ISRAELVALLEY.COM EXCLUSIF : Rencontre avec Amit Mor, Research projects manager chez Do-Coop, une des entreprises de Biotechnologies les plus prometteuses au monde.

Rubrique
Recherche & développement
Par
Mickael Finkelstein
Publié le
11 octobre 2007

Do-Coop a été créée en 1997 par Eran Gabbai dans le but de développer et de commercialiser des nouveaux matériaux aqueux issus des nanotechnologies.

Après 7 ans de R&D, Do-coop a créé son premier produit appelé « Neowater », une eau « nanotechnologique » aux propriétés impressionnantes. La commercialisation de ce produit a commencé en 2004 et visait alors principalement les marchés du diagnostic moléculaire et celui de la recherche dans les sciences du vivant.

Aujourd’hui, la palette d’application de Do-Coop s’est beaucoup développée et une partie importante de la R&D consiste par exemple à proposer des services de solubilisation aux entreprises pharma et biotech pour améliorer les biodisponibilités et la solubilité des médicaments actuels.

Do-Coop a déjà reçu 3 récompenses du célèbre bureau Frost&Sullivan pour le caractère innovant de sa technologie et pour son apport aux sciences actuelles.

Do-Coop compte 20 employés dont la moitié travaille dans la R&D. L’entreprise a reçu récemment l’accord de la FDA aux USA.

Israelvalley a rencontré sur son lieu de travail Amit Mor, Research Projects Manager de Do-Coop qui nous a présenté l’entreprise, les différents produits et les différentes technologies de l’entreprise.

Neowater

Le neowater est le produit phare de Do-Coop. Cela ressemble à de l’eau, « il est impossible de différencier l’eau normale et la Neowater à l’oeil nu uniquement, sans autre technologie analytique » assure Amit.

Cette eau est en réalité un produit High Tech très perfectionné issu des nanotechnologies. Certains parlent même d’eau miraculeuse pour qualifier ses applications et ses résultats.

Pour faire simple, Neowater est un système très stable composé de nanoparticules qui modifient les propriétés physiques des molécules avoisinantes.

« L’idée est simple » résume Amit, « dans le corps humain, l’eau est très stable et a une basse entropie (l’entropie caractérise le « désordre » d’une réaction, ndlr). Cela permet de réaliser des réactions chimiques dans les cellules avec très peu de réactifs, alors que lorsque nous essayons de réaliser les mêmes réactions à notre échelle, les quantités de réactifs sont bien plus importantes à cause du « désordre » de l’environnement. Nous avons réussi à créer une eau qui imite celle intracellulaire et qui a une entropie très basse » ajoute-t-elle.

Amit nous explique ensuite la particularité de cette eau et comment elle a été inventée :
« Il y a plusieurs années, Y.Aharonov et E.Ben Jacob, deux célèbres scientifiques de l’Université de Tel Aviv ont découvert que les Radio Fréquences (RF) pouvaient changer les propriétés de l’eau. En appliquant des RF, on peut ordonner de l’eau. Les RF forment des bulles stabilisées par un réseau de nanobulles autour de chacune d’entre elles.

Le problème était alors la durée, l’eau étant stabilisée pendant 2 ou 3 heures seulement avec cette méthode.

Eran a alors eu l’idée de reprendre le même processus en ajoutant au process précédent une étape : après la phase des RF, la bulle centrale est remplacée par des particules de cristal. Dans Neowater, le cristal stabilise l’ensemble du réseau de nanobulles qui le stabilise aussi.

L’eau est encore plus « ordonnée » et la stabilité dure bien plus longtemps. Nous avons déjà vérifié la stabilité sur des dizaines d’années et je pense qu’elle peut durer des centaines d’années voire éternellement » affirme Amit.

« C’est comme une montgolfière, le ballon a besoin des hommes pour ne pas s’envoler trop haut et les hommes ont besoin du ballon pour décoller » explique Amit dans une représentation métaphorique du système.

La réalité physique est pourtant plus compliquée et plus excitante encore. La Neowater est en fait dans un état métastable, les chercheurs israéliens pensent qu’elle est dynamique à l’échelle nanométrique et qu’elle est stable à une plus grande échelle.

Pour illustrer le caractère surprenant de cette eau, Amit nous relate une expérience du Professseur Ulitzur du Technion qui est aujourd’hui un conseiller extérieur de Do-Coop :

Le Professeur travaillait sur des bactéries luminescentes qui font de la lumière si le milieu est propre et qui ne brillent plus si le milieu est toxique (une société, Check light, a d’ailleurs été créée pour exploiter cette particularité). La première observation est que pour une même contamination, les bactéries brillent dans Neowater mais ne brillent pas dans de l’eau normale ».

Amit nous explique alors que de nombreux scientifiques effectuent de la recherche fondamentale, en parallèle de la R&D orientée vers les applications, pour véritablement « comprendre » cette eau.

Les applications

Les applications de la Neowater semblent immenses. A chaque fois qu’une nouvelle application est envisagée, les résultats dépassent les espérances.

Une première application a été de rendre possible la PCR (Polymerase Chain Reaction) « freeze free », c’est-à-dire sans congeler les réactifs. La stabilisation nécessaire qui était rendue possible avant par réfrigération se réalise avec Neowater à température ambiante !
Ce premier produit a été développé en partenariat avec l’entreprise israélienne Karnieli Ltd.

La Neowater a également permis de réaliser des pièges à moustiques… !
Les moustiques repèrent le gradient de carbone inorganique et ils piquent là où ils voient du CO2. Or la Neowater contient 6 fois plus de CO2 que de l’eau normale… Et plus que le sang humain.
Ainsi, si le moustique a le choix entre un verre de sang et un verre de Neowater, il préférera aller piquer la Neowater, d’où son utilisation dans les pièges à moustiques.

La société qui commercialise le piège à moustiques qui utilise Neowater s’appelle Westham.

Amit nous explique ensuite d’autres applications déjà en travaux telles que la collaboration avec des entreprises pharmaceutiques et de cosmétiques pour l’administration de médicaments ou de crèmes, ainsi que l’amélioration de médicaments déjà existants.

Le pôle R&D de Do-Coop travaille aussi beaucoup sur la stabilisation des enzymes.

Amit nous explique enfin un intérêt très prometteur de la technologie Neowater : « Aujourd’hui, pour stabiliser les vaccins, il faut refroidir les systèmes, c’est pourquoi il faut envoyer des convois réfrigérés pour transporter les vaccins. Avec Neowater, il peut être possible de transporter ces mêmes vaccins à température ambiante ! »

Le côté business

Amit nous présente ensuite Eran Gabbai, le fondateur et le scientifique derrière l’invention de Neowater. Ce dernier nous explique les besoins de Do-Coop :

« Nous ne cherchons pas d’investisseurs, nous cherchons des collaborateurs pour faire de la R&D. Nous voulons travailler en licencing ». Eran Gabbai nous explique ensuite que Neowater a reçu les autorisation FDA (Food and Drug Administration), DMF (Drug Master file) et GMP (Good Manufacturing Practise) et que Do-Coop a déjà des partenaires dans le monde entier.

Do-Coop possède un partenaire français que nous ne pouvons pas révéler. Il s’agit d’une entreprise pharmaceutique de la région parisienne qui possèderait une vingtaine de personnes.

Amit ajoute ensuite qu’ils cherchent d’autres partenaires, « les applications sont tellement grandes que nous ne pouvons pas tout développer tout seuls ».

Conclusion

Amit conclut l’entretien en nous précisant les objectifs de développement de Do-Coop. Do-coop veut rester une entreprise d’IP et travailler par licensing. Elle précise que Do-Coop recherche des partenaires.

Son sentiment personnel est enthousiaste : « à chaque fois nous découvrons de nouvelles propriétés de cette eau et de nouvelles applications, c’est vraiment très excitant ».

L’entretien finit par une démonstration des capacités de la Neowater : « nous avons déjà réussi à améliorer de nombreux médicaments, par exemple nous avons eu des résultats exceptionnels avec le Taxol, qui ne marche pas avec l’eau mais qui marche très bien dans le Neowater, idem pour la Cephalosporine et la Cyclosporine. »—

Amit Mor, Research projects manager chez Do-Coop Technologies

Propos recueillis par Mickael Finkelstein, copyright israelvalley.com

Pour en savoir plus sur Do-Coop : http://www.docoop.com

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