Vu d’Israël. Contre la douleur chronique, une découverte capitale en France.

L ‘équipe de Jean Valmier a trouvé une molécule responsable du phénomène.

Ces patients remplissent les salles d’attente, et les médicaments sont impuissants à les soulager. “Quatre millions de Français souffrent quotidiennement de douleurs neuropathiques, les plus réfractaires aux traitements”, c’est une forme de douleur chronique, rappelle Jean Valmier, chercheur à l’institut des neurosciences de Montpellier. Avec son équipe, le scientifique a trouvé une porte d’entrée pour les soulager, la molécule FLT3, “connue jusqu’ici pour son rôle dans différentes fonctions sanguines” mais qui s’avère capitale dans la chronicisation de la douleur.

 Dans la revue Nature

Lorsque FLT3 est inhibée chez des modèles animaux, “il n’y a pas de développement de la douleur chronique neuropathique”, précise Jean Valmier. Et “si on bloque FLT3 alors que la douleur est installée, les symptômes régressent”. FLT3 “n’est pas impliquée dans les phénomènes de douleur aiguë”, “elle intervient uniquement dans le phénomène de chronicisation”.

Les travaux viennent de faire l’objet d’une publication dans la très influente revue scientifique américaine Nature. Ils associent l’institut des neurosciences de Montpellier (Inserm/Université de Montpellier) et le Laboratoire d’innovation thérapeutique de Strasbourg (CNRS/Université de Strasbourg) de Didier Rognan. La thérapie cellulaire, mais aussi l’informatique, ont fait avancer la recherche : elles ont permis d’invalider le gène impliqué dans l’expression de FLT3, mais aussi de passer au crible trois millions de configurations possibles pour bloquer la molécule, faisant ainsi émerger une autre molécule, BDT001.

 Beaucoup d’espoir

BDT001 sera la base d’un médicament potentiel, qui suscite beaucoup d’espoir : les traitements proposés actuellement n’améliorent les situations que dans un cas sur deux, et s’accompagnent parfois d’effets secondaires. Il faudra encore être patient : “Dans le meilleur des cas, il faut compter au moins cinq années de développement”, précise Jean Valmier. Première étape : montrer que le mécanisme qui marche chez les rongeurs fonctionne aussi chez l’homme. Et faire taire l’idée que “les chercheurs cherchent mais ne trouvent pas”.

Source : http://www.midilibre.fr

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