Magnifique exposition Arts & Bijoux. L’héritage des juifs du Maroc à Beersheva (Israël).

ISRAELVALLEY SPECIAL.PREMIERE EDITION. A Beersheva, après des mois de travail et de contacts intensifs en France, Maroc et Israël, une très belle exposition de bijoux, ouverte à tous, et qui se tient dans une ancienne mosquée rénovée, a été inaugurée avant Pessah par l’élite culturelle et artistique d’Israël.
Les Autorités de la ville Beersheva ont, en 2014, converti la mosquée historique de la ville en musée. (La « Grande Mosquée » de Beersheva avait été construite en 1906 pendant l’ère ottomane par des donations rassemblées par les résidents Bédouins du Néguev). Lors de l’inauguration de l’exposition, en présence de plus de 150 invités, Robert Rouach (frère de David) a tenu a expliquer les liens très forts qui lient la ville de Meknès, le Maroc des « Arts et Culture », à la famille Rouach. Le grand-père paternel était un bijoutier très réputé de Meknès. Son héritage (des pièces rares) n’a jamais été perdu, bien au contraire.
EXPOSITION. Elle se tient actuellement à Beersheva dans le Sud d’Israël. La collection étonne par sa beauté. Elle est le fruit d’un magnifique travail artistique  réalisé conjointement par Elisabeth et David Rouach (Docteur en Anthropologie). Il s’agit d’une collection unique rassemblée depuis plus de 40 ans, présentée avec élégance, et qui porte en elle une passion : l’art des bijoux. Un livre écrit et publié en 1989 par David Rouach, « Bijoux Berbères au Maroc dans la tradition judéo-arabe » aux ACR Editions en France à été la première aventure publique. Un autre livre « Les Talismans Magie et tradition juives » a été écrit par l’auteur (1).
BIJOUX. La fabrication des bijoux a été pendant longtemps au Maroc la spécialité d’artisans juifs. Ce monopole remonte à une période très ancienne. Dans les régions rurales du Maroc ; les habitant se fournissaient auprès des bijoutiers vivants dans les Mellahs. Les bijoutiers fabriquaient des parures des tribus environnants, selon des procédés et formes adaptés par chaque tribus. L’importance des bijoux dans la culture marocaine se manifeste souvent comme un héritage familial, qui se transmet de mère en fille. Les fibules ; les bracelets ; les anneaux ; les colliers etc… sont portés par les femmes lors des fêtes religieuses et des cérémonies de mariage par exemple. Le bijoutier était autrefois assis parterre sur une natte devant une table basse avec autour de lui ses instruments de travail : l’enclume ; diverses pinces, marteaux . (Source : academia.edu)
 JUIFS DU MAROC ET METAUX PRECIEUX. Selon (2): « Dans sa description de l’Afrique au XVI e siècle, Léon l’Africain indique qu’à Fès, seuls les Juifs étaient autorisés à travailler les métaux précieux, car pour les Musulmans le fait de vendre des objets d’or ou d’argent plus chers que le prix de leur poids de métal était considéré comme de l’usure, proscrite par l’Islam.

Tous les bijoux citadins et la plus grande partie des bijoux berbères ont donc été faits par des artisans juifs jusqu’à ce que quasi la totalité de leurs communautés quittent le Maroc. Dans les régions berbères méridionales, on comptait cependant quelques noyaux d’artisans bijoutiers musulmans ; c’était le cas autour de Tiznit et Tafraout, où ils coexistaient avec les bijoutiers juifs nombreux dans certains villages, comme Tahala. Dans le centre de l’Anti-Atlas, le travail des artisans musulmans de Tagmoute était jadis très renommé, mais cette activité avait déjà pratiquement cessé au milieu du XX e siècle.

Dans les autres régions rurales du Maroc, les habitants se fournissaient auprès de bijoutiers vivant dans des hameaux juifs, les mellahs, dispersés sur tout le territoire, principalement le long des voies de communication. Ces bijoutiers fabriquaient les parures des tribus environnantes, selon des procédés et des formes adoptés par chaque groupe, de temps immémorial.

L’argent était le métal caractéristique des bijoux berbères, sa couleur blanche était considérée comme bénéfique. Au nord de l’Atlas, à l’intérieur et au sud-est de ce massif jusqu’à la vallée du Drâa, les techniques étaient simples. L’argent était moulé pour les bijoux qui devaient être robustes, bracelets et fibules. Les parures de tête ou de poitrine comportaient des pendentifs minces en argent plané et gravé. Chez les Imerhane et les Aït Ouaouzguit, on recourait de très longue date, pour le décor des bijoux, à la technique du filigrane. Dans l’Anti-Atlas central et occidental, ainsi qu’à Tiznit dans la plaine côtière, la production de bijoux a été considérable ; ils étaient caractérisés par l’emploi souvent simultané sur une même parure de deux techniques, le niellage et la pose d’émaux cloisonnés.

Les bijoux citadins sont différents des bijoux berbères par les formes des modèles et par de nombreuses particularités de leur exécution. Dans les villes du Nord du pays, et principalement à Fès, Meknès et Tétouan, les bijoux d’autrefois, dans les classes aisées, étaient en or ou tout au moins en argent doré, et fréquemment ornementés de pierreries ou de perles baroques. Les techniques les plus employées dans les villes étaient le découpage à claire-voie et la ciselure.

Il faut rappeler que les artisans qui travaillaient les métaux précieux ne se limitaient pas à la production de bijoux. Les bijoutiers juifs réalisaient naturellement les objets d’argent liés à l’exercice de leur culte et des accessoires rituels. En ville, ils fabriquaient et ornementaient à la demande de petits objets usuels. D’autre part, le rôle des orfèvres était important dans la décoration des armes et d’accessoires comme les poires à poudre. C’est ainsi qu’ils ciselaient et parfois émaillaient les manches et les étuis des poignards, gravaient et niellaient, là où la technique en était traditionnelle, les plaques qui garnissaient les crosses des fusils et les bagues qui en entouraient le canon ». (2) dafina.net

 LE PLUS. Beer-Sheva est une ville du district sud d’Israël. Elle est le centre administratif pour le sud d’Israël. Du fait de sa position géographique centrale et ses gares de trains et de cars, c’est aussi une plate-forme importante pour les transports interurbains du pays. La ville accueille l’Université Ben-Gourion du Néguev, l’hôpital Soroka et l’orchestre Israeli Sinfonietta of Be’er Sheva. La ville s’est considérablement développée depuis la fondation de l’État d’Israël en 1948. De nos jours, la ville est majoritairement peuplée par des Juifs ayant émigré des pays arabes, d’Éthiopie et de l’ex-Union soviétique. Beer-Sheva est entourée de villes-satellites : Omer, Lehavim et Meitar, qui sont des villes majoritairement juives, et Rahat, Tel Sheva et Lakiya, à majorité arabe. Beer-Sheva est la plus grande ville du Néguev.
(1) LIVRE. « Les Talismans Magie et tradition juives ». Editeur Albin Michel. « L’histoire de la superstition ne peut laisser personne indifférent, qu’il soit croyant ou athée. Si notre époque matérialiste et scientifique propose une amélioration de la qualité de la vie, elle ne peut ni ne pourra combler le vide répondant au pathétique appel de l’âme humaine · «Quo vadis? » La superstition est universelle et fait partie des mœurs humaines depuis la nuit des temps. Il s’agit en fait d’un phénomène social qui est, pour certains, une réponse à l’angoisse existentielle »

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