ETUDE DES COMPLEMENTARITES TECHNOLOGIQUES FRANCE – ISRAEL
Identification des sous-secteurs et acteurs complémentaires clésrnCoopérations et partenariats, alliances technologiques, joint-ventures R&D
Rapport Final France
Mardi 5 mars 2002
Document préparé par :
Dr. Daniel ROUACH, ProfesseurrnPatrice SANTI, Directeur de Projet France
Avec la collaboration de :
David SAPERSTEIN, Assistant (France)
Jean-Philippe SINI, Assistant (France),
Diane BINDER, Assistante (France)
Pascal MARIETTI, Consultant (Paris)
Noa GEISMAR, Consultante (Israël)
Modi ASHKENAZY, Directeur de Projet (Israël)
INTRODUCTION
Ces dernières années se sont caractérisées par une prise de conscience accrue de la part des acteurs de la relation France-Israël, à commencer par les gouvernements, des potentiels de complémentarité importants qui existent entre les sociétés françaises et israéliennes.
Le rapprochement progressif des deux pays s’est notamment traduit, en France, par la visite du Premier Ministre, M. Lionel JOSPIN, en Israël en février 2000 dans le but de promouvoir de nouveaux partenariats technologiques. Suite à cette visite, une nouvelle coopération industrielle a été mise en place et un projet global de recherche des complémentarités technologiques entre la France et Israël a été initié par la DiGITIP du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie – MINEFI – avec l’ANVAR, côté français, et l’Office of the Chief Scientist (OCS) côté israélien.
Ce rapprochement s’est également traduit par une augmentation notable, au cours de ces deux dernières années, des évènements de rencontres professionnelles organisés pour favoriser les échanges entres entreprises françaises et israéliennes. Mieux encore, des premiers partenariats technologiques ont vu le jour dans certains domaines industriels clés tels que la biotechnologie ou la carte à puce.
A ce jour, les coopérations formelles entre les sociétés des deux pays restent toutefois négligeables en comparaison des relations bilatérales réalisées sur d’autres axes pays. Il apparaît notamment clairement au travers de l’étude présentée au travers de ce rapport qu’une méconnaissance d’Israël par les petites et moyennes sociétés françaises, et réciproquement de la France par les sociétés israéliennes, constitue encore un frein majeur au développement de la coopération France-Israël. Les acteurs, entreprises et technologies clés de chacun des deux pays sont rarement connus.
Néanmoins, et indépendamment de la difficile situation politique actuellement vécue par Israël, les entreprises semblent plus que jamais ouvertes et intéressées par les potentiels technologiques et économiques offerts par chacun des deux pays.
L’objet de cette étude est précisément de faire le point, dans certains domaines technologiques stratégiques, sur l’état de la coopération France-Israël et sur les zones de complémentarités susceptibles d’engendrer des partenariats entre petites et moyennes sociétés françaises et israéliennes.
SOMMAIRE
Pages
1. Présentation de l’Etude sur les Complémentarités Technologiques France-Israël
1.1 Eléments de contexte et objectifs de l’étude 6
1.2 Méthodologie de l’étude 6
1.3 Sélection des cinq sous-secteurs clés de la coopération France-Israël 12
1.4 Entreprises et experts consultés pendant l’étude 13
1.5 Les Comités de Pilotage 19
2. Synthèse des questionnaires et analyse statistique
2.1 Répartition sectorielle des entreprises 20
2.2 Réponses apportées au questionnaire 22
3. Cartographie des zones de complémentarités technologique France-Israël
3.1 Carte à puce et sécurité
3.1.1 Présentation du domaine étudié 35
3.1.2 Etat des lieux des industries françaises et israéliennes de 37rnla carte à puce
3.1.3 Caractérisation de la coopération France-Israël et 39rnzones de complémentarités technologiques
3.2 Biotechnologies
3.2.1 Présentation du domaine étudié 42
3.2.2 Bref aperçu de la biotechnologie en France 44
3.2.3 Bref aperçu de la biotechnologie en Israël 45
3.2.4 Situation de la coopération France-Israël 48
3.2.5 Les domaines de complémentarités France-Israël 49
3.3 Les logiciels
3.3.1 Présentation du domaine étudié 59
3.3.2 Etat des lieux des industries françaises et israéliennes du logiciel 59
3.3.3 Caractérisation de la coopération France-Israël et zones de 61rncomplémentarités technologiques
3.3.3.1 Identification des technologies françaises 61rn3.3.3.2 Identification des technologies israéliennes 65rn3..3.3.3 Domaines de complémentarités France-Israël 71
3.4 L’instrumentation médicale
3.4.1 Présentation du domaine étudié 73
3.4.2 Etat des lieux des industries françaises et israéliennes du logiciel 73
3.4.3 Caractérisation de la coopération France-Israël et zones de 75rncomplémentarités technologiques
3.5 Les communications sans fil
3.5.1 Introduction 78
3.5.1.1 Systèmes de communication et applications/services 79rn3.5.1.2 Vue d’ensemble du marché mobile du Wireless 80rn mondial
3.5.2 Bref aperçu du Wireless en France 83
3.5.2.1 Chiffres-clés et croissance du marché 83rn3.5.2.2 Systèmes de communication Wireless 83rn3.5.2.3 Services de communication Wireless 84
3.5.3 Bref aperçu du Wireless en Israël 86
3.5.3.1 Petites et moyennes entreprises en Israël 87rn3.5.3.2 Petites et moyennes entreprises de services 87rn3.5.3.3 Petites et moyennes entreprises de systèmes 89
3.5.4 Domaines de complémentarités
3.5.4.1 Sous-secteurs clés en France 90rn3.5.4.2 Sous-secteurs clés en Israël 90rn3.5.4.3 Sous-secteurs de complémentarités 90
4. Caractérisation de la coopération France-Israël
4.1 Israël, une “high-tech Island” 92
4.2 Situation économique de l’Etat d’Israël – Extrait des travaux 92rndu Poste d’Expansion Economique
4.3 Etat des lieux de la relation France-Israël 93
5. “Gap” Culturel et Coopération High-Tech France-Israël
5.1 Introduction : le gap culturel France-Israël 95
5.2 Le management “à la française” 97
5.3 Le management en Israël 98
5.4 La négociation 100
5.5 Français et Israéliens dans le cadre de la négociation 101
6. Recommandations stratégiques et opérationnelles
6.1 Principaux points recensés au niveau des interviews d’entreprises 106
6.1.1 Les acquis de la relation France-Israël 106rn6.1.2 Les « gaps » de la relation France-Israël 109
6.2 Recommandations stratégiques et opérationnelles 113
7. Annexes
7.1 Liste des entreprises et experts rencontrésrn7.2 Liste et profil des entreprises intéressées par la collaboration France-Israël
7.3 Présentation du questionnairern7.4 Retranscriptions d’interviews réalisés en Israëlrn7.5 Retranscriptions d’interviews réalisés en Francern7.6 Israël, le “high tech Island”
1. PRESENTATION DE L’ETUDE SUR LES COMPLEMENTARITES TECHNOLOGIQUES FRANCE-ISRAEL
1.1 Eléments de contexte et objectifs de l’étude
Cette étude s’insère dans le cadre d’un projet global de recherche et d’analyse des complémentarités technologiques France/Israël initié par l’Office of Chief Scientist – OCS – et le Matimop en Israël, et par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie – MinEFI – et l’ANVAR en France.
La fonction première de l’étude est d’identifier, dans des domaines technologiques précis, des secteurs et sous secteurs clés de coopération France-Israël. Ses objectifs sont les suivants
• Etablir une cartographie technologique (Technology Map) permettant d’identifier des potentiels d’opportunités (pour chacun des sous-secteurs ou technologies identifiés).
• Identifier des sous-secteurs et technologies clés, dans le but d’identifier des accords de coopération ou de partenariat.
• Identifier une liste de personnes ou organisations clés à approcher dans le but :
- de lancer les groupes de travail et les interviews d’entreprises
- de fournir une sélection de contacts à approcher pour le lancements de partenariats technologiques
• Contribuer à l’amélioration des connaissances mutuelles des contextes et complémentarités technologiques français et israéliens, en prenant notamment en compte les aspects économiques, organisationnels, culturels, sociaux, et politiques.
1.2 Méthodologie de l’étude
Le projet se décompose en quatre phases :
Les deux premières phases constituent la partie étude du projet, au cours laquelle se réalisent la recherche et l’analyse d’une sélection de secteurs, puis de sous-secteurs clés pour chacun des deux pays.
Le processus d’investigation
Le processus d’investigation utilisé au cours de l’étude est composé de cinq étapes :
Etape 1 : l’étude préliminaire (desk research) a notamment pour objet de déterminer une liste de secteurs, puis de sous-secteurs à fort potentiels de complémentarités technologiques pour la France et pour Israël.
Pour chacun des sous-secteurs ou technologies, des informations spécialisées ont été consultées et analysées au travers de différentes sources :
- études prévisionnelles et études économiques récentes (études du ministère de l’Industrie, rapports des Ambassades de France et d’Israël, études d’associations professionnelles telles que France Biotech, etc.)
- rapports d’analystes financiersrn- études sectorielles et technologiques variées (bilan sectoriels ANVAR, études Xerfi…)
- rapports d’experts (rapports des sociétés Ernst & Young et Monitor sur les Biotechnologies…)
- bases de données et sites Internet (revue Vigie de l’ADIT, sites du Poste d’Expansion Economique de l’Ambassade de France à Tel Aviv et de l’Ambassade d’Israël à Paris…)
- magazines, revues de presse et autres informations publiques (Revue Française de la Chambre de Commerce France-Israël…)
- colloques et conférences (colloque France-Israël FIBiom sur les Biotechnologies, salon Cartes 2001 sur les Cartes à Puce, journée GO4 Europe de Tel Aviv sur les technologies de pointe, Rencontres Economiques et Technologiques France-Israël organisées par la Chambre de Commerce France-Israël et par la Chambre de Commerce de Paris…).
Etape 2 : pour chaque sous-secteur identifié, des classifications sont établies afin de mettre en relief les entreprises et technologies clés en France et en Israël. L’objectif de cette phase est d’identifier le panel de sociétés à interviewer pendant l’étude, et à amorcer l’identification des technologies pour lesquelles les complémentarités seront étudiées.
Etape 3 : cette étape est constituée des entretiens réalisés auprès des entreprises et des experts de chaque sous-secteur. Un questionnaire permet de cerner :
- Le niveau de connaissance des sociétés vis à vis du tissu et des potentiels industriels français et israélien.
- L’expérience et le vécu de ces sociétés en matière de partenariats technologiques.
- L’intérêt de ces entreprises pour des partenariats technologiques France – Israël, et les processus de coopération envisagés.
- L’expérience et le vécu, le cas échéant de ces sociétés vis à vis de la France pour les sociétés israéliennes, et d’Israël pour les sociétés françaises, l’objectif étant d’identifier des meilleures pratiques en terme de partenariat technologique France – Israël.
- Les contraintes et facteurs clés de succès liés aux partenariats technologiques France-Israël.
Durant cette étape, un panel large d’intervenants a été sollicité : dirigeants d’entreprises PME ou de grands groupes, responsables de départements de Recherche & Développement, experts et spécialistes d’un domaine donné, responsables de centres de recherches publics.
Au terme de l’étude, plus de 100 entreprises représentatives auront été interviewées en France et en Israël.
Etape 4 : un suivi précis est réalisé à l’issu de chaque interview. Un transcript intégral est rédigé et des éléments connexes y sont adjoints : questionnaires, commentaires de l’équipe ayant réalisé l’interview, profil de l’entreprise, opportunités possibles par rapport aux complémentarités technologiques France-Israël.
Etape 5 : les résultats sont soumis à des groupes d’experts réunis autour d’ateliers de travail formels – Focus Groups –. Pour chacun des sous-secteurs identifiés, un Focus Group est organisé en France et en Israël.
Ces groupes de travail, d’une durée d’environ 2 heures chacun, ont pour objectifs :
• De valider et de compléter les résultats de l’étude, en reprenant notamment l’analyse du sous-secteur et du positionnement de la France ou d’Israël dans ce domainern• De dresser un bilan de la relation et de la coopération France-Israël, et d’identifier les caractéristiques et facteurs clés de succès pour chacun des domainesrn• De fournir des conseils pratiques pour éviter les contraintes spécifiques à ces sous-secteursrn• De fournir une liste d’entreprises pertinentes pour le lancement de partenariats
Présentation de l’équipe conseil
La réalisation de l’étude s’est réalisée autour d’une équipe de six consultants de profil international dirigée par Dr. Daniel ROUACH :
Responsable de l’étude : Dr. Daniel ROUACH
Equipe opérationnelle France :
Directeur de Projet France : Patrice SANTIrnAssistant de recherche : David SAPERSTEINrnAssistant de recherche : Jean-Philippe SINIrnAssistant de recherche : Pascal MARIETTIrnAssistante de recherche : Diane BINDER
Equipe opérationnelle Israël :
Directeur de Projet France : Modi ASHKENAZYrnAnalyste : Noa GEISMAR
Le questionnaire, élément central de l’étude terrain
Une partie de l’étude est fondée sur l’analyse des questionnaires présentés à un large panel d’entreprises opérant dans les secteurs préalablement sélectionnés au cours de l’étude préliminaire et au travers des interviews d’experts.
Ce questionnaire, présenté en Annexe 1 du rapport, se divise en trois grandes parties :
1. Informations générales sur l’entreprisern2. Présence internationalern3. Identification des complémentarités technologiques avec Israël
Le questionnaire a été construit à partir d’une série de questions ouvertes, de questions fermées (réponses « oui/non ») et de questions à choix multiples.
L’objectif des deux premières parties du questionnaire est de pouvoir définir une fiche d’identité de chaque entreprise interrogée. Une première classification a pu ainsi être opérée entre les entreprises travaillant déjà en Israël, celle qui souhaitent travailler dans ce pays, et celles qui ne trouvent aucun intérêt à le faire.
La dernière partie du questionnaire permet d’indiquer quel type de partenariat est privilégié par les entreprises lorsqu’elles décident de s’associer avec un partenaire (Israélien ou non), de connaître le degré de connaissance des entreprises vis-à-vis d’Israël ou de la France et de détailler les raisons qui expliquent le succès ou l’échec d’un partenariat franco-israélien.
A ce jour, ce questionnaire a été envoyé ou présenté à près de 300 entreprises en France et en Israël. Une lettre d’introduction a été préparée avec la collaboration du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Cette lettre est présentée ci-dessous.
DIRECTION GENERALE DE L’INDUSTRIE, Paris, lernDES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES POSTESrnSERVICE DE L’ENVIROONEMENT ECONOMIQUE, INTERNATIONALE ET DE L’EMPLOIrnLE SOUS-DIRECTEUR
LE BERVIL – DIGITIP 5- 12, RUE VILLIOTrn75572 PARIS CEDEX 12
Réf. :
Affaire suivie par : Alain MIERMONTrnTéléphone : (33) 1.53.44.96.20rnTélécopie : (33) 1.53.44.91.35rnMél : alain.miermont@industrie.gouv.fr
Chère Madame, Cher Monsieur,
Dans le cadre d’une relance de notre coopération industrielle avec Israël, le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et l’ANVAR mènent actuellement, en liaison avec le Ministère de l’Industrie et du Commerce israélien (Office of the Chief Scientist – OCS -) et du Matimop (Centre Industriel Israélien pour la Recherche & Developpement), une étude sur les complémentarités technologiques France-Israël.
L’objectif du projet est de définir des opérations concrètes destinées à approfondir et à promouvoir de nouveaux partenariats technologiques entre la France et Israël. L’étude s’attache donc à identifier une sélection de technologies et de sous-secteurs clés de coopération afin de développer, avant la fin de l’année, des processus d’échange et de collaboration.
Afin de mieux définir les conditions de succès liés à ce type de partenariats, nous avons identifié, dans chacun des deux pays, 50 entreprises clés, dont la vôtre, auxquelles nous souhaiterions soumettre le questionnaire ci-joint.
Nous vous serions ainsi reconnaissants de bien vouloir prendre quelques minutes pour répondre à ce questionnaire ou de le faire suivre à la personne la plus compétente au sein de votre entreprise. Votre témoignage nous permettra de mieux comprendre les besoins de votre société, de révéler de futures opportunités d’affaires entre les deux pays, et à terme de définir un nouveau modèle de coopération technologique. Les résultats de notre étude vous seront communiqués dès la fin de l’année, et la synthèse globale sera présentée publiquement.
Pour tout renseignement complémentaire sur ce projet, n’hésitez pas à contacter la société RCG Consulting à qui nous avons confiée la réalisation de cette étude, et dont vous trouverez les coordonnées dans l’introduction de ce questionnaire.
Je vous prie d’agréer, chère Madame, cher Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
Etienne COFFINrn Sous-Directeur International.
Les critères de sélection des entreprises / technologies clés
Une série de critères ont été définis afin de déterminer les entreprises et technologies clés étudiées et interviewées pendant l’ étude.
Au niveau des entreprises
La cible choisie pour l’étude est celle des entreprises de taille petite ou moyenne. Pour assurer une bonne représentativité des témoignages et prendre en compte les expériences les plus pertinentes, le panel choisi pour les interviews a néanmoins été délibérément élargi aux entreprises de grande taille et aux institutions publiques. Pour chaque sous-secteur, une liste d’entreprises a été identifiée selon les critères suivants :
1. Positionnement de l’entreprise dans son sous-secteur
L’étude s’attache à contacter les « champions » de chacun des domaines technologiques analysés. Dans ces sous-secteurs, les 30/50 principaux acteurs sont contactés et sollicités pour interview.
2. Potentiel d’intérêt pour Israël ou pour la France
Dans la mesure du possible, les entreprises identifiées comme ayant déjà démontré un intérêt envers les entreprises et technologies françaises ou israéliennes ont été contacté.
3. Taille et ancienneté de l’entreprise
Dans certains des sous-secteurs, les entreprises les plus jeunes sont a priori les moins susceptibles d’engager des partenariats de recherche et développement. Ceci n’est par contre pas le cas dans des domaines tels que la biotechnologie ou la carte à puce. En conséquence, l’étude a favorisé les entreprises de plus de 10 employés et ayant au moins 2 ans d’existence, mais est restée ouverte pour des sociétés plus petites dans certains des domaines.
Au niveau des technologies
Les critères de sélection choisis sont les suivants :
1. Presence forte de la France et d’Israël dans le sous-secteur
2. Potentiel élevé de coopération en Recherche et Développement
3. Possibilité de créer des synergies (1+1=3)
4. Attraits et atouts des technologies. La sélection des technologies reprend l’approche générale utilisée lors de l’étude “technologies 2005” réalisée pour la Direction générale de l’Industrie, des technologies de l’information et des Postes :
- Attraits : enjeux industriels et économiques, dynamique des technologies, enjeux nationaux, enjeux environnementaux, enjeux sociétaux. Une attention particulière sera portée au degré de développement des technologies (horizon de développement court), et aux liens éventuels avec d’autres technologies clefs.
- Atouts : atouts scientifiques et techniques, atouts industriels et commerciaux.
1.3 Sélection des cinq sous-secteurs clés de la coopération France-Israël et identification des entreprises clés
L’approche décrite ci-dessus a permis d’affiner au fur et à mesure une sélection de niches technologiques à fort potentiel de complémentarité France-Israël.
Une première sélection de secteurs a été établie à l’issue de l’étude préliminaire. L’analyse de nombreuses études et revues parues en 2001 telles que Israel High-Tech Investor, ou Start-Ups & Innovations, A Guide to Israeli Start-Ups and High-Tech Projects (Office of the Chief Scientist, Ministry of Industry and Tarde) en Israël ou telles que le rapport Technologies for the third millenium du Ministère de l’Economie des Finances et de l’Industrie en France a abouti à l’identification des secteurs technologiques « incontournables » de l’industrie française et de l’industrie israélienne.
Des études plus précises ont par la suite permis d’identifier des sous-secteurs, puis des technologies clés. L’étude sur les Technologies clés 2005, entreprise sous l’initiative de la direction générale de l’Industrie, des technologies de l’information et des postes, a par exemple permis d’identifier 119 technologies clés françaises au travers de recherches menées par plus de 100 experts issus du monde de l’industrie et de la recherche.
Divers supports tels ques le études et guides réalisés par le Matimop (par exemple The Israeli Biotech Guide 2001) ou les revues de la Chambre de Commerce France-Israël ont également permis d’identifier les pricipaux axes de développement technologiques d’Israël :
• Encryption et data technologiesrn• Formation assistée par ordinateurrn• Optroniquern• Applications agroalimentaires des Biotechnologies
• Telecommunicationsrn• m-commercern• Software developmentrn• Intelligence artificiellern• Imaging et technologies de visualisation
Des études plus fines, telles que la cartographie des biotechnologies en France réalisée par le cabinet Ernst & Young ou l’étude France Biotech sur les Biotechnologies en France, ont permis de préciser les sous-secteurs clés de l’industrie en France et en Israël.
Enfin, les interviews réalisés auprès des entreprises et des experts sectoriels ont permis de focaliser l’ensemble de l’étude sur cinq domaines clés pour la coopération technologique France-Israël :
La carte à puce et la sécurité
Les biotechnologies
Les logiciels
L’instrumentation médicale
La communication sans fil
A l’issue de ces rencontres et des Comités de Pilotage de l’étude réalisés sur Tel Aviv, il est apparu qu’il était préférable de ne pas affiner davantage les domaines de focalisation de l’étude, afin d’éviter de négliger des pans industriels prometteurs et de privilégier des niches technologiques trop pointues (par exemple le criblage à haut débit dans le domaine des biotechnologies) pour lesquelles la visibilité sur le long terme est rarement suffisante pour autoriser un investissement exclusif.
Le schéma suivant synthétise les différentes étapes ayant mené à la sélection fine des cinq sous-secteurs.
Pour chacun des domaines identifiés, une sélection d’entreprises a par la suite été réalisée afin de déterminer les acteurs clés de ces sous-segments, aussi bien en France qu’en Israël. Le schéma de la page suivante présente un extrait de la synthèse sur les biotechnologies : ce premier tableau a permis par la suite d’affiner l’identification des entreprises et technologies clés pour la coopération technologique France-Israël.
Premiers résultats de l’étude préliminaire : identification des secteurs et technologies clés.
Secteur de la biotechnologie : croisement des technologies clés françaises et israéliennes, identification des entreprises.
Secteurs Technologies françaises clés Entreprises françaises clés Technologies israéliennes clés Entreprises israéliennes clésrnBiotechnologies
Biotechnologiesrn+
Applications médicalesrn+
Pharmarn+
Biochimiern+
Santé • Découverte et développement de médicaments
• Fonctional genomics, structural genomics, pharmacogenomics
• Drug delivery
• Discovery/ production/ development of therapeutic proteins and molecules of industrial interest
• Diagnostic instruments and products
• Vaccins recombinants
• Ingénierie des protéines
Cerep, Synt:em
Genset, Hybrigenics, Genfit, GenOdyssée, Exonhit, ValiGen.
Flamel Technologies, Biovector Therapeutics, Bioalliance Pharma, Drug Abuse Sciences, Synt:em, Nicox.
Meristem Therapeutics, Genoway, BIP-Biotech Inflection Point, Ab Tech, Bioprotein Technologies, Gentech, Vivalis, Proteus Pharma, Entomed, Neuro-3D.
Appligene Oncor, Chemunex, Diagast.
Biovector Therapeutics, IDM, BIP, Centre d’Immunologie Pierre Fabre, Aventis-Pasteur.
AbTech, Adiatec, Agro-Bio, Armor Protéines, Avidis, BioAtlantic SARL, Biocytex, BioFrance, Biorica, Biotrol, DiagnosticBio-Xtal, Capsugel, Cellectis SA, Cellpep SA, Centre d’Immunologie Pierre Fabre, Clabo Conseil France, Coletica, Diaclone SAS, Diagast Laboratoires, Diagnostica Stago, Entomed SA, France Luzerne, Genfit, Genodyssee SA, Génopoïétic genopoietic, Genosphere Biotechnologies, Gentech, GROSSERON, HLA-G Technologies, Hyphen BioMed, Imedex Biomatériaux, IMTIX-SangStat, Institut Oenologique de Champagne, Mainelab, Mediam, MERISTEM Therapeutics, MêTiS Biotechnologies, Millegen, Molecular Engines • Pharmaceutical & devices derived form genetic engineeringrn• Toolbox for genomic analysisrn• Telemedicine systemsrn• Laser Technologyrn• Medical and optical equipmentrn• Generic Industryrn• Fermentation, extraction, isolation, and purification of bioactive products from natural sourcesrn• Laser and intense light devices for aesthetic, dental and in-office marketsrn Biotechnology
CompugenrnCard GardrnESCrnMedinolrnTevarnFermentek
E .S.C. Medical Systems
Other biotechnology:
BioShaf Ltd., IMI (Tami) Institute for Research and Development Ltd., InterPharm Laboratories Ltd., Mindsense Biosystems Ltd., S.I. Biotechnology
Other Chemical and Pharmaceuticals:
D-Pharm Ltd., Green Vision Systems Ltd,
Identa Ltd., Teva pharmaceutical Industries,
Peptor (biotechnologies – drugs developement)
Other Medical:
Applied Spectral Imaging, I.M.T. Interface Multigrad Technology Ltd., Medis El Ltd.
ODIN Technologies Ltd., Orgenics, Picker Medical Systems Ltd.
1.4 Entreprises et experts consultés pendant l’étude
Interviews d’entreprises
95 interviews d’entreprises ont été réalisés dans le cadre de cette étude.
Sous-secteur en France En Israël
Cartes à puce & semiconducteurs XiringrnElvarnTronic’s MicrosystemsrnNeurocomrnKasysrnAxiome TechnologiesrnThales e-TransactionrnSTMicroelectronicsrnAirLiquide ElectronicsrnSchlumbergSemarnAtmel On Track InnovationsrnTranswayrnComsensernOrdacardrnPower paper
Biotechnologies HybrigenicsrnCEREPrnGenfitrnGenowayrnVivalisrnIDMrnCellectisrnInstitut Pasteur Keryx Biopharmaceuticals Inc.
XTLrnOrgenicsrnCompugenrnPharmosrnD-PharmrnOmrixrnBiotechnology GeneralrnMind Sense
Logiciels HardisrnB2IrnSomepostrnD.I.E.S (Delta International Electronic Service)
O++
IWIrnATEMErnDassault Systèmes
Magic SoftwarernSchlumbergerSemarnThomson multimedia MIND CTIrnMagic Software Enterprises Ltd.
Sapiens InternationalrnArel communications and softwarernAmdocsrnNICE Systems LDT.
Radware Ltd.
Cimatron Ltd.
Mercury InteractivernCheck – Point Software Technologies Ltd.
Click SoftwarernPercisernJacadarnAvivrnEntopiarnSafewww
Instrumentation Médicale Laboratoire AguettantrnGénie & EnvironnementrnJouan Card Guard Scientific Survival Ltd.
MedconrnItamar Medical
Communication sans fil AlcatelrnFrance Telecom Runcom Technologies Ltd.
Vocaltec communications Ltd.
Alcatel IsraelrnTeraSyncrnTelradrnAudiocodesrnGilat SatellitesrnEmblazernShiron Satellites
M-systemsrnRadwarernArelrnHeliossrnCelltrexrnLocationnetrnPaytonrnAlgotechrnComverse
Autres secteurs Saint-GobainrnOndeo (Traitement des Eaux)
Seso (opto-électronique)
Highwave optical Technologies (opto-électronique) IAIrnIndigornNur Macro PrintersrnATT
Interviews d’experts et de spécialistes
Les interviews des spécialistes des domaines étudiés ont constitué un apport fondamental dans la mesure où leurs témoignages sont caractérisés par une vision neutre sur la situation de leur industrie.
Les personnes suivantes ont été rencontrées afin d’optimiser la connaissance des secteurs et sous-secteurs, et de valider les premiers résultats de l’étude. Certaines de ces personnes ont participé aux Focus Groups organisés pendant l’étude.
Sous-secteur Experts Titre et sociétérnCarte à puce et sécurité D. Ankri
V. Errera
M. Guez
H. Sitruk
L. Henrion
Z. Nana
N. Domec Fondateur et Gérant, Smart IS Marketing,
Co-Chairman du Trailblazer e-Government de l’initiative européenne eEurope Smart Card
Président de l’association Actim Israël,
Directeur Général de Smart e Moon Ltd
SchlumbergerSema
Directeur Général de Mansit,
Ancien Directeur Général de Cyber-Comm
ANVAR
CEO M2M Europe
NeurocomrnBiotechnologies Prof. M. Revel
C. Policard
Prof. M. Herzberg
F. Revah
P. Benech
E. Halioua
J. Baixeras
A. de Francisco
A-C. Jouanneau et B. Jean-Jean
B. Jacq
N. Lypzsic
David Hazelko
Dr. Shaul FreirechrnChairman, Israel National Biotechnology Committee
Directeur de la Valorisation et des Partenariats Industriels, Institut Pasteur
Directeur Général de Orgenix, Chairman de EagerBio
Vice President, CEREP
Président du bio-incubateur IMVT, Ancien Président de l’AFIRST
Manager, Responsable des Sciences de la Vie,
Cabinet Arthur D. Little
Directeur de la Délégation aux Entreprises, CNRS
Déléguée Générale,
France Biotech
FIST
ANVAR
ConsultantrnLogiciels F. Dufaux
P. Guépet
J-P. Eybert
H. Tardieu
L. Kott
JM. Billaut
M. Dalipagic
A. Dan
R. Khalifa
Zeev Hadelman
Président de Syntec-Informatique et Directeur Général de SchlumbergerSema
Directeur Marketing, Magic Software France
Vice-Président de Syntec-Informatique
RNRT
Directeur Général, INRIA
Président, Atelier.frrn(BNP-Paribas)
Professeur, ISTM
Consultant
ConsultantrnInstrumentation Médicale P. Benech
Dr. I. Fermont
H. Saal
Dr. Rossin
Dr. Shmuel Goldshmidt
A. HadoramrnPrésident du bio-incubateur IMVT, Ancien Président de l’AFIRST
Laboratoires Leo
Ancien Directeur France de Lumenis
Chirurgien OrthopédisternCommunications sans fil J.L. Berrebi
E. BaranrnH. AchsafrnDr. A. RaichmanrnD. KleinrnH. Achsafrn Deloitte & Touche
Focus Groups
Trois focus groups ont été réalisés à ce jour. Le premier, sur les biotechnologies, s’est tenu dans le cadre des conférences FIBiom le 10 décembre 2001. Ont été invités à ce focus group :
• Frédéric Revah, CEREPrn• Eric Halioua, Arthur D. Littlern• Philippe Benech, IMVT (Innovation moléculaire à visée thérapeutique)
• Irène Fermont, Laboratoires Leo
Deux participants de FIBiom ont également participé à la reflexion menée par ces experts, et animée par Daniel Rouach : Prof. Michel Revel, de l’Institut Weizman, et Prof. Christian Policard, de l’Institut Pasteur.
Un deuxième focus group a été monté dans le domaine de la carte à puce le 18 décembre. Animé par Daniel Rouach et Patrice Santi, ce focus group a rassemblé les personnes suivantes :
• David Ankri, Smart IS Marketingrn• Nadia Domec, Neurocomrn• Alain Israël, Thalès e-Transaction
Un troisième focus group a été organisé le 16 janvier dans le domaine de l’instrumentation médicale. Animé par Daniel Rouach et Patrice Santi, il a rassemblé les personnes suivantes :
• Professeur Jacques BITTOUN, Université de Paris-Sudrn• Dr. Julian ITZCOVITZ, GE Medical Systems Europern• Mme Isabelle VALLEE, ANVARrn• Mme Isabel HEVIA, Ministère de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologiern• M. Ran Hervé SAAL, Ancien Directeur de Lumenis Francern• M. Norbert LIPSZYC, Sisgemrn• M. Dominique BOURRA, Chef de Projet pour la Coopération Technologique France-Israël ANVAR-Chambre de Commerce France-Israël
Comités de Pilotage
Au fur et à mesure de la progression de l’étude, des Comités de Pilotages ont été organisés en France et en Israël.
A titre d’exemple, le dernier Comité de Pilotage réalisé en France a réuni les personnes suivantes :
MM. Etienne COFFIN, Bruno COSSET et Alain MIERMONT,
Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industriern Mme Haya MILLER,
Office of the Chief ScientistrnM. Maurice SPORTICHE,
Ambassade de France en Israëlrn M. Ynon ELROY,
Ambassade d’Israël en FrancernMme Isabel HEVIA,
Ministère de la Recherchern
M. François GERARD et Mme Françoise LAMBERT,
ANVARrn
M. Dominique BOURRA et Mme Anne BAER,
Chambre de Commerce FRANCE-ISRAËL
Tout au long de l’étude, et parallèlement à ces réunions formelles, l’étude a par ailleurs bénéficié du soutien et de l’accompagnement de responsables du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, de l’ANVAR, du Poste d’Expansion Economique à Tel Aviv, du Matimop, de l’Ambassade d’Israël, de la Chambre de Commerce France-Israël et du Ministère de la Recherche : rencontres et interviews, transmission de documentation, constitution des échantillons d’entreprises.
2. SYNTHESE DES QUESTIONNAIRES ET ANALYSE STATISTIQUE
Ces résultats sont fondés sur un échantillon de 45 entreprises, dont 25 en France et 20 en Israël. Une centaine d’entreprises a été en réalité approchée, mais malheureusement, le retour des questionnaires ainsi que la transcription des interviews ne suivent pas le même rythme.
Cependant, ces résultats nous permettent déjà de dégager quelques grandes tendances qui peuvent servir de base à une partie plus opérationnelle de notre étude sur la mise en place d’une meilleure coopération entre la France et Israël.
2.1 Répartition sectorielle des entreprises
Les entreprises interrogées se présentent selon la répartition suivante.
Identification des entreprises interrogées
En France, l’échantillon a été construit à partir des questionnaires remplis par les entreprises suivantes :
Secteur Entreprise Contact ActivitérnBiotechnologies Cellectis David Sourdive Ingéniérie des génomesrn Hybrigenics Jean-Michel Gauthier R&D production de cibles ; bioinformatiquern Genoway Direction Générale Fournisseur de services pour modèles de recherche in vivo/in vitrorn Vivalis Direction Générale Production de protéines thérapeutiquesrn IDM Jean-Loup Romet-Lemonne Biopharma, immunothérapiern CEREP Frédéric Revah Drug discoveryrn GENFIT Direction Générale
Instrumentation médicale Laboratoire Aguettant Direction Générale
Otique SESO Direction Générale
NTIC DIES Direction Générale Electroniquern Somepost Direction Générale Software, solutions Internetrn Hardis Direction Générale Software, solutions Internetrn Tronic’s Microsystems Direction Générale Telecommunicationrn B2i Direction Générale Software, Electronique, Télécommunicationsrn Axiome Alain Grossman Software, solutions Internet Télécommunicationsrn Alcatel François Behague
Highwave Optical Direction Générale
Dassault Systèmes Francis Bernard
SchlumbergerSema François Dufaux
Cartes à puces et semi-conducteurs Xiring George Liberman
Elva Direction Marketing
Air Liquide Christophe Fontaine Semi-conducteursrn St Microelectronics Jean-Philippe Dauvin Semi-conducteurs
En Israël, l’échantillon s’est construit autour des entreprises suivantes :
Secteur Entreprise Contact ActivitérnNTIC Cimatron Ltd Nadav Katz, EVP Business Development Softwarern Optibase Software, Electronics, Telecommunicationsrn M-Systems Michael Khalifa, South Europe Sales Manager Software, Electronics, Telecommunications, Internet servicesrn Israel Aircraft Industries David Harari, VP R&D Aerospace technologyrn Amdocs Marc Issan, Sales director to Europe
Nice Systems Haim Shani, President & CEO Software, Telecommunicationsrn Sapiens Intl Moshe Shamir, Vicepresident, Marketing & Corporate services Softwarern Vocaltec Communications Brightee Shalom, Director General Marketing Telecommunicationsrn Runcom Technologies Zion Hadad, CEO & Founder Telecommunications & Wireless system solutionsrn Card Guard Dan Gazit, EVP & CFO Softwarern Gilat Satellite Avi Gal, Director R&D Telecommunicationsrn Arel Communications Riri Elfassy, VP Marketing Software, Internet solutionsrnBiotech Keryx Biopharmaceuticals Ron Bentsur, Investor Relations Drug discoveryrnMedical devices Itamar Medical Ltd
Smart cards OTI Oded Bashan, President & CEO
2.2 Réponses apportées au questionnaire
Cette partie reprend, par thème, les réponses apportées aux principales questions posées aux entreprises consultées. Les tableaux présentés sur fond rouge reprennent les résultats des entreprises interviewées en France. Ceux présentés sur fond bleu présentent les résultats obtenus auprès des entreprises israéliennes.
Connaissance de l’économie et du marché
Près de la moitié des entreprises israéliennes interrogées estiment avoir une bonne connaissance de la France et de son tissu économique. Ce pourcentage est néanmoins inférieur à un tiers en ce qui concerne les entreprises françaises.
Analyse des réponses
Près de la moitié des entreprises israéliennes interrogées estiment avoir une bonne connaissance de la France et de son tissu économique, alors que ce pourcentage est inférieur à un tiers en ce qui concerne les entreprises françaises.
Parmi les entreprises qui ont répondu à cette question, nous avons en réalité la totalité des entreprises israéliennes qui avouent avoir une connaissance bonne ou moyenne de la France et de son économie, alors que ce pourcentage descend à 80% en France : 20% des entreprises françaises qui nous ont donné une réponse avouent avoir une faible connaissance d’Israël et de son économie.
Il est possible d’expliquer cette différence par le fait qu’Israël étant un pays multiethnique, multiculturel et très ouvert sur le monde extérieur, il est plus facile de trouver des Israéliens connaissant la France que réciproquement. Il existe d’ailleurs une importante communauté française en Israël. Cependant, si les Israéliens prétendent connaître la France, ils connaissent peut-être moins la culture française et la technologie française. C’est l’impression laissée à quelques Français ayant travaillé avec des Israéliens.
« Si les Israéliens prétendent connaître la France, cela veut dire qu’ils aiment le pays et sa culture, mais ils ignorent bien souvent la France technologique,» nous confie François Behague, Vice-président Innovation et Développement chez Alcatel.
Les raisons du manque de connaissance
Comme l’indiquent les tableaux suivants, les deux raisons les plus citées par les Français et par les Israéliens sont le manque d’information et la difficulté de trouver le bon interlocuteur.
Les entreprises françaises et israéliennes estiment avoir des informations insuffisantes et peu fiables respectivement à 52% et 50%. Elles recherchent en grande majorité deux éléments :
- Où jouer ? : informations sectorielles, technologies développées, opportunités technologiques.
- Avec qui jouer ? : informations sur les différents acteurs – entreprises, associations, banques, grands actionnaires.
Il est intéressant de noter que la plupart des entreprises françaises interviewées sont potentiellement intéressées par des partenariats avec des entreprises israéliennes, mais ne connaissent ni les technologies, ni les acteurs. Elles savent dans l’ensemble qu’Israël a un fort potentiel technologique grâce à une main d’œuvre très qualifiée. Comme le regrette François Dufaux, Président du Syntec, « aucune démarche réelle n’a été faite, excepté via l’Ambassade, pour présenter les sociétés israéliennes en France. Il faudrait le faire régulièrement car il s’agit d’un processus long, et non un one-shot. »
Dans les deux pays, il semble difficile de trouver seul le bon interlocuteur. En effet, la France et Israël sont des pays à réseaux ; seul, il est difficile de s’y intégrer et de savoir à qui s’adresser.
L’état actuel de la coopération et les perceptions mutuelles
Une grande partie des entreprises que nous avons interrogées ont déjà travaillé, pour les Français avec Israël (à hauteur de 64%) et pour les Israéliens avec la France (à hauteur de 75%). Les entreprises dans leur ensemble n’ont pas voulu donner de réponse sur la nature de la coopération.
Les questions suivantes permettent de savoir ce qui intéressait le plus les entreprises dans ces partenariats, des technologies ou des débouchés.
Pour 100% des entreprises françaises qui ont répondu, Israël représente un fort potentiel technologique. Le niveau d’éducation élevé, l’accent mis sur la recherche grâce quelques partenariats entre instituts de recherche et universités, la formation scientifique à l’honneur, sont les principaux critères évoqués par les Français pour évoquer l’attraction que les technologies israéliennes exercent sur eux.
Ce pourcentage est de près de 90% en ce qui concerne les entreprises israéliennes qui ont répondu. Ceci devrait donc rassurer bon nombre d’acteurs français dans les hautes technologies qui se plaignent de la méconnaissance que les Israéliens ont de la France technologique. Marc Issan, directeur des ventes Europe chez Amdocs le confirme d’ailleurs : “La France est très orientée vers la technologie. En fin de compte, un ingénieur français et un ingénieur israélien ont beaucoup en commun en terme de compétence et de professionnalisme”.
52% des entreprises françaises de notre échantillon considère qu’Israël est un marché stratégique. La petite taille du marché israélien, son isolement géographique dans une région instable, la situation politique actuelle en Israël ne semblent pas être des arguments suffisants pour décourager bon nombre d’entreprises françaises. Mais la réalité semble pourtant différente. Les entreprises françaises restent frileuses. Il y aurait donc un véritable potentiel de développement, et si des opportunités se présentaient, les entreprises françaises pourraient modifier leur comportement vis-à-vis du marché israélien.
Enfin, pour 85% des entreprises israéliennes, la France représente un marché stratégique pour leur développement. Les explications suivantes sont celles qui sont revenues le plus dans les questionnaires ou interviews. La France est en effet le premier pays européen en terme de population, plus consommateur de nouvelles technologies que producteur, et son marché peut servir de tremplin vers d’autres pays d’Europe ou d’Afrique francophone.
Le témoignage de Oren Zeev (Apax Partners), à l’occasion de « Go 4 Europe », conférence organisée par Cukiermann & Co à Tel Aviv le 26/11/01, va dans le même sens : « Israël peut devenir ainsi la Sillicon Valley de l’Europe, et notamment de la France. Il y a un vrai besoin (phénomène d’externalisation de la fonction R&D dans les grandes entreprises), moins de concurrents qu’aux Etats-Unis et c’est moins cher du fait de la proximité géographique.»
Les modes de coopération envisagés
Les entreprises israéliennes interrogées veulent travailler avec la France dans la même proportion pour mettre sur pied une coopération technologique que pour une coopération au niveau du marketing et de la distribution. Ce dernier aspect met en évidence une faiblesse reconnue des entreprises israéliennes de mettre sur le marché un produit qu’elles ont développé.
Quant à la forme de coopération envisagée, les résultats ne permettent pas de tirer des conclusions, si ce n’est que la plupart des entreprises interrogées sont indifférentes à cet aspect. Il s’agit de mettre en place une coopération, quelle que soit la forme qu’elle prendra par la suite, priorité d’aujourd’hui.
Les facteurs clés de la réussite d’un partenariat
Les trois facteurs du succès d’un partenariat entre la France et Israël peuvent se résumer par les 3C :
– Communicationrn – Compatibilitérn – Complémentarité
Les deux tableaux ci-dessous reprennent l’ensemble des facteurs proposés par les entreprises :
Succès d’un partenariat avec une entreprise israélienne….
Avec une entreprise française…
Les mêmes critères de succès pour des partenariats bi-nationaux France Israël reviennent ainsi au niveau des deux échantillons, mais avec un ordre de préférence différent :
Avec les sociétés israéliennes, les facteurs clés de succès sont :
1 Communication entre les partenaires (76%)
2 Compatibilité des domaines d’activité et complémentarité des produits et services (52%)
3 Complémentarités des produits / services (44%)
Avec les sociétés françaises, les facteurs clés de succès sont :
1 Compatibilité des activités (40%)
2 Communication entre les partenaires (30%)
3 Complémentarités des produits / services (25%)
N.B. : Pour réaliser ces statistiques, nous avons fait le choix de sélectionner dans le questionnaire uniquement les réponses des colonnes 5 et 4 (critères « très importants » et « importants »). Les entreprises interrogées ont donné en moyenne trois réponses à cette question, ce qui explique le type de pourcentage que l’on peut trouver ici.
Les principaux obstacles aux partenariats
L’analyse des questionnaire indique qu’il existe essentiellement trois facteurs qui rendent plus difficile la coopération entre entreprises françaises et israéliennes :
- le facteur « entreprise »rn- le facteur « culturel »
- le facteur « social »
Le « facteur entreprise » exprime en réalité le manque de connaissance que les entreprises ont les unes des autres. Dans le cadre d’une recherche de partenariats, il n’est pas sûr que la réalité de l’entreprise cible est bien appréhendée.
Il est possible de regrouper sous la dénomination « facteur culturel » quatre éléments : les barrières culturelles, l’incompatibilité des objectifs, la difficulté de communication dans le processus de coopération, et la différence dans la valeur du temps.
Sous la dénomination « facteur social », nous pouvons regrouper la difficulté de trouver le bon interlocuteur et le manque de réseau.
Les réponses obtenus auprès des entreprises sont présentées ci-dessous :
Nous pouvons synthétiser les statistiques ci-dessus de la manière suivante :
Nous pouvons extraire de cette représentation graphique trois conclusions générales:
1. Il y a une vraie méconnaissance de la réalité des entreprises israéliennes en France et françaises en Israël.
Un tiers des entreprises interrogées en font une barrière pour la construction de partenariats fructueux.
2. Le facteur culturel est de loin la barrière la plus importante à la coopération France – Israël.
Si cette réalité n’était pas aussi évidente dans le reste du questionnaire, elle saute aux yeux dans cette question. Si un partenariat entre entreprises françaises et israéliennes n’est pas un succès, ceci est essentiellement dû à une incompréhension de la mentalité de son partenaire :
- Différence de culture, qui peut poser un problème au moment de la négociation et surtout obstacle de la langue dans la mesure où la plupart des documents sen France sont rédigés en français et où l’anglais n’est pas aussi parlé qu’en Israël;
- Différence d’objectif : il nous a souvent été répété que les entreprises israéliennes affichaient trop souvent un objectif court terme alors que les Français ont des projections sur le long terme ;
- Différence dans l’appréhension du temps : les Israéliens veulent un résultat immédiat, ils vivent dans l’urgence, alors que les Français ont un processus de décision extrêmement long.
3. Le facteur social joue un rôle important. L’un des principaux obstacles à la coopération est la difficulté d’identifier et de rencontrer les bons partenaires.
Nous avions déjà découvert ces facteurs au travers d’autres questions, mais il devient clair ici que ce sont les principaux obstacles à franchir pour réussir un partenariat bi-national.
Nous pouvons aussi tirer des conclusions comparatives :
1. Les Israéliens connaissent un peu mieux les entreprises françaises que réciproquement.
2. Le facteur culturel est un obstacle bien plus grand pour la France que pour Israël.
Nous avons maintes fois entendus, au cours de nos rencontres, que le management interculturel était un véritable enjeu de la coopération France – Israël. Les Français restent très patriotiques et moins ouvert à l’international (même si cette tendance tend à changer), les Israéliens ont une plus grande faculté d’adaptation du fait de leur histoire.
3. Le facteur social est un obstacle plus grand pour les Israéliens que pour les Français.
La France est traditionnellement un pays dans lequel l’appartenance à un réseau est indispensable pour la réussite professionnelle. Ce fait est largement plus marqué qu’en Israël.
Données synthétisées
L’assistance attendue par les entreprises
Les entreprises rencontrées ont elles-mêmes identifié et défini leurs besoins en matière de partenariats.
Les besoins des entreprises israéliennes
Une assistance opérationnelle :
- Une assistance au niveau technologique : identifier tout d’abord les besoins d’une entreprise israélienne et trouver ensuite une entreprise cible en France pour mettre en place une collaboration ;
- Une assistance au niveau marketing pour les entreprises israéliennes en leur trouvant des distributeurs pertinents en France.
Une assistance relationnelle :
- Ouvrir les portes des bonnes organisations (associations d’entreprises, institutions publiques ou privées de soutien, etc.) ;
- Organiser des rencontres entre entreprises françaises et israéliennes. Malheureusement, les Français ne participent généralement pas aux salons internationaux ;
- Identifier le bon interlocuteur au sein des bons organismes ;
- Améliorer l’image de marque que Israéliens ont auprès des Français, eût égard aux relations privilégiées et vues comme quasi-exclusives qu’ils entretiennent avec les Américains.
- Une assistance pour trouver des représentants locaux ;
Une assistance théorique :
- La construction d’un modèle de partenariats: il s’agirait d’un consortium au sein duquel seraient rassemblées plusieurs entreprises des deux pays (dans le but de réaliser une percée technologique majeure), des instituts de recherche et des universités.
Les besoins des entreprises françaises
Assistance relationnelle :
- Organiser des rencontres avec des entreprises pertinentes de chaque secteur ;
- Organiser des rencontres avec des banques ou des agents gouvernementaux ;
- Identifier des représentants locaux ;
- Faire découvrir la France technologique, qui est trop souvent sous-estimée aux Israéliens par l’organisation de voyages
Assistance à une meilleure compréhension de l’environnement :
- Mettre en place une structure dont le but est de faire connaître et comprendre l’environnement politico-économique, ses enjeux et ses impacts sur la vie des entreprises ;
- Favoriser une meilleure visibilité du marché ;
Assistance opérationnelle :
- Identifier les intérêts communs ;
- Etablir une cartographie des entreprises d’un secteur, leurs stratégies, leurs technologies ;
- Elaborer des propositions de partenariats.
Conclusion
Les résultats présentés ci-dessus ne sont représentatifs que d’un petit nombre d’entreprises. Cependant, s’il n’est pas possible aujourd’hui de tirer des conclusions définitives, nous pouvons tout de même dégager quelques grandes tendances.
Les Français considèrent dans leur plus grande partie qu’Israël représente un potentiel important aussi bien en amont qu’en aval de leur entreprise, c’est-à-dire à la fois en termes de technologies et de débouchés. Ce sentiment est partagé par la majorité des Israéliens quant à la France.
Cette simple constatation est prometteuse d’une plus grande collaboration entre la France et Israël.
S’il existe des barrières qui gênent la réussite des partenariats bi-nationaux, elles sont loin d’être insurmontables. Il est par ailleurs étonnant de se rendre compte que ces obstacles sont les mêmes pour les Français que pour les Israéliens. Les solutions proposées par les entreprises vont également dans le même sens des deux côtés, ce qui simplifie d’emblée la mise en œuvre d’une aide concrète à la collaboration binationale.
3. COMPLEMENTARITES TECHNOLOGIQUES FRANCE-ISRAEL : ANALYSE DE CINQ SOUS-SECTEURS CLES
Après une approche globale multi-secteurs, cette partie présente l’analyse des cinq sous-secteurs identifiés lors de l’étude :
3.1 Carte à puce et sécurité
Les technologies de la carte à puce apparaissent comme un domaine particulièrement intéressant pour les complémentarités France-Israël. Les entreprises françaises dominent en effet le marché mondial, et les sociétés israéliennes ont su développer des compétences techniques pointues, notamment au niveau de la sécurité. Ce secteur de la sécurité est l’un des grands domaines d’expertise d’Israël, et la carte à puce lui offre des applications nombreuses et à fort potentiel de développement.
3.1.1 Présentation du domaine étudié
La carte à puce est une carte plastique de dimension donnée incluant un semi-conducteur lui permettant de stocker mais aussi de traiter des informations. On distingue deux types de cartes à puce : les cartes à mémoire et les cartes à microprocesseur.
• Cartes à mémoire
Utilisant un microcircuit de type mémoire, cette famille de cartes stocke de la valeur à consommer ou de l’information. Exemple : les cartes téléphoniques.
• Cartes à microprocesseur
A la zone mémoire, ce type de cartes ajoute des fonctionnalités informatiques pilotées par un microprocesseur qui exécute les commandes du logiciel chargé dans la puce.
La carte à puce se présente généralement sous la forme d’un rectangle de plastique à bords arrondis au format 85,6 × 54 mm. Le plastique dont elle est faite peut être soit de l’ABS (Achrilonitryl Butadiène Styrène), un plastique recyclable mais non embossable, soit du PVC (Poly Vinyl Chlorure), qui quant à lui est embossable mais non recyclable. Cette carte est dotée d’un circuit électronique miniaturisé, une puce, incrusté sous les contacts d’un micromodule.
Les multiples applications de la carte à puce
En dehors de son aspect le plus répandu à travers la télécarte à puce, le système de la puce elle-même est la source de nombreuses autres applications. Que ce soit dans les télécommunications, dans les transports, dans le visuel, dans les finances, dans le marketing, la puce électronique devient vite une technologie indispensable.
Les télécommunications :
C’est l’un des secteurs dans lequel la puce est la plus répandue. En effet, tout ce domaine est centré autour de la téléphonie. Celle-ci peut être d’ordre privée avec l’utilisation des GSM : Global System for Mobile Communications (téléphones portables), avec des cartes comme la carte Pastel (France Telecom) qui permet à l’utilisateur d’être débité en différé sur son compte mais de pouvoir utiliser le réseau téléphonique publique (cabines…). Elle peut également être d’ordre publique à travers l’utilisation de la télécarte dans des cabines extérieures ou publiphones.
Les transports :
La carte à puce est de plus en plus utilisée dans le domaine du transport, avec notamment les cartes sans contact correspondant à un titre de transport. Les cartes à puce sans contact présentent la particularité de communiquer sans contact avec un lecteur, à distance, par radio fréquence ou hyper-fréquence.
La santé :
Dans ce domaine, la carte à puce commence à bien se développer, notamment à travers la carte Sésame ou la Biocarte qui laissent croire à une ouverture du marché dans ce secteur. Grâce à la carte Sésame Vitale, le médecin peut accéder à des renseignements très précis sur son patient mais surtout de manière très rapide. On y voit une grande facilité d’utilisation et un contrôle de la sécurité des données.
Les banques :
Les applications bancaires de la carte à puce (cartes débit et cartes de crédit) reste, avec les cartes de téléphonie, les plus importantes en matière de volume. De plus, l’instauration du standard EMV par Europay-Mastercard-Visa et la nécessité de remplacer toutes les cartes bancaires à piste magnétique d’ici 2005 assurent un essor constant de ces applications.
Le marketing :
Les cartes à puce commencent à être utilisées comme cartes de fidélité, la puce des cartes stockant les informations relatives au client, et étant dotée d’applications de paiement permettant de fidéliser les achats. Les cartes à puce offrent en effet la possibilité de travailler « off ligne » et permettent d’avoir une accumulation immédiate des points ou des remises avec la possibilité de s’en






