Ce dimanche matin, les vols reprennent normalement à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv; mais la mini-crise de ce week-end restera marquée pour longtemps dans la mémoire des milliers de passagers qui sont restés bloqués jeudi soir en salle d’attente. En raison d’une contamination du fuel de l’aéroport international, les vols en partance de Tel Aviv ont été annulés; un réapprovisionnement d’urgence a été mis en place dans la nuit de jeudi à vendredi pour permettre de fournir une quantité suffisante de fuel aux appareils afin que ceux-ci puissent aller faire le plein à Chypre ou en Jordanie.
Trente camions citernes
Reste à savoir qui va payer la facture de cet événement exceptionnel. Le coût des avions cloués au sol se compose de plusieurs volets. D’abord, une immense logistique a été mise en place, avec un défilé de 30 camions citernes qui ont transporté du fuel sain jusqu’à l’aéroport. Sans compter les appareils qui avaient été approvisionnés avec le fuel contaminé, et dont il a fallu vider totalement les réservoirs et les remplir avec du kérosène non contaminé.
Ensuite, la suspension du trafic aérien elle-même aura un coût non négligeable. Plusieurs dizaines de vols ont été annulés, des milliers de passagers ont été bloqués à l’aéroport de Tel Aviv mais aussi à Eilat et Haifa, également touchés par le même problème. Par exemple, des dizaines de vols intérieurs Tel Aviv – Eilat ont été annulées et leurs passagers remboursés ou transportés par autocar jusqu’à leur destination, mais avec beaucoup de retard.
Escales techniques
Par ailleurs, l’évènement a perturbé fortement les programmes de vols en Israël comme à Chypre: il a entraîné d’importants retards des avions à destination de Tel Aviv, ceux-ci étant invités à se dérouter vers d’autres destinations, notamment Chypre, pour faire faire le plein avant de rejoindre l’aéroport Ben Gourion. Ces escales techniques ont entraîné d’importants retards et des coûts supplémentaires.
Pour l’heure, ce sont les compagnies aériennes qui règlent la facture: passagers hébergés à l’hôtel à l’étranger, vols annulés, escales techniques, etc. En toute vraisemblance, ces compagnies se retourneront contre l’Etat d’Israël et les autorités aéroportuaires pour être indemnisées du manque-à-gagner qui leur a été causé, ainsi qu’à leurs passagers.
Par ailleurs, la crise du fuel contaminé n’est pas limitée seulement aux transports aériens. Jeudi soir, le ministre des Transports a révélé l’existence de pannes semblables dans les nouveaux autocars qui assurent les liaisons interurbaines du pays.
Jacques Bendelac (Jérusalem)






