La Turquie laissera t-elle Israël devenir un acteur majeur du gaz dans la région?

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Les enjeux liés au gaz en Méditerranée ne concernent pas uniquement Israël et l’Égypte, mais sont également connectés à d’autres acteurs régionaux ou internationaux.

En premier lieu, la question de la domination énergétique ne se règlera pas sans l’irruption de la Turquie dans les stratégies locales. Erdogan veut, depuis longtemps, de faire de la Turquie un hub énergétique, une ambition qui entre en compétition avec les aspirations de l’Égypte, dont beaucoup considèrent désormais qu’elle est la seule à pouvoir réellement représenter une plaque tournante du gaz et un pays d’exportation vers l’Europe.

La Turquie a déjà prouvé qu’elle pouvait agir pour empêcher le développement d’autres États de la zone qui pourraient être une menace potentielle pour son leadership (elle l’a notamment démontré avec Chypre). Par ailleurs, les relations entre la Turquie et Israël sont actuellement au point mort, depuis l’incident de la « flottille de la liberté » en 2010 (qui avait coûté la vie à neuf ressortissants turcs pro-palestiniens).

Il est alors possible de penser que la Turquie ne laissera pas Israël devenir un acteur majeur du gaz dans la région, ce qui ne pourra que renforcer les tensions.

Au-delà de la Turquie, il ne faut pas non plus oublier le rôle pris par les grands groupes étrangers dans la région : l’italien ENI a découvert les grands gisements égyptiens ; le contrat entre Israël et l’Égypte a été signé par la société égyptienne Dolphinus et par un consortium israélo-américain (Delek et Noble Energy).

Ce que ces exemples démontrent, c’est que des groupes tels qu’ENI ont compris les enjeux à l’œuvre en Méditerranée, qui seront déterminants pour le futur énergétique de la région et du monde.

À cette influence des grandes compagnies, on peut aussi ajouter la présence, toujours en filigrane, des États-Unis, qui comptent bien ne pas rester passifs dans la région et prouver qu’ils la gardent à l’œil et sous contrôle, notamment face aux ambitions russes ou chinoises qui ont des liens de plus en plus étroits avec Ankara.

Dans tous les cas, l’enjeu pour Israël, l ‘Égypte, ainsi que les autres acteurs régionaux, sera de se rendre le plus compétitif possible pour continuer à susciter l’intérêt des protagonistes clés de l’énergie, pour la région.

Ce qui importe alors, c’est de voir que la lutte pour la domination énergétique en Méditerranée risque fort d’accroitre encore un peu plus la volatilité géopolitique de la région.

Les stratégies individuelles ne permettront sans doute pas de construire le Moyen-Orient ou la zone Méditerranée comme un acteur de l’énergie puissant car unifié.

Source Portail IE

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