La start-up israélienne AnyVision experte en reconnaissance faciale.

Face au nombre grandissant d’attaques par armes à feu, des écoles américaines investissent en masse dans des outils de reconnaissance faciale à l’efficacité pourtant non prouvée.

En Chine, un lycée lançait au mois de mai dernier un programme de reconnaissance faciale visant à observer le comportement des élèves pour « optimiser l’enseignement ». Mais aux États-Unis, si cette technologie s’installe dans les enceintes scolaires, c’est à des fins de surveillance.

Alors que plus de 20 fusillades ont déjà eu lieu dans des établissements américains depuis le début de l’année 2018, de nombreuses entreprises de reconnaissance faciale y voient l’opportunité de vendre leurs services, promettant de protéger les écoles de futurs drames.

Détecter les « visiteurs indésirables »

Une longue enquête du Washington Post recense ainsi les activités de Face-Six, Suspect Technologies, Brief Cam, AnyVision (Israël) ou encore SN Technologies qui ont tous installé des caméras dans des écoles, centres aérés, lycées ou universités sur le territoire américain.

Des services à plusieurs millions d’euros qui sont censés permettre de repérer des « visiteurs indésirables – des fugitifs recherchés, des parents difficiles et des étudiants renvoyés. »

La start-up israélienne AnyVision, qui travaillerait avec plusieurs écoles, assure même que son « système de surveillance tactique » est capable de « détecter des anomalies » sur le visage, l’apparence ou la silhouette d’un étudiant.

En gros, si un adolescent arrive « habillé tout en noir et portant un grand sac », le logiciel alertera la sécurité de l’établissement.

Quel niveau de fiabilité ?

Pourtant comme le souligne le Washington Post, les systèmes de reconnaissance faciale qui existent sur le marché sont loin d’avoir prouvé leur efficacité. Et la liste des imperfections de cette technologie est encore longue, notamment lorsqu’il s’agit de reconnaître des femmes ou des personnes de couleur.

Le taux d’erreur particulièrement élevé du logiciel de reconnaissance faciale de la police du Pays de Galles (92 % !) en est un exemple.
« Ces entreprises profitent de la peur et du sentiment d’impuissance des parents »

Sans oublier que dans une immense majorité des cas de fusillades depuis 1999, les auteurs des attaques étaient des étudiants inscrits en bonne et due forme qu’un logiciel de reconnaissance faciale n’aurait donc pas signalés.

« Ces entreprises profitent de la peur et du sentiment d’impuissance des parents qui veulent protéger leurs enfants », réagit Andrew Ferguson, professeur en droit à l’université du district de Columbia.

« Et elles leur vendent cette technologie de surveillance à un coût qui fera en fait très peu pour les protéger. » Tout en offrant au passage aux établissements scolaires le droit de collecter les « empreintes faciales » de tous leurs visiteurs sans restrictions légales.

Source France 24 et http://koide9enisrael.blogspot.com

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