Le géant Allemand de la pharmacie, Merck KGaA, spécialisé dans le développement de produits pharmaceutiques et chimiques, va mettre en place un incubateur biomed en Israël au sein de sa structure de développement Interlab.
L’engagement de total de Merck dans cet incubateur sera de 13 millions d’euros.
La division biotech de Merck, Merck-Serono, va en effet investir 10 millions d’euros dans l’incubateur sur sept ans. En parallèle, la division chimie de Merck va lancer un programme pour les start-ups dans lequel elle va investir 3 millions d’euros sur les trois prochaines années.
Merck KGaA (à ne pas confondre avec Merck & Co. Inc des Etats-Unis, qui a été scindée de Merck et nationalisées aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale), a connu une longue et fructueuse association avec Israël. «Je ne peux pas imaginer Merck sans son unité israélienne », expliquait le président Karl-Ludwig Kley dans un entretien exclusif accordé au quotidien israélien Globes lors de son déplacement en Israël pour la signature de l’accord portant sur la mise en place de l’incubateur.
« Je suis devenu président de l’entreprise en 2007 », continue-t-il, "et dès le début je me suis penché sur la relation particulière qui existait entre l’entreprise et en Israël. Lors de ma première visite ici, j’ai beaucoup appris, et j’ai découvert la combinaison rare qui existe en Israël entre l’esprit d’entreprise et l’innovation scientifique, et j’ai par conséquent décidé de mettre en place un programme d’incubateur israélien pour Merck. »
« Je pense que le moment est venu de renforcer la collaboration avec Israël sur de nouveaux objectifs. »
Kley continue l’interview en expliquant que le nouvel incubateur sera composé d’entreprises à différents stades de développement, et signera différents types d’accords avec elles, en fonction du stade atteint par la start-up : « Nous sommes très bons pour la collaborer avec des institutions académiques, et excellents pour acheter de sociétés matures. L’objectif de cet incubateur est de trouver le juste milieu entre ces deux domaines d’expertise ».
“Nous sommes dans une période où presque toutes les sociétés pharmaceutiques repensent leurs activités de R&D. Cette activité est de plus en plus intégrée, avec la coopération entre l’industrie pharmaceutique, biologique, chimique et alimentaire.
Globes : « L’incubateur est-il votre moyen de faire face à des difficultés sur les brevets, et la difficulté croissante de développer des médicaments ? »
Kley : « Merck n’a pas de difficulté sur les brevets. Contrairement à certains collègues, je ne pense pas que le développement de médicaments soit si difficile aujourd’hui… «
Dr. Georg Feger, vice-président de Merck-Serono et responsable du développement de nouveaux médicaments biologiques, ajoute que « dans les dernières décennies, toute une catégorie de médicaments à base d’anticorps a été découverte, et il y a encore beaucoup à découvrir. »
Aujourd’hui, Merck se concentre principalement sur l’oncologie, ce qui l’a d’ailleurs conduit à vendre sa division de gynécologie à Teva. «Il n’y avait rien de spécial à propos de cette vente. C’est tout simplement de la gestion normale de portefeuille », explique Karl-Ludwig Kley
Globes : « Teva est principalement basée sur les médicaments génériques. N’est-ce pas entrer en conflit avec votre activité dans des domaines spécifiques? »
Kley : « Je n’ai aucun problème avec le business model de Teva. Tant que les entreprises comme la notre peuvent exploiter leurs brevets assez longtemps, les médicaments génériques sont une bonne chose. Maintenant d’ailleurs, avec les menaces des génériques de la Copaxone (médicament phare de Teva, ndlr), Teva se trouve soudainement de l’autre côté de la barrière. Je suis curieux de voir comment ils vont se comporter, et quels seront leurs arguments juridiques. »
Outre les médicaments, Merck développe des produits chimiques. Entre autres, il développe des matières premières pour les écrans LCD. Cette division a un accord de collaboration avec l’entreprise israélienne Qlight Nanotech. « Nous sommes les leaders dans la technologie LCD, qui sera leader dans la technologie d’écran plat dans la décennie à venir, » explique le Dr Volker Hilarius, directeur de l’innovation chez Merck.
Pour rappel, la société industrielle Merck KGaA est l’entreprise pharmaceutique de la famille Merck. Cette entreprise internationale dont le siège est à Darmstadt fondée en 1688 est la plus ancienne au monde. Ses secteurs d’activité sont orientés vers les domaines de la pharmacie et de la chimie.
En 1917, la filiale américaine Merck&CO des États-Unis devient autonome et 1944, Merk KGaA est détruite à 80 %. L’entreprise s’est pourtant vite reconstruite et est cotée en Bourse depuis les années 1990.
Le groupe Merck KGaA est aujourd’hui composé d’environ 30 000 employés dans 50 pays. Son influence est internationale. L’entreprise a notamment concentré ses recherches à Darmstadt, mais aussi en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Japon.
La société a réalisé un chiffre de 9,3 milliards de dollars en 2010
M.F






