Le chanteur algérien Rachid Taha est mort. Israël lui rend hommage. Entre rock et raï.

By |2018-09-13T09:48:55+00:00septembre 13th, 2018|Categories: CULTURE|
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Rachid Taha, qui avait notamment repris Douce France avec son groupe Carte de Séjour, est mort à 59 ans d’une crise cardiaque dans la nuit de mardi à mercredi. En Israël, lesmédias ne tarissent pas d’éloges sur cet artiste qui avait visité Israël.

SELON LE JDD. « Il est mort dans son sommeil, dans la nuit de mardi à mercredi, à l’âge de 59 ans. Le chanteur algérien Rachid Taha s’est éteint suite à un arrêt cardiaque à son domicile des Lilas (Seine-Saint-Denis), laissant dans les mémoires une célèbre reprise de Douce France. Il était toutefois bien plus qu’un admirateur de Charles Trenet. Chez les disquaires, les albums de Rachid Taha se trouvent au rayon « World Music », désignation que le chanteur disait détester. Cet « oriental désorienté », comme il se décrivait pour le JDD en 2013, était pourtant bien un « homme monde », polyglotte, voyageant dès qu’il le pouvait même s’il aimait se ressourcer dans sa maison des Lilas, près de Paris.

Une enfance entre Led Zeppelin et Oum Kalthoum

Sa musique lui ressemble. Fan d’Elvis Presley, Rachid Taha aurait voulu être un rocker. Mais il ne pouvait renier ses origines, ce raï qu’il a appris dans la région de Mascara puis à Oran, en Algérie, où il a vécu les dix premières années de sa vie. En 1968, sa famille déménage en France, en Alsace puis dans les Vosges. Il y apprend le français à l’école et l’arabe littéraire chez lui. Ses camarades lui font découvrir les vinyles de Led Zeppelin, tandis que ses parents lui font écouter Oum Kalthoum, l’une des plus grandes chanteuses égyptiennes du 20e siècle surnommée « l’astre d’Orient ».

Issu d’une famille modeste, il doit travailler jeune. A 20 ans, il enchaîne les petits boulots, décrochant, à Lyon, un emploi d’ouvrier à l’usine Thermix. C’est là qu’il rencontre Mohammed et Moktar Amini, deux frères qui ont la même histoire que lui, des enfants d’immigrés entre deux cultures. Elevés au raï algérien et au rock français, ils décident de créer un groupe, Carte de séjour. Ils sont bientôt rejoints par trois autres membres et leur style particulier est rapidement repéré par un producteur.

Entre rock et raï, l’invention d’un style

Le grand public découvre Carte de séjour en 1982-1983, lors de la Marche des beurs à laquelle les membres du groupe participent. Lors du concert à la fin de la marche, ils font la première partie du groupe Téléphone. Ils passent à la télévision, notamment chez Michel Polac, et deviennent des porte-parole de la communauté française d’origine maghrébine. Prônant des valeurs d’intégration, ils marquent les esprits en 1986, en reprenant Douce France de Charles Trenet.

Le groupe se sépare en 1990 après avoir imposé leur musique « au croisement des Clash et d’Oum Kalthoum », comme le revendique Rachid Taha. Ce dernier débute très vite une carrière solo, avec un premier opus, Barbès, en 1991. A chaque album, l’artiste explore des genres différents : rock, raï, punk, chaâbi algérien, rythmes gnaoua et même musique techno. En 1998, il connaît un double succès avec son album solo Diwân – hommage aux grands noms du chaâbi algérien – et 1, 2, 3 soleils, le concert qui le réunit sur scène avec Khaled et Faudel. »

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