Les nouveaux défis d’Israel Aircraft Industries : interview de Dr David Harari

Rubrique
Défense & aéronautique
Par
David Rosenfeld
Publié le
4 janvier 2006
Mots-clé
Israel Aircraft Industries défis David Harari UAV

Face à un fort mouvement de concentration et de régionalisation du secteur aérospatial, IAI doit répondre à de nouveaux défis et s’adapter à un environnement difficile. Dr David HARARI, Directeur Général de IAI Europe nous éclaire sur les orientations stratégiques de IAI au cours de cet entretien.

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IAI, 1ère industrie israélienne et 11ème constructeur aérospatial mondial, souffre de son isolation géographique et doit mesurer la difficulté croissante de tisser des partenariats importants de type Tier 1. D’autre part, la structure nationale de IAI rend malaisée des manœuvres d’expansion par le biais d’acquisitions en Europe ou en Amérique du Nord. Des acquisitions pourraient, en effet, garantir de nouveaux relais de croissance ou fournir des points de conquête au sein de ces 2 grands marchés, éventuellement aussi dans les marchés émergents d’Asie (Chine et Inde).

Convaincu qu’il est désormais impossible de rester indépendant et limité aux programmes nationaux, IAI a pour mission de développer des liens forts avec l’Europe et l’Amérique du Nord. Or, ces liens coopératifs sont le fruit d’échanges technologiques et/ou financiers, clés indispensables de partenariats équilibrés. L’Europe et les USA possédant déjà des technologies très développées et Israël ne disposant que de faibles moyens financiers, il est primordial pour IAI de trouver des avantages concurrentiels par le biais de créneaux technologiques spécifiques.

La stratégie commerciale d’IAI en Europe s’articule autour de 3 axes civils et 4 axes militaires.

CIVIL
1) La construction d’avions commerciaux. Fort de son expérience Airbus avec Air France Industries, IAI développe des partenariats technologiques dans les processus de développement et de fabrication du super jumbo Airbus A380 (train d’atterrissage, nacelles) et tente actuellement d’intégrer la chaîne de conception du long courrier A350.
2) La conversion. Spécialiste internationalement reconnu de la conversion d’avions commerciaux Boeing, IAI examine les opportunités de conversions d’avions passagers en avions cargo.
3) Les flottes de satellites. Israël est membre à part entière du double consortium Galiléo, système européen de navigation par satellites (environ 30), concurrent des systèmes américain GPS (30 satellites) et russe Glonass (24 satellites). Galiléo devrait être opérationnel dès 2010

MILITAIRE
1) Avions sans pilote. Les drones véhiculent une image high-tech très favorable d’IAI. Conceptualisés dans les années 1965-70 sur l’idée du radioplane par les équipes d’IAI, sous la direction de David HARARI, les drones sont devenus les attractions favorites du public lors des démonstrations aériennes du Bourget ou de Farnborough. La gamme s’est largement étendue (de 15 centimètres à plus de 8 mètres) ainsi que ses applications : militaires mais aussi civiles (navigation, trafic, lutte contre les incendies, surveillance …). Les
Israéliens avec IAI sont actuellement les 2nd producteurs mondiaux de drones après les USA et à égalité avec la France. IAI et EADS ont développé des partenariats forts.
2) Surveillance. IAI bénéficie d’atouts reconnus dans le secteur de la surveillance du territoire (Homeland Security), notamment dans l’électro-optique, le traitement de l’information et les radars. Des partenariats sont en cours de développement avec EADS et CS, anciennement Compagnie des Signaux.
3) Missiles. IAI renforce sa coopération avec les missiliers européens, notamment MBDA, joint venture de EADS, BAE Systems et FinMeccanica
4) Ravitaillement en vol. IAI développe un partenariat fort avec Intertechnique afin de participer à la conception des ravitailleurs en vol dans le cadre de l’avion de transport A400M

L’ensemble de ces axes de coopération a pour objectif d’offrir à IAI l’ouverture de nouveaux marchés en échange de transferts de technologies adéquates. Le désengagement de Gaza en septembre 2005, à l’instar des Accords d’Oslo en 1993, a permis d’ouvrir un dialogue fructueux, nouveau catalyseur d’échanges féconds avec l’Europe, et notamment la France.

IAI souhaite utiliser cette opportunité afin de lutter contre son manque de notoriété et son déficit d’image en Europe. L’accord de coopération signé en juin 2005 pour le lancement conjoint du satellite franco-israélien VENUS (Vegetation and Environnement monitoring on a New Micro-Satellite) pour l’observation des écosystèmes en 2008 participe à cet élan. IAI ambitionne de faire reconnaître ses principaux atouts : des bureaux d’études performants, des lignes de fabrication innovantes, et la Recherche & Développement en carte maîtresse. xl

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