ACTUALITÉ CCFI: SAVE THE DATE : 8E RENCONTRES ÉCONOMIQUES ET TECHNOLOGIQUES - 17 NOVEMBRE 2008 ISRAËL FRANCE SPÉCIAL ÉCHANGES Les Français consomment des fruits et du high tech israéliens, les Israéliens achètent des cosmétiques et des voitures françaises.

Rubrique
France - Israël
Par
Jacques Bendelac
Publié le
3 juillet 2008

La visite en Israël du président Sarkozy et des nombreuses personnalités qui l’accompagnent devrait donner une nouvelle dynamique aux relations franco-israéliennes.

Objectif: accroître le volume des échanges commerciaux qui restent modestes et diversifier les produits échangés.

Aujourd’hui encore, les Français consomment surtout des fruits et du high tech israéliens alors que les Israéliens achètent beaucoup de parfums, de cosmétiques et de voitures françaises.

Heureuse coïncidence: les statistiques israéliennes publient ces jours-ci les chiffres du commerce extérieur d’Israël pour les cinq premiers mois de 2008, ventilés par pays.

La surprise vient des exportations françaises vers Israël. Les statistiques israéliennes les évaluent à 754 millions de dollars de janvier à mai 2008, soit une progression de 38% par rapport à la même période de l’année précédente. Ce bond fait suite à une hausse de 15% des exportations françaises vers Israël enregistrée en 2007 (1,5 milliard de dollars) par rapport à 2006 (1,3 milliard de $).

Pourtant, les ventes françaises en Israël restent inférieures au potentiel d’absorption du marché israélien. En 2008, la France est le 11e fournisseur d’Israël, avec une modeste part de marché de 2,7%. C’est moins bien que les Etats-Unis qui s’arrogent 12% du marché israélien, que l’Allemagne (6%) ou même que l’Italie (4%).

Les fournitures de la France à Israël se caractérisent par une forte proportion de produits de consommation courante. En 2007, les parfums et cosmétiques ainsi que les voitures françaises représentaient 31% ventes de la France à Israël. Les autres produits français importés par Israël sont des biens intermédiaires comme le plastique, la sidérurgie, la chimie (37%), des biens d’équipement professionnel comme du matériel aéronautique et spatial, des équipements électriques et électroniques (22%) et de l’agroalimentaire (7%).

En sens inverse, les ventes israéliennes en France stagnent depuis le début de 2008. Après avoir connu une progression rapide en 2007 (1,3 milliard de $), elles connaissent un fort ralentissement en 2008.

Sur les cinq premiers mois de cette année, les entreprises israéliennes ont vendu à la France pour 545 millions de dollars, soit un recul de 5% par rapport à la même période de l’année passée. En 2008, la France est le 10e client d’Israël avec une part de marché de 2,1%, soit loin derrière les Etats-Unis (32%), Hong-Kong (7,2%), l’Angleterre (3,4%) et même la Turquie (2,8%).

Les produits israéliens exportés vers la France concernent essentiellement des biens intermédiaires (29%), du matériel de pointe et des biens d’équipement (27%), des produits alimentaires (27%) et des biens de consommation non alimentaires (17%).

Au total, Israël souffre d’un déficit commercial chronique avec la France: 170 millions de dollars en 2007 et déjà 209 millions de déficit sur les cinq premiers mois de 2008. Autrement dit, le solde bilatéral reste positif pour la France, avec un taux de couverture en sa faveur de 138%.

Il n’empêche que la présence française en Israël, dans les domaines de l’industrie et du commerce, ne semble pas suffisante pour dynamiser les échanges entre les deux pays. L’année dernière, la Mission économique française recensait quelque 60 implantations directes de sociétés françaises en Israël; certaines sont des PME performantes dans leurs domaines d’expertise, notamment en informatique, conseil aux entreprises, matériel agricole, machines pour l’industrie textile, BTP, etc.

Il est vrai que, ces dernières années, la France a accentué sa présence en Israël dans les secteurs des infrastructures, des transports et de l’environnement. Mais en matière d’investissement, les entreprises françaises restent encore timides.

En revanche, la présence de banques françaises de plus en plus actives en Israël (comme Calyon, Dexia, CIC et BNP-Paribas) est de nature à favoriser le financement de projets communs et pourrait convaincre davantage d’entreprises françaises à investir en Israël.—

Première diffusion le 22 Juin

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