ISRAELVALLEY - MOLIERE A TEL-AVIV. "UN MONSIEUR DE POURCEAUGNAC" EPOUSTOUFLANT AU THEATRE HABIMA

Rubrique
Culture
Par
Samuel Nathan
Publié le
16 février 2011

La célèbre comédie en trois actes de Molière est donnée actuellement à Tel Aviv dans le cadre des spectacles de l’Habima, par la compagnie des jeunes de l’Habima, (http://www.habima.co.il/show_item.asp?levelId=63012&itemId=4826&itemType=0&template=32), à l’auditorium Yad lebanim situé au 60 de la rue Pinkas et dans une série de spectacles dont les prochains auront lieu les 27 et 28 février et les 23, 24 et 26 mars à 20h30.

On se souvient de l’argument de la pièce qui, par ailleurs, est un sujet d’études tant pour les élèves français que pour les têtes brunes et blondes israéliennes : la scène se passe à Paris. Eraste aime Julie mais Oronte, le père de Julie, veut marier sa fille à un bourgeois de Limoges qui répond au nom de Monsieur de Pourceaugnac. Les jeunes gens, bien sûr, s’opposent à ce projet funeste pour leur amour et ils vont solliciter l’aide particulièrement efficace de la très intrigante Nérine et du non moins fourbe Sbrigani pour ridiculiser cruellement le pauvre Pourceaugnac et le contraindre à la fuite. Eraste et Julie pourront ainsi se marier.

Le parti pris très minimaliste de la mise en scène de Chaï Pitowski requiert les services d’un personnage conteur et les ressorts scéniques très ludiques et astucieux d’une grosse boîte particulièrement mobile sur la scène qui focalise la lumière, qui permet les entrées et sorties d’acteurs, les apparitions et les disparitions de personnages, qui peut servir notamment de cachette ou de prison et qui contribue à une amplification magique des effets de surprise. Les costumes, assez mélangés et intemporels, se contentent de rappeler le XVII° siècle. Quant au jeu servi par une grande précision, très physique, fortement inspiré de la Commedia dell’Arte du point de vue des déplacements, des gestes, des mimiques et des maquillages, il repose en grande partie sur le personnage – et l’acteur qui l’incarne – de ce Monsieur de Pourceaugnac, victime toute désignée parce que Limousin et donc étranger, qui apporte à un public familiarisé avec ce genre de situations, sa langue, son accent, son humour français, ajoutant ainsi à la comédie proprement dite une comédie sur le langage dans laquelle le « french », mis en valeur par l’hébreu, participe du rythme général.

Le résultat obtenu est un spectacle très divertissant d’une heure et quart, particulièrement agréable, drôle, enlevé, dans lequel Jérémie Elfassy, acteur de talent et diplômé du Conservatoire du XVI° arrondissement de Paris dans le rôle de Monsieur de Pourceaugnac réalise au contact d’acteurs israéliens de grande qualité une performance époustouflante qui mérite d’être saluée et qui démontre de façon magistrale que le théâtre et les acteurs français ont toute leur place sur la scène israélienne.

Ainsi, les spectateurs qui assisteront aux représentations ne se contenteront pas de penser qu’ils ne risquent rien en venant parce qu’avec Molière on rit toujours. Le dramaturge français est ici servi avec beaucoup d’intelligence, de générosité et de brio par une troupe de sept jeunes comédiens talentueux, passionnés par leur métier et qui atteignent tous leurs objectifs.

Kvoutsat Tséhiré Habima
Auditorium Yad lebanim
60, rehov Pinkas Tel Aviv
Représentations les 27 et 28 février et les 23, 24 et 26 mars 2011
Durée du spectacle : 1h15 sans entracte
Réservation au 03 6295555

Samuel Nathan

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