L’industrie israélienne de l’équipement agricole
L’Etat Hébreu a su développer sur son territoire un véritable “cluster” (concentration de très nombreuses entreprises d’un secteur en particulier) de l’équipement agricole.
Ce cluster, s’il reste relativement discret, affiche pour autant des performances remarquables : $1,85 milliards d’exportations de matières premières et d’équipement pour l’agriculture en 2005, c’est une hausse de 16% par rapport à l’année précédente. Les exportations de ce secteur croissent donc plus de deux fois plus vite que la moyenne des exportations israéliennes.
Le savoir-faire israélien est particulièrement réputé dans le domaine de l’agriculture intensive. Grâce notamment à l’utilisation de techniques d’irrigation au goutte à goutte, l’agriculture israélienne atteint une productivité record. Pas moins de 200 tonnes de tomates peuvent ainsi être produites en un an sur un seul hectare. D’ailleurs, les entreprises israéliennes de micro-irrigation comme Plastro Irrigation Systems ont une telle avance technologique qu’elles ne connaissent pas d’autre concurrence dans le monde que celle de leurs consœurs israéliennes.
Agritech 2006
C’est donc ce cluster israélien de l’équipement agricole qui se présente en ce moment aux visiteurs du salon Agritech. Celui-ci vient en effet d’ouvrir ses portes à Tel Aviv : près de 200 entreprises israéliennes et 20 entreprises étrangères y exposent leurs produits et leur savoir-faire.
La présence française y est quasi-invisible. Aucun exposant ne porte les couleurs de la France tandis que des entreprises (et parfois les ambassades) de nombreux pays européens ont fait le déplacement : d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas, d’Allemagne, et même de la Turquie et d’Ukraine. Il faut vraiment avoir de la chance pour tomber sur un français.
“C’est parce que les français vont d’habitude à d’autres salons où sont aussi présents les israéliens” déclare Martin P., l’un des rares français présents sur place.
Et pourtant, les entreprises israéliennes sont bel et bien présentes en France. Bernard D. travaille dans une petite entreprise du sud de la France qui distribue des équipements de micro-irrigation israéliens. “Nos seuls concurrents en France sont d’autres distributeurs de produits israéliens” a-t-il déclaré à israelvalley.
“Les équipements agricoles israéliens sont surtout spécialisés sur les cultures maraîchères ou de verger, les entreprises françaises ne sont quasiment pas présentes sur ce marché”.
Faut-il pour autant croire que les francophones sont absents de l’évènement? Et bien non. La Côte d’Ivoire affiche en effet une délégation impressionnante de près de 30 à 40 personnes dont plusieurs personnalités éminentes telles que le gouverneur d’Abidjan. La présence ivoirienne compte de nombreux élus municipaux venus trouver des solutions aux problèmes agricoles qui se posent dans leur circonscription.
Elle compte également des représentants de la filière café-cacao qui espèrent nouer en Israël des contacts fructueux en terme de clients, d’investisseurs et de partenaires technologiques. La Côte d’Ivoire qui est l’un des premiers producteurs au monde de café et de cacao compte en effet développer une industrie autour de ces productions : des liqueurs ou des cosmétiques à base de cacao par exemple.
“Beaucoup des technologies que nous voyons ici sont futuristes et beaucoup trop avancées par rapport à la réalité du terrain en Côte d’Ivoire, cependant, certaines solutions nous intéressent beaucoup” a déclaré à israelvalley Mdjou A., expert ivoirien en agro-pesticides.
Le Canada est également un autre pays (partiellement au moins) francophone dont la présence sur place est évidente. Bombardier y occupe un très grand espace et la Chambre de Commerce Canada-Israël y possède son propre stand.
Le salon Agritech 2006 est donc une vitrine du cluster israélien de l’équipement agricole. On y prévoit cette année la signature de nombreux contrats. L’édition 2006 est d’ailleurs déjà une année record pour le nombre d’exposants et de visiteurs attendus. Dans ce contexte, on ne peut que regretter la faible participation française.



