Frappes militaires sur la Syrie. Macron, Chef de Guerre. Les Russes à l’ONU.

REVUE DE PRESSE ISRAELVALLEY. Selon le JDD: « Emmanuel Macron, Donald Trump et Theresa May ont annoncé dans la nuit de vendredi à samedi avoir frappé le régime syrien de Bachar el-Assad en réponse à l’attaque chimique présumée des forces syriennes à Douma, près de Damas. Au moins trois sites ont été visés par les Occidentaux.

Malgré les avertissements de la Russie, Emmanuel Macron et Donald Trump multipliaient les échanges ces derniers jours pour préparer leur réponse militaire. Ils ont reçu l’appui de la Première ministre britannique Theresa May, qui semblait pourtant plus prudente quant à cette option. L’annonce de ces frappes a été faite en plusieurs temps.

Ce qu’ont dit les trois pays occidentaux

  • C’est Donald Trump qui a annoncé en premier ces frappes, lors d’une allocution à la Maison-Blanche faite vers 3h, heure française. « Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux », a dit le président des Etats-Unis, en dénonçant les attaques chimiques « monstrueuses » menées par le régime de Damas.
  • De Londres, la Première ministre britannique Theresa May a affirmé dans la foulée dans un communiqué et une allocution filmée qu’il n’y avait « pas d’alternative à l’usage de la force ». En conséquence, elle explique avoir autorisé les forces armées britanniques à conduire « des frappes ciblées et coordonnées » contre les capacités militaires chimiques du régime de Bachar al-Assad, afin de « prévenir » leur usage.
  • Peu avant 3h30, l’Elysée a publié à son tour un communiqué d’Emmanuel Macron indiquant avoir « ordonné aux forces armées françaises d’intervenir […] dans le cadre d’une opération internationale […] dirigée contre l’arsenal chimique clandestin du régime syrien ». « La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 [sur l’utilisation des armes chimiques par le régime d’Assad, NDLR] a été franchie », a-t-il justifié. Le chef de l’Etat a publié une photo de lui entouré de son état-major, dans un tweet écrit en français, en anglais et en arabe. L’Elysée a pour sa part diffusé une vidéo des avions de chasse français ayant participé à cette opération ».

Les frappes menées par les trois pays ont visé au moins trois cibles, ont précisé samedi Paris et Washington : « Le principal centre de recherche » du « programme clandestin chimique » du régime syrien, à Damas, et « deux centres de production » situés dans la région de Homs. « C’est la capacité de développer, de mettre au point et de produire des armes chimiques qui est atteinte », a ainsi affirmé samedi la ministre française des Armées, Florence Parly.

Londres a précisé avoir frappé un complexe militaire – une ancienne base de missiles – à 24 kilomètres à l’ouest de Homs, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques ». Il s’agirait de l’un des deux centres évoqués par ses partenaires.

Toutefois, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) fait état d’autres cibles, évoquant des centres de recherche scientifique, « plusieurs bases militaires » et surtout des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs. (Source : JDD)

MISSILES. Didier François, journaliste spécialiste de la défense pour Europe 1, analyse l’opération menée en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

La réponse n’a pas tardé à venir. Après les accusations d’utilisation d’armes chimiques visant le régime syrien, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont déclenché, dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 heures du matin, des frappes militaires contre trois cibles près de Damas et Homs. Une opération « combinée » décryptée par Didier François, journaliste spécialiste de la défense pour Europe 1.

Des missiles tirés depuis des navires et des avions. Les missiles et les bombes ont été envoyés depuis l’air et la mer. « Il y a des navires au large de la Syrie », rappelle en effet Didier François. Notamment une frégate française, capable de tirer des missiles de précision. « Il y a donc eu une première vague de missiles tirés par les navires. » En amont, des avions ont décollé pour larguer, eux aussi, missiles et bombes. La France a ainsi envoyé des Rafale. « Tout ça a convergé vers 3 heures du matin pour des frappes simultanées et combinées », résume Didier François.

Au millimètre. Une « opération extrêmement complexe planifiée depuis plus d’une semaine », poursuit le spécialiste. Car les contraintes et les facteurs à prendre en compte sont nombreux. « Il faut planifier en interne et en interallié. Il fallait faire bien attention de taper [les cibles permettant de fabriquer des armes] chimiques sans toucher aux Russes et aux Iraniens » présents sur le territoire syrien. « Tout ça a été fait au millimètre », note Didier François.

Les Russes n’ont « pas bougé ». Par ailleurs, le spécialiste souligne que les Russes n’ont « pas bougé » militairement, ce qui est « une excellente chose » pour les forces occidentales. « Si les Russes étaient rentrés dans l’affaire avec leurs missiles, une défense antiaérienne ou balistique, ou même des manœuvres extrêmement agressives comme la semaine dernière, où il y avait eu des survols extrêmement agressifs de la frégate française par des Russes », alors une escalade aurait pu être à craindre. Là, bien que la Syrie ait promis une riposte, elle ne se trouve pas en capacité de répondre.

RUSSIE. « La Russie convoque une réunion d’urgence pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés », annonce le Kremlin. La Russie a annoncé samedi convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après les frappes menées par les Etats-Unis et leurs alliés, dont la France, contre le régime de Damas en Syrie. « La Russie convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés », a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

MACRON. Ce samedi, Catherine Nay décrypte les conséquences des frappes conjointes de la France, des Etats-Unis et du Royaume-Uni sur l’image d’Emmanuel Macron.  Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché des frappes dans la nuit de vendredi à samedi sur la Syrie, pour punir le régime de Bachar al-Assad, accusé d’attaques chimiques sur des civils. Tôt ce matin, l’Elysée a communiqué sur ces frappes. Depuis Paris, Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient « circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l’emploi d’armes chimiques ». « Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l’emploi d’armes chimiques », a-t-il martelé. Pour la première fois, Emmanuel Macron endosse ses habits de chef de guerre.

Fixer la ligne rouge. Tout juste élu, fin mai 2017, Emmanuel Macron avait reçu à Versailles, Vladimir Poutine, soutien de Bachar el-Assad, et disons même, son assurance-vie. Il avait alors prévenu son hôte : il ne laisserait pas faire de nouvelles attaques chimiques. Il avait fixé les lignes rouges. Mais que valaient, aux yeux du Président russe, ces positions martiales d’un jeunot de 40 ans ? Samedi dernier, Bachar el-Assad est passé outre l’avertissement et a, à nouveau, employé ces armes chimiques interdites dans la Ghouta, banlieue de Damas, d’où la rébellion au régime était partie en 2011. Des images ont été diffusées, évidemment horribles, avec des enfants morts et d’autre agonisant la bave aux lèvres. Et Poutine était forcément au courant.

Jeudi, dans son interview avec Jean-Pierre Pernaut, Emmanuel Macron disait avoir la preuve que du chlore avait bien été utilisé et qu’il y aurait des réactions en temps voulu. Il disait en parler avec Trump depuis une semaine. On devait comprendre qu’une attaque était imminente.

IRAN. Samedi matin, le guide iranien Khamenei a qualifié de « criminels » Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May, qui ont décidé de mener dans la nuit des frappes ciblées contre la Syrie. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales menées contre la Syrie en qualifiant de « criminels » le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa.

« L’attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels (…), ils n’obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice », a déclaré Ali Khamenei en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays, selon son site Telegram.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly se sont exprimés depuis l’Elysée samedi matin.

La France veut « travailler dès maintenant à la reprise » du processus politique dans la crise syrienne, a déclaré samedi son chef de la diplomatie quelques heures après des frappes occidentales sur la Syrie en représailles à une attaque chimique présumée.

« Deux priorités ». « Un plan de sortie de crise doit être trouvé, avec une solution politique. Nous sommes prêts à y travailler dès maintenant avec tous les pays qui peuvent y contribuer », a déclaré Jean-Yves Le Drian lors d’une déclaration conjointe avec la ministre des Armées Florence Parly. La France a « deux priorités, la lutte contre les groupes djihadistes, en particulier Daech et le retour à la stabilité qui appelle une solution politique », a-t-il souligné.

Dans ce contexte, la France va également « reprendre des initiatives politiques » pour obtenir le « démantèlement du programme chimique syrien de manière vérifiable et irréversible » et faire respecter les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu sur le cessez-le-feu et l’accès de l’aide humanitaire aux populations, a-t-il ajouté. Il faut « un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien et l’accès humanitaire aux populations civiles comme l’exigent les résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il martelé. « Ces décisions ont force de loi internationale, elle s’imposent à tous, elle sont restées lettre morte jusqu’à présent. Nous devons les faire vivre », a-t-il dit.

L’opération militaire menée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France est « légitime », « proportionnée et ciblée », a également estimé Jean-Yves Le Drian. L’escalade chimique en Syrie n’est pas acceptable », a-t-il dit. « La fabrication et l’utilisation de ces armes représentent une menace pour la paix et la sécurité internationale », a-t-il ajouté. Les frappes aériennes s’inscrivent donc dans le cadre du chapitre 7 des Nations unies qui prévoit l’emploi de la force en cas de menace contre la paix, selon lui.

« Le régime syrien avait pris un engagement ». « L’emploi de ces armes de terreur transgresse les conventions parmi les plus anciennes », a noté Jean-Yves Le Drian en évoquant le protocole de 1925 prohibant l’emploi à la guerre d’armes chimiques et la convention internationale d’interdiction des armes chimiques de 1993. « Le régime syrien avait pris l’engagement de démanteler intégralement son arsenal chimique » après une première menace de frappes occidentales à la suite d’une attaque chimique en 2013, a-t-il ajouté.

« En septembre 2013, le Conseil de sécurité avait décidé par sa résolution 2118 que la Syrie devait se tenir à cet engagement sous peine d’encourir des mesures relevant du chapitre 7 de la Charte des Nations unies », a-t-il dit. « Le chapitre 7 a un sens clair, c’est le recours à des mesures militaires pour contraindre ceux qui menacent la paix et la sécurité internatonale », a noté le ministre français des Affaires étrangères.

Sourec : Europe1

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