L’Autorité israélienne de la Concurrence poursuit son enquête auprès du géant de l’agroalimentaire Tnuva soupçonné d’entrave à la concurrence et d’entente sur les prix. En fait, le marché des produits laitiers, qui fut à l’origine de la révolte sociale de l’été dernier, n’a pas connu de véritable modification structurelle. Tnuva et Strauss continuent de contrôler la filière du lait: malgré le boycott des consommateurs, les ventes de lait ont progressé de 3,2% en 2011, principalement en raison de l’augmentation des prix. Le volume du chiffre d’affaires de la filière du lait a totalisé 7,6 milliards de shekels en 2011 (1,5 milliard d’euro), contre 7,36 milliards de shekels en 2010.
Le monopole de Tnuva
En Israël, le marché du lait est toujours contrôlé par Tnuva: en 2011, sa part de marché était de 56,8%, contre 56,9% en 2010, soit un niveau quasiment stable. Le monopole de Tnuva s’explique essentiellement par l’absence de concurrents de taille similaire. Autrement dit, si les prix ont baissé sous la pression de la rue, ils ont retrouvé rapidement leur niveau antérieur à la révolte sociale de l’été.
Son principal rival, le consortium Strauss, contrôle 23% du marché du lait, ce qui ne lui permet de satisfaire à la demande des consommateurs qui seraient tentés de se tourner vers un autre producteur. Quant à Tara, qui appartient au groupe Coca-Cola, il reste encore trop petit pour représenter une menace à Tnuva; s’il s’est renforcé en 2011, avec une part de marché de 10,3% (contre 9,8% en 2010), il reste encore loin derrière Tnuva et Strauss.
Des produits meilleurs marché
La stabilité du marché du lait réside dans le fait qu’il s’agit d’un produit de consommation de base: le consommateur israélien ne peut y renoncer, même s’il accepte le principe d’un boycott. En revanche, le consommateur a sensiblement modifié ses habitudes de consommation: en 2011, il a reporté ses achats sur des produits laitiers moins chers, ou sur ceux dont le prix est contrôlé par l’Etat.
C’est ainsi que les ventes de fromage blanc ont augmenté de 4,1% en 2011. En revanche, les yogourts ont été délaissés sur les étagères en raison de la valse des étiquettes: sur toute l’année 2011, les ventes de yogourts ont diminué de 4%. Quant au fromage “cottage”, qui avait été boycotté au début de la contestation sociale, ses ventes ont suivi une tendance contradictoire: après l’avoir délaissé, le consommateur est revenu à lui, ce qui a permis au “cottage” de finir 2011 par une hausse annuelle des ventes de 0,5%.
Jacques Bendelac (Jérusalem)






