Eminence, le slip patriotique Français devient israélien…

Selon les médias israéliens Eminence a été vendu à Delta Galil (Israël). Connue pour sa marque masculine éponyme haut de gamme (Eminence, 23 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui mise de nouveau sur le «made in France», l’entreprise est présente en grande distribution avec la marque Athena (70 millions d’euros de chiffre d’affaires).

Celle-ci se diversifie de plus en plus dans la femme, qui ne représente encore que 5% de ses ventes, mais progresse. La marque Liabel, en Italie, fait également partie du groupe. Ce dernier réalise aussi une part de ses ventes en fabriquant en sous-traitance pour le Slip français et d’autres partisans de la confection tricolore. Eminence confectionne aussi autres produits textiles pour la gendarmerie ou l’armée dans le cadre d’appel d’offres.

Selon lsa-conso.fr : « En 1944, à Nîmes, deux hommes – l’un juif, l’autre protestant – créent Eminence, en référence… au très catholique Richelieu ! Un slip aux vertus cardinales.

Bernard Tapie en slip ! Rien à voir avec l’actualité du bouillonnant homme d’affaires multicartes : nous sommes en 1967, le jeune Tapie tombe le pantalon pour promouvoir les sous-vêtements masculins Eminence. Au fil des ans, la marque française née en 1944 a déshabillé – ou habillé – nombre d’éminents personnages, à l’instar de Marlon Brando, revêtu d’un tee-shirt Eminence dans Un tramway nommé désir, David Douillet, Stéphane Diagana, Christophe Dominici et même Naomi Campbell au début des années 2000 lors d’une incursion de la marque dans la lingerie féminine. Que du beau linge !

Éclectique dans le choix de ses égéries, Eminence le fut dès le départ dans le choix de son nom. « C’est un slip œcuménique, racon­te Dominique Seau, président du groupe Eminence. L’entreprise a été fondée en 1944, à Nîmes, par Georges Jonathan et Gilbert Sivel. Le premier, de confession juive, et le second, protestant, déposent en 1946 la marque Eminence, en référence au cardinal de Richelieu ! » La silhouette du prélat orna d’ailleurs les premiers packagings.

Audacieuse en matière de publicité, Eminence a aussi joué d’audace sur ses produits. On lui doit, notamment, l’arrivée en France du « slip kangourou » en point tamisé (aussi appelé « petit point noué » ou plus simplement « tissu à trous-trous »), du slip renforcé à poche, mais aussi du boxer ou encore, en 1971, des sous-vêtements colorés permettant enfin de varier du traditionnel blanc. En 1962, le groupe lance Athena, marque plus spécifiquement destinée à la grande distribution, à l’époque encore balbutiante.

Des hauts… et des bas

Dans les années 80, la notoriété du groupe et de ses marques s’envole, grâce à une présence publicitaire aussi forte que marquante, comme le célèbre spot montrant des femmes observant les sous-vêtements des passants masculins grâce… à des lunettes déshabillantes ! « À cette époque, nous comptions plus de 2 000 salariés dans le Gard », se souvient Dominique Seau. Un nombre aujourd’hui divisé par quatre…

Les affaires se compliquent dans les années 1990. Repris par le suisse Hesta, Eminence doit délocaliser sa production pour survivre. Mondialisation oblige, le groupe se modernise à marche forcée. En 2008, Eminence rachète l’un de ses sous-traitants roumain et rapatrie certaines de ses productions en France en 2012. « Crise oblige, nous avons pris cette décision pour faire tourner nos deux usines françaises : hors de question de mettre au chômage notre personnel qualifié au vu du manque de jeunes formés aux métiers de la bonneterie. » Aujour­d’hui, la marque produit 1,7 million de pièces par an dans l’Hexagone. « Et la moitié de nos 30 millions de pièces fabriquées annuellement dans le monde pas­sent par nos usines françaises à un moment ou à un autre de leur fabrication », poursuit Dominique Seau. Eminence, un slip œcuménique… mais aussi patriotique ! »

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