Israël a bâti au cours des 20 dernières années, une économie ultra moderne, ultra libérale tournée vers le grand large et globalisée. Par François Allais

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François ALLAIS
Publié le
7 janvier 2006
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57 ans après son indépendance, ce pays aussi grand qu’un timbre-poste, plus petit que nos régions d’Auvergne ou de Picardie, doté d’une taille de guêpe (14 Km de large à peine entre la mer et ses premiers voisins arabes), Israël, sorte d’hybride de la Silicon Valley et de Singapour est devenu en 15 ans un champion international de l’exportation de valeur ajoutée et de high-tech.

illus-economie

Israël a bâti au cours des vingt dernières années, une économie ultra moderne, ultra libérale tournée vers le grand large et globalisée (ses échanges commerciaux représentent plus de 60 % de son PIB), capable d’assurer sa réussite sans rien devoir à son environnement régional hostile. Ne compter que sur soi-même et sur des alliés vraiment fiables et constants car en Israël, vivre sous la menace des guerres ou des attentats meurtriers fait malheureusement partie du quotidien.

La lutte pour sa survie que livre l’Etat hébreu depuis sa fondation en 1948 a de facto façonné aussi son économie et ses entreprises sans parler du tempérament bien trempé de ses chefs d’entreprises. Son environnement régional lui impose de consacrer chaque année près de 10 % de sa richesse nationale pour assurer sa défense, ce qui lui vaut le soutien indéfectible des Etats-Unis (environ 2,5 milliards de $ d’aide annuelle, auxquels s’ajoute une garantie portant sur 9 milliards de dollars sur trois ans).

Et sans tous ces défis majeurs à relever, Israël peuplé de 6,5 millions d’habitants et dont le PIB représente environ le quinzième de celui de la France, ne serait peut-être pas devenu un leader mondial de la sécurité informatique, un des pionniers des avions sans pilote, de l’imagerie médicale ou encore l’un des seuls au monde à pouvoir de manière autonome fabriquer et lancer des satellites d’observation.

Ici, en Israël, nécessité fait loi !
Les contraintes, les dangers sont des moteurs et c’est parce qu’il n’y a presque rien dans ce pays aride que les Israéliens n’ont de cesse d’inventer, d’innover et d’anticiper le futur en vue d’améliorer leur niveau de vie et la prospérité de leur nation.

Le résultat est impressionnant : Israël compte aujourd’hui une centaine de valeurs high-tech cotées au Nasdaq et environ 200 entreprises installées dans la Silicon Valley en Californie ; ce qui place ce pays en troisième position mondiale derrière les Etats-Unis et le Canada, très loin devant l’Europe…!
Les activités de hautes technologies qui ont vraiment démarré à partir du début des années 90, représentent aujourd’hui près de 36 % du chiffre d’affaires de l’industrie israélienne et près de 46 % de ses exportations !

Miraculeux ? Non ! Du travail, que du travail, et encore du travail…

Historique Economique d’un nouveau pays

Depuis une vingtaine d’années, l’économie israélienne s’est progressivement transformée d’une économie de pays émergent en celle d’un pays avancé et ce en dépit des tensions régionales récurrentes.

Israël a engagé à la fin des années 70 d’importantes réformes structurelles lui permettant de passer d’une économie largement étatisée et réglementée à celle d’une économie beaucoup plus moderne après avoir su s’imposer un large consensus national réunissant autour du gouvernement les patrons et les responsables de la grande centrale syndicale Histadrout. Israël est aujourd’hui une puissance économique régionale avec un PIB d’environ 116 milliards de dollars (environ 17 600 USD/habitant) fin 2004. Son PIB par habitant le classe au même rang que l’Espagne et de nombreux autres pays de l’OCDE.

ECONOMIE ISRAELIENNE

Les chiffres clés

2004 :

  • Population : 6,78 millionsrn* PIB : 116 Mds $
  • PIB/h : 17 600 $
  • Taux de croissance : + 4,2 %
  • Taux d’inflation : + 1,2 %
  • Taux de chômage : 10,1 %
  • Déficit budgétaire – 3,9 du PIBrn* Balance des paiements courants quasi équilibréern* Taux directeur de la banque centrale : 3,5 % (01/05)
  • Dette Ext. Nette : position créditrice à –1 % du PIBrn* Rating :
    • standard & Poor : Arn** Moody’s : A2

Source : Mission Economique de Tel Aviv.

Israël, une puissance économique au Proche Orient

Chiffres (2003) P.I.B. (Mds $) Population P.I.B./h (en millions) Echanges commerciaux (M $) Exportations françaises (M euros)
Liban 18,2 4 4.500 8 700 823
Egypte 70,1 71,7 1.000 23 000 985
Syrie 22,1 17,8 1.200 11 800 390
Jordanie 10,1 5,5 1.800 7 900 169
Turquie 241,0 71,3 3.300 116 000 3 253
Israël 109,2 6,7 16.300 61 400 1 007

Source : Mission Economique de Tel Aviv

Du fait du caractère hautement qualifié et dynamique d’une partie de sa main d’œuvre (1,40 % de scientifiques et d’ingénieurs dans la population active comparés à 0,88 au Japon, 0,85 aux USA et 0,60 en Allemagne), Israël dispose d’un appareil productif performant, rendu plus compétitif encore ces dernières années par l’ajustement à la baisse des salaires.

Outre quelques secteurs traditionnels forts comme la chimie ou la plasturgie, depuis 15 ans, une partie importante de son tissu industriel s’est progressivement réorienté vers le secteur des hautes technologies dans les domaines suivants: aéronautique, électronique civile et de défense, composants, télécommunications et logiciels informatiques et plus récemment biotechnologies.

Plusieurs entreprises israéliennes ou israélo américaines ont ainsi en quelques années réussi à se positionner au meilleur niveau international sur certaines niches de ces marchés (sécurité informatique, drones, réseaux de télécommunications, médicaments génériques…).

C’est peu dire qu’Israël s’est retrouvé emporté, à la fin des années 1990, dans le tourbillon de la nouvelle économie. Quelques chiffres donnent une idée de son intensité. En 2000, le pays comptait autant de sociétés cotées au Nasdaq que l’ensemble des pays de l’Union européenne et n’était dépassé que par les Etats-Unis et le Canada. Les flux d’investissement en capital-risque dans des start-up israéliennes s’élevaient à plus de 3 milliards de dollars, soit un montant proche de celui investi à la même époque dans la Silicon Valley. Enfin, le pays comptait 3 000 start-up, soit une … pour 2 000 habitants. Un record mondial !
Israël est également le deuxième pays, derrière les USA, pour l’importance du capital-risque. 10 milliards de USD ont été levés entre 1992 et 2002 !

Ce secteur des hautes technologies pèse aujourd’hui 10 % de son PIB et 50 % de ses exportations évaluées en 2003 à 11 milliards de USD. En outre, plusieurs multinationales de hautes technologies ont créé des centres importants de R & D en Israël comme Intel, IBM, Motorola, Microsoft, Oracle, Siemens, Alcatel … toutes ces grandes entreprises ont compris depuis longtemps l’intérêt de s’implanter en Israël ; au début elles employaient quelques dizaines de chercheurs, aujourd’hui elles en font travailler des centaines.

Car Israël peut se féliciter aussi de s’être doté de plusieurs universités ou centres d’excellence, comme l’Institut Weizmann de réputation mondiale, ou le fameux Technión de Haïfa, véritable MIT sur les bords de la Méditerranée dont est issue la grande majorité de l’élite scientifique israélienne. Le niveau de recherche et de développement civil par rapport au PIB est l’un des plus élevés du monde, à 4,5 %. L’enseignement occupe en Israël une position en effet prioritaire et majeure.

L’arrivée de toutes ces grandes multinationales a également permis à l’économie israélienne de bénéficier d’un niveau élevé d’investissements étrangers compensant la relative insuffisance de l’investissement domestique.

Fidèle à son esprit de pionniers, Israël poursuit son élan avec la même ardeur. Les Kibbutzim, les Moshavim dans les années 60 nous avaient déjà fait rêver en faisant fleurir le désert.
De nos jours, c’est au tour des laboratoires et des incubateurs de nous étonner en inventant les techniques et les médicaments du XXIème siècle : la solution pour le traitement du cancer sera peut-être dans quelques années une invention israélienne compte tenu des sommes énormes investies dans cette recherche. Quant à l’eau de la mer Méditerranée c’est une question de mois avant qu’elle ne devienne aussi pure que l’eau du Jourdain. Israël prépare déjà sa prochaine épopée … Imaginez à quoi elle pourrait ressembler si au lieu de dépenser une partie de leurs énergies à la guerre ses forces vives pouvaient ne se consacrer enfin qu’à la science, la recherche et le développement avec ses voisins arabes de cette région du monde.

Idéalisme ? Sans doute car au Proche-Orient, pour être réaliste il faut être d’abord un idéaliste ! disait déjà dans les années 40 un certain David BEN GOURION.
60 ans plus tard, son pays poursuit son sillon, sa construction, son développement avec courage, volonté et une somme de travail peu commune.

Renversement

Le dynamisme de ses entreprises et une vague de réformes radicales ont permis à Israël une sortie spectaculaire de la récession.

Les conséquences de la crise israélo-palestinienne, le ralentissement de la croissance mondiale et l’éclatement de la bulle Internet ont lourdement pesé sur l’économie israélienne à partir de 2001.

Selon la Banque Centrale d’Israël, la 2ème Intifada a coûté jusqu’à aujourd’hui près de 12 milliards de USD, soit près de 6 à 8 % de son PIB.

Intervenant au même moment, l’ensemble de ces évènements et notamment bien sûr le grand plongeon boursier des valeurs technologiques a achevé de pousser Israël dans la récession.
La croissance a chuté pour la première fois de l’histoire d’Israël à – 0,9 % en 2001 et à – 0,8 % en 2002. Du jamais vu depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 !

Le chômage a connu une augmentation avec un taux de 10,7 % en 2003 contre 8,5 % en 2000.

L’activité touristique a enregistré de plus une baisse spectaculaire de 70 % à partir de 2001, tout comme une baisse de 40 % des mises en chantier.
Le coup a été rude. Mais fin 2004, la reprise était là.
Amorcée depuis 18 mois (croissance de 1,2 % en 2003) elle est même spectaculaire avec des taux de 4,1 % de croissance en 2004 et 4 % attendus pour 2005 !
L’amélioration de la situation sécuritaire a restauré un climat de confiance et de reprise très encourageant. La bourse de Tel Aviv a grimpé de plus de 60 % dès 2003 pour réitérer un bond de même envergure en 2004.
Les fonds de capital-risque ont levé 927 millions de USD au cours des neufs premiers mois de 2004, le chiffre le plus élevé depuis 2000.
Cette vigoureuse reprise est largement alimentée par la croissance aux Etats-Unis et en Asie, qui ont contribué à la forte croissance des exportations (
20,1 %) en 2004 associée à une meilleure compétitivité du tissu industriel.

Après ces années difficiles, les investisseurs reviennent en grand nombre et les taux d’intérêt sont à leur plus bas niveau historique (3,5 %).
Aussi, le gouvernement israélien lance-t-il sans attendre une politique de grands travaux (autoroutes, chemin de fer, usine de dessalement…) dont le financement représente un budget de près de 6 milliards d’euros.

Enfin, même le marché de l’emploi commence à envoyer des signaux positifs. En février 2005, le taux de chômage 9,8 % a baissé de 0,1 point pour le 2ème mois consécutif ; il est donc désormais passé sous la barre des 10 % et la demande d’emplois continue de grimper.

Comment expliquer un tel renversement ?

Il repose sur 3 facteurs :

  • la politique économique courageuse du gouvernement israélien.
  • la reprise aux USA et en Asie.
  • la faible intensité des actes de terrorisme au cours de l’année écoulée, en partie liée à l’établissement de la barrière de sécurité mise en place par Israël pour protéger ses civils.

Sous l’impulsion du Ministre des Finances, Benjamin NETANYAHOU, le virage de politique économique a été radical, osant entreprendre des réformes que tout le monde savait nécessaires mais auxquelles personne n’avait osé s’attaquer jusqu’à présent.

Le salaire des fonctionnaires a été réduit de 5 %, le coût de l’ensemble des prestations sociales a été ramené de 6,5 % du PIB en 2002 à 4,5 en 2004.
L’âge de la retraite a été reculé de 65 à 67 ans pour les hommes, de 60 à 64 ans pour les femmes.

Les dépenses publiques ont été réduites d’environ 4 % du PIB en deux ans. Résultat ? La dette publique commence à diminuer et le déficit budgétaire sera divisé par deux en moins de 2 ans.

La politique monétaire a aussi joué son rôle ; de 8,4 % en mai 2003, le taux de référence de la banque d’Israël a été ramené à 4,1 % un an plus tard. Les taux d’intérêt sont en 2005 à leur plus bas niveau historique, 2 % en termes réels, ce qui soutient fortement bien entendu la reprise de l’économie.

Depuis sa création, Israël a connu une croissance moyenne de 6,5 % par an et ce en dépit des guerres successives. C’est dire le potentiel et le dynamisme de la société israélienne.
Malgré ces très bons résultats, Israël reste il le sait bien une force fragile. Ce pays, hors normes, peut moins que tout autre se permettre une aphasie économique. Son histoire et son environnement régional, en tout cas actuel, le condamnent à la croissance, et à la course à l’innovation.

Voilà aussi pourquoi, très déterminé, le gouvernement israélien poursuit sans hésiter son programme de réformes structurelles.

  • réduction des effectifs du secteur public et baisse des salaires réels dans ce secteur (10 % depuis 2002),
  • baisse des transferts sociauxrn* réactivation de la politique de privatisations et d’une réforme des marchés financiers ;
  • réalisation d’un ambitieux programme de développement d’infrastructures au travers de la mise en place notamment de « BOT » dans les transports, l’énergie, le dessalement d’eau de mer, l’environnement… représentant des investissements d’une dizaine de milliards d’euros dans les 5 ans à venir.

Les futurs grands projets d’infrastructures représentent un enjeu de plusieurs milliards d’euros :

  • dans le secteur des transports, projets de tramways à Tel Aviv (environ 1,5Md€ d’investissements) et plus tard éventuellement Haïfa ; développement du réseau ferroviaire, avec l’électrification et l’ouverture de nouvelles lignes.
  • construction de nouvelles unités de dessalement d’eau de mer.
  • Gestion des déchets de plus en plus en concessions, avec une présence française croissante.
  • Energie : important programme d’investissements de la compagnie nationale électrique, projets privés de production d’énergie…rn* Télécommunications : programmes de développement des opérateurs fixes et mobiles.

Cet ambitieux programme devrait continuer d’améliorer la compétitivité globale du modèle économique israélien.

CONCLUSION

Ce développement à la singapourienne, îlot isolé, qui réussit si bien à Israël, est bien loin du rêve travailliste des pères fondateurs, qui naguère avaient évoqué la création du marché commun du Proche Orient.

Mais Israël ne peut pas non plus sȁ9;offrir le luxe d’attendre que ses voisins bougent pour penser à son développement, à sa défense et à l’amélioration du niveau de vie de ses citoyens. Alors il fonce ! Comme à son habitude.

Aussi sa croissance économique en 2005, estimée à 4 %, devrait être un peu moins portée par les exportations et un peu plus par la demande locale. Outre le regain de la consommation privée, une reprise de l’investissement devrait intervenir au regard de son faible niveau durant ces quatre dernières et difficiles années. Mais évidemment, à moyen terme, l’évolution de l’économie israélienne reste étroitement liée d’une part à la situation géopolitique de la Région (Irak, Iran, Syrie, Liban…) et à l’avancée ou non d’autre part de la résolution négociée du conflit israélo-palestinien.

Une avancée du processus de paix, de nouveau crédible, conduirait à une nouvelle et formidable donne pour tous les peuples de la Région.

Aussi, le rêve travailliste, s’il est déjà vieux, n’en reste pas moins, de mon point de vue, encore possible !

Chacun sait que la paix dans cette région du monde en ferait l’un des pôles les plus prospères et des plus avancés du XXIème siècle.

Gageons et gardons en nous la force de penser que le meilleur reste à venir.

LE COUT ECONOMIQUE DE LA DEUXIEME INTIFADA

Côté israélien,
Selon la banque centrale d’Israël la deuxième Intifada, en nécessitant un très lourd dispositif militaire dans les territoires palestiniens, a coûté jusqu’à maintenant 12 milliards de USD à l’Etat hébreu, soit 6 à 8 % de son PIB.

Sans l’Intifada le PIB/hab israélien atteindrait les 18 500 USD au lieu de son niveau actuel de 16 700 USD.

Côté palestinien,
Dans les territoires palestiniens la situation est bien pire. Le bouclage intégral des anciennes zones autonomes et les opérations militaires israéliennes perturbent un secteur privé qui tourne seulement entre 10 et 20 % de ses capacités. Le taux de chômage, 70 % à Gaza, 50 % en Cisjordanie est aujourd’hui hors contrôle.

Plus de 60 % de la population se trouve au-dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 $ par jour) et la malnutrition commence à affecter les enfants.

L’autorité palestinienne est exsangue. Seule l’aide internationale permet à la société palestinienne de survivre, mais pour combien de temps encore ?

L’AVENIR DU MOYEN-ORIENT PASSE PAR

  • Une lutte musclée contre le chômagernSans stabilité politique, le chômage à l’horizon 2012 pourrait toucher 11 millions de personnes dans la seule partie orientale du bassin méditerranée : Israël, territoires palestiniens, Jordanie, Irak, Syrie et Egypte.
  • La construction audacieuse d’infrastructures régionales
  • Des routes internationales entre l’Egypte, Israël, les territoires palestiniens, la Jordanie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Syrie.
  • Des voies de chemin de fer.
  • Des sociétés conjointes de dessalement d’eau de mer.
A Tel Aviv, le 1er juin 2005 François ALLAIS

François ALLAIS est Responsable de la Communication de la Direction des Actions et de la Coopération Internationales de la CCIP. Il organise depuis 5 ans les Rencontres économiques et technologiques France Israël qui se tiennent chaque année à la CCIP en étroite collaboration avec la Chambre de Commerce France-Israël en France.

Cet article a été rédigé lors de la mission de la CCIP menée par le Président Pierre SIMON en Israël du 29 mai au 1er juin 2005.

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