En Israël, Actualités Juive visite un atelier secret de fabrication du Chofar.

By |2018-09-13T09:32:34+00:00septembre 13th, 2018|Categories: CULTURE|
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Un article de Nathalie Sosna-Ofir.

Le Chofar est censé réveiller l’âme. Quant à Eli Ribak et Zvi Barsheshet, ils continuent de perpétuer celle de leurs familles qui, depuis des générations, ont consacré leur vie à sa fabrication.

Le Chofar est le témoin de l’histoire biblique  C’est au son du Chofar que la Torah aurait été donnée à Israël. Que la muraille de Jéricho se serait écroulée. C’est aussi le chofar qui annoncera l’arrivée du Messie. Il rythme la vie juive. Accueille la Reine Chabbat, annonce l’avènement d’une nouvelle année ou d’une nouvelle lune et marque la fin du jeûne de Kippour. On le fait sonner lors des mariages et quand un nouveau Sefer-Torah entre dans une synagogue. Il accompagne aussi l’histoire d’Israël. En 1967, quand Jérusalem est réunifiée, le rabbin Shlomo Goren s’approche du Kotel et fait résonner le Chofar. L’émotion est alors à son comble. C’est aussi au son du Chofar que les otages retenus à Entebbe reviennent en Israël. Et on en sonne aux cérémonies d’investiture d’un nouveau président.

Aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de chofars sont fabriqués chaque année en Israël. La plus ancienne fabrique est sans nul doute celle que dirigent ensemble depuis trois décennies Zvi Barsheshet et Eli Ribak qui ont décidé de faire chofar commun après avoir été longuement concurrents. Le premier descend d’une lignée sépharade de fabricants de chofar depuis 15 générations. C’est en 1345, que le Rav Itshak Barsheshet, quelque part en Espagne, commence à en fabriquer. La famille expulsée d’Espagne se réfugie au Maroc. C’est de là que Meïr Barshechet part vers la France dans l’espoir de rejoindre la Palestine où il accostera avec l’Exodus. Pendant ce temps, dans la petite ville polonaise de Wlodawa, le rabbin Yacov Rossman commence lui aussi à fabriquer des chofars. Son talent est si exceptionnel que ses créations sont louées par les communautés juives de toute la Pologne. En 1927, le rabbin immigre en Palestine avec dans ses bagages quelques outils et devient le premier fabricant de chofars de Tel-Aviv. N’ayant pas d’enfants, c’est à son cousin Avraham Ribak qu’il transmet ses secrets.

Plusieurs dizaines de milliers de chofar sont fabriqués chaque année en Israël

Aujourd’hui, les Chofars produits par Eli Ribak, le fils d’Avraham et Zvi Bar-Sheshet, celui de Meir, sont recherchés par les communautés religieuses et les collectionneurs du monde entier. L’accès à leurs ateliers n’est réservé qu’à de très rares privilégiés. Dont Actualité Juive. On y voit des centaines de cornes non encore traitées qui attendent d’être cachérisées, stérilisées et polies. Elles doivent être exemptes de fissures et de trous. Le tout réalisé avec des outils improvisés par les deux familles au fil du temps et dont les ouvriers prennent grand soin. Pinces, tenailles, polissoirs transmis de génération en génération. Le sol est jonché de sciure et un parfum brûlé plane dans la pièce. Quant aux secrets de fabrication, ils sont jalousement gardés mais Eli accepte cependant de nous en livrer quelques-uns. « Les chofars traditionnels sont généralement fabriqués avec des cornes de bélier. Mais ceux des Yéménites à partir de cornes de bouquetin que nous importons d’Afrique ». Pourquoi un chofar est généralement droit ? « Car par le passé, dit-il, les Juifs n’étaient généralement pas autorisés à en porter ni à les utiliser, il était nécessaire de pouvoir les dissimuler entre le corps et la ceinture du pantalon. D’où sa forme. Cependant les chofars yéménites ont souvent la forme d’une spirale. Quant aux sons, ils diffèrent aussi selon les communautés. Les sépharades privilégient l’exclamation, les ashkénazes la lamentation et les Yéménites un son grave qui rappelle l’écho émanant de la montagne sur laquelle Abraham a sacrifié le bélier. Aujourd’hui les chofars produits par Ribak et Barsheshet sont exportés dans le monde entier. Il y en a de toutes sortes et à tous les prix. De 50 shekels à plusieurs milliers pour les commandes exceptionnelles.

Source : http://www.actuj.com

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