Les intempéries de ces dernières semaines ravivent la vulnérabilité de certains secteurs d’activité en Israël. L’économie israélienne n’est pas bien préparée à des conditions météorologiques extrêmes, comme des grands froids et des pluies diluviennes. Résultat: le prix des légumes s’envole, les hôpitaux sont surchargés, le réseau électrique est insuffisant, etc. Pour d’autres secteurs, en revanche, la rigueur de l’hiver est une véritable poule aux œufs d’or qui améliore le chiffre d’affaires habituel.
Agriculture : les récoltes sont mises à mal
L’incidence de la vague de froid sur l’agriculture sera rapidement perceptible par le consommateur israélien. Les récoltes sont mises à mal, les intempéries détruisent certaines plantations et le rendement des produits d’hiver diminuent. Résultat: les agriculteurs vont répercuter leurs pertes sur le consommateur. La Fédération des Producteurs de légumes estime que le prix des concombres, tomates, courgettes et aubergines va augmenter de 100% au cours de prochaines semaines. En revanche, les fruits d’été (comme pêche, prune et abricot), qui mûrissent plus vite que d’habitude, verront leur prix baisser de 30% cette année.
Santé : les hôpitaux sont submergés
Les principaux hôpitaux du pays sont submergés d’Israéliens victimes de la grippe et d’autres refroidissements hivernaux. Et comme tous les ans à la même époque, les services hospitaliers présentent le triste spectacle de lits qui s’entassent dans les couloirs et de malades qui attendent des heures avant de recevoir la visite du médecin. Les hôpitaux les plus touchés semblent être ceux de Haïfa et d’Ashkelon: il y a quelques jours, l’hôpital Barzilaï (Ashkelon) a même dû fermer ses portes durant 24 heures en raison d’un taux d’occupation qui atteignait 180%.
Electricité: des risques de coupures
En raison du froid glacial, la consommation d’électricité vient d’atteindre son record. A plusieurs reprises, la Compagnie nationale d’Electricité a prévenu ses clients que les capacités maximales de production seraient bientôt atteintes. Et pour cause: à la rigueur de l’hiver, s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en énergie. L’interruption des livraisons de gaz égyptien a réduit les capacités de production; dorénavant, seul le gaz puisé dans la nappe “Téthys” au large d’Ashdod permet d’alimenter les centrales électriques israéliennes. L’épuisement de ce puits à la fin de 2012 risque de créer une pénurie d’énergie jusqu’à la mise en activité, dans le courant de 2013, des nouveaux puits “Tamar” et “Léviathan” au large de Haïfa.
Routes: les transports perturbés
En raison des intempéries, plusieurs routes du pays ont été bloquées ou saturées, notamment dans le nord du pays. En quelques jours, le nombre des accidents mortels a fait un bond. Comme le réseau ferroviaire est insuffisant pour prendre la relève du réseau routier, la saturation des itinéraires routiers prend vite des allures de fléau national.
Distribution et loisirs: une poule aux œufs d’or
Pourtant, la pluie et le froid ne font pas que des malheureux. Certains secteurs de l’économie, notamment dans la distribution, profitent de la situation pour retrouver des couleurs. Il en est ainsi des boutiques d’habillement qui ont pu écouler leurs stocks de vêtements d’hiver, et des distributeurs d’électroménager qui ont vu augmenter leurs commandes d’appareils de chauffage électrique. Côté loisirs, la station de ski du mont Hermon, qui vient d’ouvrir ses portes, est prise d’assaut par 12.000 visiteurs par jour en moyenne: au total, les gérants de la station attendent jusqu’à 300.000 skieurs durant la brève saison de ski.
Jacques Bendelac (Jérusalem)






