Les multinationales mondiales de la high tech comme EMC continuent à faire leurs courses en Israël

Rubrique
Economie & commerce
Par
Micha Smolarski
Publié le
14 juin 2006
Mots-clé
aquisitions high tech
Source
presse israélienne

La « Silicon Valley » israélienne ne semble pas perdre de son attrait. Les nouvelles récentes sont pleines d’annonces d’acquisitions de start-ups israéliennes par des multinationales étrangères. Un seul regret : mais où sont les Européens ?

illus-industrie

L’un des exemples les plus récents est celui du géant américain des logiciels EMC. Voici quelques temps, l’entreprise était spécialisée dans le « hardware » et les logiciels destinés au stockage d’informations. Mais voilà, ce marché ne devait pas satisfaire complètement les dirigeants de l’entreprise puisque ceux-ci décidèrent de se développer en priorité sur un autre segment, celui des logiciels de gestion de systèmes informatiques. Ainsi, les ventes dans ce domaine ont récemment atteint les 30% et constituent une des priorités de l’entreprise.

Que faire quand une entreprise veut entrer un segment dans lequel elle n’a pas d’expérience ? Soit elle développe des compétences en interne, soit elle achète. C’est plutôt la deuxième option qu’on choisit les dirigeants d’EMC, et c’est là qu’Israël devient un repère important.

C’est que l’Etat Hébreu a su développer sur son territoire des technologies, des compétences que l’on ne trouve pas ailleurs. Le « cluster » israélien de haute technologie donne naissance chaque année à plusieurs centaines de jeunes pousses spécialisées sur un savoir-faire particulier. Bref, c’est un endroit rêvé pour faire ses courses lorsqu’on est une grosse entreprise de haute technologie en quête de compétences dans un secteur tel que les logiciels, comme par exemple dans la sécurité informatique.

Les dirigeants d’EMC l’ont bien compris et ont tôt fait de s’intéresser à Israël. Il y a un an et demi de cela, l’entreprise a acheté Smarts, start-up basée aux Etats-Unis certes, mais dont la dirigeante Shaula Alexander Yemini est israélienne (c’est la sœur de Kobi Alexander de Comverse Technology).

Ce ne fut là qu’un échauffement. En mai de cette année, EMC achetait Kashya, entreprise basée à Ramat Gan pour $153 millions. Elle aura tôt fait de la rebaptiser « EMC Israel Software Development Center » qui servira de structure pour la constitution en Israël d’une véritable « centre de compétence » du Groupe EMC.

C’est à présent le tour de nLayers d’être rachetée pour $50 millions en cash. L’entreprise n’a pas plus que 3 ans d’âge, il n’empêche. Sa technologie est très complémentaire avec les deux acquisitions précédentes et permet à EMC de compléter son système de protection des données informatiques.

Comme le déclare Moshe Brauner, président de EMC en Israël, tout ceci n’est qu’un début : « Nous allons étendre nos activités de R&D en Israël. Dans le cas à la fois de Kashya et de nLayers, l’entreprise a déclaré qu’elle allait accroître largement le nombre d’employés afin de créer ici un centre important ».

EMC n’est en aucun cas une exception : les exemples de multinationales achetant en Israël afin de s’y constituer un véritable centre de compétence sont légions. Il s’agit pour ces entreprises de garder un œil sur le développement de nouvelles technologies en Israël et en même temps de pouvoir profiter d’une main d’œuvre dynamique et très qualifiée dans ces domaines.

BMC Corporation, un autre géant américain des logiciels s’est ainsi constitué dans l’Etat Hébreu un grand centre de R&D et ne cesse de le « compléter » en achetant des start-ups locales comme « Identify » il y a deux mois.

Le domaine des logiciels n’est pas le seul domaine « d’excellence » d’Israël. Une autre acquisition récente est là pour le rappeler : l’entreprise canadienne de communication sans fil Unity Wireless Systems Corporation continue, elle aussi, son « shopping » dans l’état hébreu. Après avoir fait l’acquisition d’Avantry, elle vient d’annoncer l’achat de Celerica pour $2 millions chacune. Il semble même qu’une troisième acquisition en Israël soit en cours.

Dans les semi-conducteurs, c’est Marvell Technology Group qui, après avoir acquis en Israël Galileo Technology (pour $2,5 milliards) et Radlan communications (pour $134,7 millions), y a construit l’un de ses centres mondiaux les plus importants (620 personnes soit le quart de sa main d’œuvre mondiale). L’entreprise annonce à présent qu’elle veut augmenter ses effectifs en Israël de 100 nouveaux ingénieurs.

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