Elbit apporte le mini-drone Skylark en service dans une quinzaine d’armées ainsi que les plates-formes Hermes, à l’exception de l’Hermes 450 (Watchkeeper). Pour l’avenir, elle pourra développer de nouveaux systèmes. « La joint venture a vocation à développer de nouveaux produits mais pas dans les grands drones MALE », confirme Olivier Andriès. D’ores et déjà, elle devrait se positionner pour développer le successeur du Sperwer dans le cadre du programme français SDT (Système de drone tactique)." Michel Cabirol—