Sommet Trump et Kim Jong-Un. Israël très attentif aux résultats.

By |2018-06-13T09:20:22+00:00juin 13th, 2018|Categories: EDITORIAL|
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Pourquoi Israël attend-il avec autant d’intérêt les résultats du sommet Trump/ Kim Jong-Un? Tout simplement car Jérusalem estime qu’il en va de la stabilité du Moyen-Orient. On sait que Téhéran et Pyongyang coopèrent activement en matière d’armement et scientifique. Un accord entre les Etats-Unis et la Corée du Nord porterait un sérieux coup à ces relations et isolerait un peu plus Téhéran.  D’ailleurs cette rencontre avec Kim-Jung-Un était aussi l’occasion pour Donald Trump, après son retrait de l’accord nucléaire, de convaincre l’Europe qu’il est capable de forger un bien meilleur accord qui non seulement protègera davantage Israël mais aussi la région voire le monde.  (Source : Nathalie Sosna-Ofir, Revue de la Presse Israélienne sur Judaiques FM 94.8 à écouter en podcast sur le site de la radio.)

Selon i24 News : « Benyamin Netanyahou a félicité mardi le président américain Donald Trump après sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et estimé que la politique des Etats-Unis portait aussi ses fruits sur le nucléaire iranien.

« Je félicite le président Trump pour le sommet historique de Singapour qui constitue un pas important dans les efforts pour dénucléariser la péninsule coréenne », a affirmé M. Netanyahou dans une brève intervention à la télévision. « Le président Trump a également adopté une position offensive contre la tentative de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et son agressivité au Moyen-Orient, ce qui a affecté déjà l’économie iranienne », a-t-il ajouté.

DANS LE MONDE (Copyrights). Des poignées de main et une bonne entente affichée. A Singapour, mardi 12 juin, Donald Trump et Kim Jong-un ont signé devant les caméras du monde entier un document commun pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les discussions pour sa mise en œuvre doivent commencer dès la semaine prochaine sous la houlette du chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo, mais aucun calendrier n’a pour le moment été précisé. De son côté, le président états-unien a annoncé qu’il mettrait fin aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, une concession de taille vis-à-vis de Pyongyang.

L’annonce par le président des Etats-Unis, Donald Trump, de son intention de supprimer les exercices militaires organisés par l’armée américaine avec les troupes sud-coréennes, a pris de court toute la région, à commencer par les premiers intéressés. Le siège des Forces armées américaines en Corée (USFK) a dit à l’agence Yonhap « ne pas avoir reçu de nouvelles lignes directrices sur l’exécution ou la cessation des exercices d’entraînement », dont le prochain exercice, Ulchi Gardien de la Liberté, prévu cet automne.

Si cet engagement se concrétise, M. Trump aura cédé sur l’une des principales demandes de Pyongyang, sans obtenir de contrepartie concrète. La République populaire démocratique de Corée (RPDC) considère ces manœuvres comme la répétition d’une possible invasion des Etats-Unis pour faire tomber le régime.

Le locataire de la Maison Blanche n’a semble-t-il pas non plus jugé nécessaire de prévenir le gouvernement sud-coréen des concessions qu’il s’apprêtait à faire. « Au point actuel, il faut discerner le sens exact et l’intention des commentaires du président Trump », a réagi dans la précipitation le ministère de la défense sud-coréen et ce alors que M. Trump avait échangé la veille par téléphone avec le président sud-coréen, Moon Jae-in.

Donald Trump n’a pas caché son sentiment sur ces exercices, en rupture avec les éléments de langage habituels américains qui les présentent comme de nature défensive, routiniers, et nécessaires pour maintenir un niveau de préparation suffisant entre les deux alliés dans une zone de tensions. Le milliardaire a balayé tout cela pour les qualifier de « très provocateurs ». « C’est vraiment quelque chose qu’ils [les Nord-Coréens] ont beaucoup apprécié » s’est-il justifié. « Dans les circonstances qui sont de négocier un accord très complet, je pense qu’il est inapproprié de prendre part à des jeux de guerre » a-t-il lancé en conférence de presse, à l’issue de sa rencontre historique avec le dictateur.

Le président américain a surtout utilisé l’argument financier. « Nous économiserons une somme d’argent considérable » a-t-il ajouté, liant ainsi cette concession à un sujet qui lui est cher : réduire la voilure du coût des alliances des Etats-Unis. « Ces jeux de guerre sont très chers, nous avons payé en grande partie, nous envoyons des bombardiers de Guam », a constaté l’ex-homme d’affaires, qui a dit avoir découvert récemment que les avions américains font six heures de vol pour se rendre sur ces entraînements.

Les moyens déployés illustrent la capacité de projection inégalée des Etats-Unis : leurs B-52 qui peuvent être chargés d’armes nucléaires, leurs avions furtifs ou encore leurs porte-avions. En août 2017, les exercices avaient duré onze jours et impliqué 17 500 soldats américains et 50 000 Sud-Coréens.

La Corée du Sud et les Etats-Unis avaient accepté en début d’année de décaler d’un mois une autre série d’exercices, prévus entre les Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang, pour ne pas risquer une escalade durant les festivités. Il avait fallu pour cela que la « Maison bleue », la présidence sud-coréenne, insiste auprès de Washington, qui était encore à l’heure de la « pression maximale » sur Pyongyang.

Le 4 juin, en marge du dialogue de Shangri-La, forum des hauts responsables de la défense de la région Asie-Pacifique, le ministre de la défense sud-coréen, Song Young-moo, et son homologue américain, James Mattis, se seraient entendus pour limiter la communication autour des exercices futurs en cette phase de détente. Il s’agissait alors de faire « profil bas » pour ne pas donner à la Corée du Nord des raisons de monter au créneau. Mais Séoul insistait sur le fait qu’ils étaient maintenus, même si certains conseillers du président progressiste Moon Jae-in, partisan de l’apaisement, considéraient de longue date qu’il serait préférable de réduire leur échelle.

Washington cède aussi à l’une des principales demandes de la Chine, qui propose de longue date une solution « gel pour gel » des essais balistiques et nucléaires nord-coréens et des exercices américano-sud-coréens, que refusaient jusqu’à présent les Etats-Unis, considérant légitimes leurs opérations avec le Sud. Pékin voyait en ces manœuvres une source de tension et une marque de l’omniprésence de la première puissance mondiale à sa périphérie, et ne s’attendait certainement pas à ce que le président des Etats-Unis y renonce dès sa première rencontre avec Kim Jong-un.

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