Parmi les 58 diplômés de l’Ecole de Médecine de l’Université Ben Gourion du Negev ce mois-ci, une personne se détachait du lot : Rania Okabi et la première femme médecin provenant de la communauté bédouine d’Israël.
Ce mois-ci toujours, Ismail Khaldi, un ancien berger de la vallée de Zevulun, dans le nord d’Israël vient d’être nommé le premier diplomate bédouin d’Israël. « Le monde occidental a beaucoup à apprendre d’Israël concernant la démocratie. Certes, nous faisons des erreurs, mais qui n’en fait pas ? » déclare le jeune homme de 35 ans, troisième d’une famille de 11 enfants. Il va bientôt partir avec sa famille à San Fransisco en tant que diplomate dans le consulat de l’Etat Hébreu.
Ces deux annonces sont bienvenues pour une communauté dont les relations avec l’Etat Hébreu ont été mises à mal par plusieurs scandales, en particulier celui concernant de nombreux villages du Negev antérieurs à la création d’Israël et non reconnus par l’état. Ces villages (la moitié des villages bédouins du Negev) font l’objet de contentieux avec l’Etat au sujet de la propriété de la terre et, puisqu’ils ne sont pas reconnus par l’état, ne sont pas non plus reliés à son système d’infrastructures (routes, eau, électricité). D’autre part, la semaine dernière, un officier bédouin de l’Armée israélienne, le lieutenant colonel Omar al-Hayeb a été condamné à 15 ans de prison pour espionnage (vente d’informations au Hezbollah) et trafic de drogues.
La minorité bédouine représente 10% de la population arabe d’Israël, soit environ 170 000 personnes. La majorité d’entre eux vivent dans le Negev (110 000 personnes), mais beaucoup vivent également dans le Nord (50 000) et dans le centre du pays (10 000). Souvent décrits comme la minorité la plus pauvre d’Israël, ils sont également parmi les Arabes les plus « patriotes » du pays puisque plusieurs dizaines d’entre eux sont déjà morts sous les drapeaux. Le représentant minoritaire le plus gradé de Tsahal est le Lieutenant Colonel Abd El-Amin Hajer, il est bédouin.



