ISRAELVALLEY. GRANDES ECOLES. HEC, ESCP-EUROPE, ESSEC : VOYAGE ANNUEL EN ISRAËL DU 8 AU 15 MAI 2011. LA CCFI SOUTIENDRA CE PROGRAMME OUVERT AUX JUIFS ET NON-JUIFS

Rubrique
Universités, sciences et r&d
Par
Dan Assayah
Publié le
14 avril 2011
Mots-clé
Israel Grandes Ecoles ESCP hightech et business André Maarek Daniel Rouach CCFI

Tous les ans, entre 60 et 90 étudiants Français et Européens, provenant de Grandes Ecoles organisent un voyage d’une semaine en Israël. Ce voyage a une tradition : une demi-journée “hightech et business” est organisée à Tel-Aviv. C’est Daniel Rouach, Professeur à l’ESCP Europe qui avait l’an dernier organisé une matinée spéciale économique avec des invités du monde des affaires France-Israël. Avant le départ du groupe d’étudiants en Israël une session spéciale aura lieu. André Maarek, Vice-Président de la CCFI fera une conférence sur les affaires France-Israël.

Depuis 2007 ce voyage rassemble des étudiants qui traversent le pays du Nord au Sud et de l’Est vers l’Ouest. Selon une étudiants HEC en charge de la partie financière de la mission :« Ce projet ne s’adresse pas uniquement aux étudiants juifs. Au contraire, nous nous efforçons d’être ouverts et de donner envie à des étudiants qui ne connaissent ni le pays, ni sa culture, de le découvrir et de chercher à le comprendre sous un aspect autre que celui qui est donné à voir dans les médias. Cette année, plus de la moitié des étudiants d’HEC qui y participent sont dans ce cas ».

ISRAELVALLEY – UN ARTICLE REALISE LORS DE LA VISITE DES ETUDIANTS. LE PROFESSEUR LAURENT MARUANI AVAIT PARTICIPE A LA CONFERENCE ECONOMIQUE. UN ARTICLE DE MAXIME PEREZ:

Professeur à HEC où il dirige également le département Marketing, maître de conférences à Polytechnique, Laurent Maruani est un économiste de renom. Son parcours commence dans le service public où il est expert du gouvernement auprès de l’Union européenne et de l’OCDE sur les questions de transports. Détaché à la présidence de la République, il travaille ensuite à la réforme des institutions d’information économiques et sociales. Ses nombreuses contributions lui valent d’être décoré de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite. Laurent Maruani se trouvait cette semaine en visite en Israël, au même moment qu’une délégation de 80 étudiants des grandes écoles de commerce de Paris.

Q.- Professeur Maruani, quels sont les enjeux de cette visite en Israël ?

R.- Sur un plan strictement personnel, je vis d’abord cette visite comme un retour aux sources, quarante ans après mon dernier passage ici en tant que simple stagiaire. Je retrouve Israël dans le cadre d’une mission de recherche très précise, mandatée par la Chambre de commerce et de l’industrie de Paris avec pour objectif d’analyser le mode de fonctionnement des start-up israéliennes. Avec le professeur Daniel Rouach, notre intérêt se porte sur deux aspects: le business model de ces entreprises, de même que la transformation de facteurs hostiles en facteurs favorables.

Q.- A quels types de facteurs hostiles faites-vous allusion ?

R.- Aujourd’hui, le monde dans lequel nous évoluons est fasciné par tout ce qui est grand, par la taille. La Chine est le premier exemple qui me vienne à l’esprit. Typiquement, il s’agit d’un pays où l’investissement est risqué, beaucoup plus qu’en Israël. Mais Israël est un petit pays, victime de ce que l’on pourrait appeler l’effet de taille. Par ailleurs, l’environnement régional constitue un autre facteur d’hostilité. Israël doit faire face aux pressions qu’exercent nombre de pays du Moyen-Orient sur les entreprises françaises. Il y a une sorte d’interdit majeur que l’on retrouve avec le problème du tampon israélien sur les passeports. La crainte de sanctions peut parfois freiner la coopération économique entre la France et Israël.

Q.- Justement, comment les entreprises israéliennes surmontent-elles ce handicap ?

R.- Les Israéliens ont su s’adapter à ces conditions particulières, à cet enclavement de fait. Ils ont tourné toutes sortes de paramètres hostiles à leur avantage. Ils cultivent le désert, innovent, exportent, favorisent le multiculturalisme. Je considère à ce titre Israël comme le laboratoire technologique du Moyen-Orient.

Q.- La High Tech serait-elle donc un tremplin pour la réconciliation ?

R.- Oui, c’est exactement ça. A l’instar de la realpolitik qui prévalait au temps de la guerre froide, on pourrait employer le terme de realtech. La valorisation de la High Tech, c’est le vrai pragmatisme, une solution réaliste. La technologie est un langage universel sur lequel tout le monde peut s’entendre. En Israël, l’incubateur NGT – New Generation Technologies – en est une excellente illustration, il regroupe juifs et arabes, chercheurs comme investisseurs.

Q.- Cette théorie ne se heurte-t-elle pas au principe de concurrence ?

R.- Non, je ne le pense pas. Pour prendre l’exemple des start-up puisque j’étudie la question, j’aimerais un jour que ces entreprises procèdent à des échanges entre elles, qu’une sorte de co-irrigation se mette en place. Comme l’affirme l’économiste américain Oliver Williamson, le meilleur allié est son concurrent.

Q.- En pleine crise économique mondiale, les temps sont-ils réellement propices à la coopération ?

R.- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la période que nous traversons est extrêmement favorable à l’échange et à la coopération. Ma mission ici s’inscrit d’ailleurs dans la conjonction entre cette crise et les perspectives liées au formidable potentiel économique d’Israël.—

Maxime PEREZ

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