Le système « Iron Dome » constitue assurément l’une des plus grandes réussites de l’industrie militaire israélienne.

Rubrique
Armes
Par
Maxime Perez
Publié le
9 janvier 2010

Iron Dome La nouvelle a de quoi rassurer les habitants des frontières nord et sud d’Israël. Le système « Iron Dome » vient de passer avec succès plusieurs essais au cours de ces derniers jours, interceptant tour à tour des roquettes Kassam et Grad, ainsi que des obus de mortier.

Grâce à sa technologie radar, le système a également été capable de déterminer avec précision la trajectoire et le point d’impact des différents missiles tirés, détruisant en vol tous les projectiles visant des zones d’habitations et ignorant ceux qui devaient s’abattre sur des zones désertes.

Le système « Iron Dome » constitue assurément l’une des plus grandes réussites de l’industrie militaire israélienne. Au stade de concept après la deuxième guerre de Liban en 2006, il a été rendu opérationnel en à peine deux ans et demi de développement.

Une unité DCA de l’armée de l’air israélienne a d’ores et déjà été formée au maniement de ce bouclier anti-roquette, s’entraînant sur divers prototypes. La première batterie du « Iron Dome » devrait être déployée au mois de mai prochain, le long de la frontière avec la bande de Gaza.

Développé par Rafael, le système est conçu pour intercepter les roquettes d’une portée de 4 à 70 kilomètres, de même que les obus de 155 millimètres. Son déploiement doit permettre de faire échec aux tirs de roquettes du Hezbollah et du Hamas, y compris les Fajr de fabrication iranienne et de plus longue portée.

Tout n’est pas réglé
Si « Iron Dome » va fournir à Israël un nouvel avantage stratégique dans la région, son efficacité future repose avant tout sur l’étendue de son déploiement. A l’heure actuelle, la seule batterie opérationnelle assurera uniquement la défense de Sdérot. Mais les experts estiment qu’il en faut vingt de plus pour permettre une protection totale des régions nord et sud d’Israël.

Le coût de production d’une vingtaine de batteries « Iron Dome » étant estimé à un milliard de shekels (près de 190 millions d’euros), la question est de savoir si le gouvernement israélien accordera un tel budget au ministère de la Défense et à l’armée.

Dans ces conditions, le constructeur Rafael devrait être le grand bénéficiaire des impératifs sécuritaires de l’Etat hébreu. Le système qu’il a mis au point va également susciter un intérêt croissant pour nombre de forces armées étrangères. D’ores et déjà, l’armée américaine a émis le souhait d’acquérir plusieurs batteries « Iron Dome » pour la protection de ses bases au Moyen-Orient et en Afghanistan.

Critiques
Missile Tamir, intégré au système Iron Dome En Israël, la réussite d’un tel projet est à mettre au crédit de Pinhas Buchris, le directeur du ministère de la Défense qui a milité d’arrache-pied auprès du gouvernement afin d’obtenir les financements nécessaires, soit 210 millions de dollars investis au total depuis 2007.

Pour autant, plusieurs experts militaires ont critiqué la lenteur du processus décisionnel qui a abouti au développement du système « Iron Dome », pointant notamment du doigt l’ancien ministre de la défense Amir Peretz.

Un haut responsable du groupe Rafael a estimé jeudi matin qu’avec davantage de détermination politique, le bouclier anti-missile aurait pu être opérationnel au moment de l’offensive israélienne à Gaza, en janvier 2008.—

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