Depuis quelques jours, des investisseurs étrangers achètent massivement du shekel en injectant des dollars dans le système bancaire israélien. Pour éviter l’effondrement du billet vert, le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, poursuit sa politique d’achat de dollars.
Au cours de la seule journée d’hier, la banque centrale s’est porte acquéreuse de 300 millions de dollars dans le but de faire remonter le cours du billet vert. Cette mesure semble avoir porté ses fruits: le cours du dollar est remonté à 3,736 shekels (ou 1shekel = 0,2673 dollar) à la clôture des cours.
Si l’intervention de la banque centrale est très critiquée par Youval Steinitz, le ministre des Finances, elle est applaudie par les exportateurs israéliens qui voient croître la contrepartie de leurs exportations. Selon le bilan des taux de change pour 2009 que publie la banque d’Israël, il semble que les interventions sur le marché monétaire aient fait leur preuve: le taux moyen du shekel était de 0,2543 dollar en 2009, contre 0,2786 dollar en 2008. Autrement dit, le shekel a perdu 8,7% de sa valeur vis-à-vis du dollar au cours de 2009, et cela après s’est renforcé de 12,6% en 2008.
Certes, la reprise du dollar n’a pas eu lieu qu’en Israël. Sur les autres places financières aussi, le cours moyen du billet vert s’est renforcé en 2009, notamment face à l’euro (+ 5,2%) et à la livre sterling (+ 18%).
Face à la monnaie européenne aussi, la monnaie israélienne a sensiblement reculé en 2009: en moyenne, le shekel s’échangeait contre 0,1829 euro en 2009 contre 0,1904 euro en 2008, soit une perte de valeur de 4% en moyenne pour la monnaie israélienne.
De plus, le shekel réussi a freiné sa surévaluation face à la plupart des devises étrangères: en considérant le taux de change moyen de 2009, le shekel s’est dévalué de 17% face au yen, et de 8,4% face au franc suisse. En revanche, le shekel s’est renforcé de 7,6% face à livre sterling.
Si la plupart des analystes financiers estiment que le shekel est encore surévalué, le dollar a freiné momentanément sa chute: il semble que l’achat massif de billets verts par la Banque d’Israël tout au long de 2009 ait porté ses fruits.—
Jacques Bendelac (Jérusalem)






