Sarah Tours

ISRAEL et L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE - EXCLUSIF - L'OBSERVATION OFFENSIVE DES CONCURRENTS. UN ETAT D'ESPRIT de GUERRE ECONOMIQUE.

Rubrique
Economie
Par
Dr Daniel Rouach, ESCP-EAP
Publié le
24 août 2008

L’attitude de veille israélienne est comme partout liée à la culture. Tous les Israéliens savent que la survie de leur nation passe par leur capacité d’observation et de compréhension, leur capacité à devancer l’ennemi. De ce fait, le dispositif d’intelligence économique israélien revêt les caractéristiques suivantes :

1. Observation offensive. – Une culture de veille offensive est une culture où tout le monde a un regard aiguisé sur son environnement.
Une fois dans les entreprises, les Israéliens démobilisés appliquent la même capacité d’observation offensive à l’information économique.

Leur approche est extrêmement pragmatique. Ils pratiquent fréquemment le “ désossage ” en achetant un seul produit et n’ont pas le complexe du not invented here.

Ils utilisent intensément le fax en vue de récupérer le maximum d’informations.

2. Goût du secret. – Lié, bien entendu, à des considérations de sécurité. Les Israéliens excellent dans la manière de recueillir les informations et n’hésitent pas à pratiquer de faux recrutements pour détecter des informations confidentielles (cela a été le cas dans le domaine du nucléaire en particulier).

Contraints par les événements et soucieux de donner un coup d’accélération à leur industrie d’armement, ils n’ont pas hésité à utiliser leur potentiel de contre-intelligence économique, par le biais d’un organisme connu sous le nom de Lakham qui s’est rendu coupable d’espionnage industriel aux États-Unis.

3. Ouverture et décloisonnement. – C’est un pays d’immigrants et de forte culture internationale où il est presque naturel de parler trois à cinq langues.

Les responsables d’entreprises achètent de nombreux échantillons, suivent avec minutie l’évolution des catalogues et visitent régulièrement un grand nombre de foires et salons.

L’État hébreu connaît, par ailleurs, trop le prix du sang pour s’accommoder de cloisonnements désuets. Les Israéliens se tutoient naturellement et s’abordent très facilement.

4. Réseaux et networking. – Les Israéliens agissent avec succès dans le domaine du networking (capacité à tisser des réseaux et à les faire vivre).

Sans avoir jamais mis les pieds en France, de nombreux petits patrons israéliens détiennent un grand nombre d’informations sur le marché français grâce à leurs réseaux de contacts et d’affaires qui leur permettent, avec un coût bas, de sentir l’évolution du marché.

5. Échanges d’information “ public-privé ”. – A l’instar du Japon, Israël pratique une politique originale de collaboration entre renseignements privés et publics.

Première diffusion le 17 Août 2008.

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