Avions sans Pilotes : "la" spécialité d'Israël

Rubrique
Défense & aéronautique
Par
Philippe Assayah
Publié le
31 décembre 2005
Mots-clé
aéronautique - drônes

Si de 1948 à 1967 (guerre des six jours), lsraël a réussi à prendre le dessus lors des guerres contre ses opposants, la guerre de 1973 (Yom Kipour) a montré une hausse des pertes d’avions chasseurs dont la plupart étaient le fait des missiles sol-air syriens. Parmi les leçons tirées de cette guerre, Israël était décidée à se lancer dans la R&D et la fabrication des drônes.

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UAV: qu’est-ce que c’est?

Un drône ou UAV (Unmanned Air Vehicles – avions sans pilote) typique inclut les systèmes suivants: drône, charge utile aéroportée, station de contrôle au sol, liaison consistant entre l’avion et le terminal au sol transmettant les informations, sans pour autant risquer de s’exposer à un engagement dans les hostilités.

Les avions sans pilote à usage militaire ont pour objectif de repérer le territoire ennemi. A l’origine, l’idée majeure des israéliens en développant des drônes, était de limiter au maximum la perte de pilotes en cas de guerre.
Les drônes sont apparus également comme des outils indispensables dans la chaîne du renseignement car ils permettent d’avoir un oeil sur les situations de crise et surveillent le champ de bataille adverse.

Pour l’instant les missions des drônes se cantonnent à des missions de reconnaissance et il faudra un véritable bond technologique pour passer à de véritables missions de combat (principalement parce que ce sont des situations très rapidement changeantes face auxquelles l’intelligence humaine se montre encore bien plus à l’aise qu’un ordinateur).

Ces engins jouèrent un rôle important dès la guerre du Liban et servirent de leurres face aux défenses anti-aériennes syriennes. Ils s’inscrivent dans une stratégie résolument tournée vers la recherche militaire et technologique.

Israël a favorisé le développement d’une industrie nationale forte

Israël a développé la production des drônes à l’échelle nationale mais aussi à l’export sous forme de ventes d’appareils existants ou de partenariats et son industrie a développé des produits de défense reconnus mondialement. L’argument principal est que les productions ont prouvé leur efficacité au combat. Les produits développés répondent aux exigences de réaction rapide sur le terrain, de mobilité.

Israël a développé par effet de diffusion technologique une véritable industrie du drône autour d’un grand acteur Israël Aircraft Industries (IAI) et une multitude de petites entreprises spécialisées chacune dans des niches.

IAI est devenue la plus vieille et la plus importante productrice d’avions sans pilote du Moyen – Orient. Elle a développé de nombreux appareils (Pioneer, Hellstar, Searcher, Impact, Harpy). Israël et les Etats-Unis ont constitué les principaux marchés de IAI qui a pénétré les marchés européens avec ses deux principales filiales actives dans la technologie des drônes : IAI ELTA Electronics Industries Ltd. qui s’occupe de la sécurité des communications avec les drônes et IAI MALAT DIVISION spécialisée dans le design, le développement et la construction de drônes.

Pour les acteurs industriels européens, américains, israéliens l’intérêt pour la robotique aérienne se double de perspectives multiples d’applications civiles. En effet, nombre de missions civiles pourraient en effet être conduites de façon économique avec des drônes pour surveiller les frontières, détecter les incendies de forêt ou cartographier les champs de mines après un conflit, voire évaluer les sinistres à la suite d’une catastrophe majeure, nucléaire ou autre. Ces engins ouvrent ainsi une voie de diversification appréciable pour une industrie aéronautique secouée d’une manière cyclique par des crises.

Le marché civil est en pleine expansion (les principaux fabricants mondiaux sont Teledyne Ryan Aeronautical et Northrop Grumman pour l’Amérique, Target Technologies et l’Aérospatiale pour l’Europe, IAI en Israël, Kentron en Afrique et Fuji Heavy Industries pour l’Asie) en raison de la multitude des besoins en la matière et des nombreux usages que l’on peut imaginer de ces avions sans pilotes.

L’analyse de ce secteur révèle des éléments clefs de la stratégie israélienne :

  • réussir coûte que coûte sur le long terme en utilisant l’innovation technologique comme priorité et arme absolue et engager un véritable partenariat technologique avec des industriels étrangers afin de bénéficier de technologies et savoir- faire sans aucune limitation. Les Israéliens sont devenus des spécialistes du “dialogue technologique” avec les entreprises leaders américaines.
  • absorber toute technologie et savoir-faire sans supporter le “not invented here syndrome”. Les industriels et innovateurs du pays n’ont aucun complexe à intégrer des know- how étrangers dans leur développement produit et utilisent d’une manière quasiment scientifique le “reverse engineering”(démontage des produits concurrents pour les reconstituer).
  • utiliser la veille technologique et l’intelligence économique comme outil de management. Dans la mesure ou ce secteur est très compétitif et pour éviter de se faire dépasser par des concurrents les Israéliens sont sans cesse en train d’analyser les stratégies opérationnelles des acteurs du marché.
    La veille technologique est fondamentale dans ce secteur et il est indéniable que les autorités israéliennes ne négligent aucun effort pour rassembler des informations de toute nature.
  • bénéficier d’une aide (financement de R&D, commandes d’essai, exemptions de taxes, zone franche…) directe ou indirecte des autorités civiles ou militaires qui par effet de “saupoudrage” des commandes et budgets de recherche très limités laissent vivre plus d’une vingtaine de mini-entreprises qui foisonnent autour du leader industriel IAI.

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