Projet de loi. Faciliter les divorces religieux pour les étrangers résidant en Israël.

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Le Parlement israélien a adopté lundi 5 mars en première lecture un projet de loi qui prévoit des sanctions pour les hommes juifs ne disposant pas de la citoyenneté israélienne qui refusent d’accorder le divorce à leurs épouses.
Pour rappel, le « guet », une procédure de divorce religieuse encadrée par le droit rabbinique, demeure indispensable pour qu’une femme puisse obtenir le droit de se remarier, le divorce civil seul ne suffisant pas à briser un mariage. C’est pour cette raison que la Knesset a adopté en première lecture ce projet de loi qui sanctionnera les hommes juifs non-israéliens qui refuseraient le « guet » à leurs femmes. La seule condition d’application de cette loi ? Que l’homme vive en Israël.
Cette loi veut aider les femmes « agunot », ce qui veut littéralement dire « enchaînées », a pouvoir recouvrer leur liberté au même titre que certaines hommes qui peuvent dans certains cas épouser une seconde femme.
« Nous avons un vrai problème avec l’ex-Union soviétique », a expliqué au Times of Israël la députée Aliza Lavie du parti centriste et laïc Yesh Atid, qui milite pour cette loi depuis 2013. De ressortissants fortunés refuseraient le divorce à leurs épouses juives « pour des raisons financières ». Actuellement, les tribunaux locaux ne peuvent pas aider les femmes qui ne sont ni citoyennes, ni résidentes du pays.
Grâce à la loi, les tribunaux rabbiniques israéliens pourront faire pression sur les maris peu importe leurs origines, s’ils passent sur le sol israélien. Parmi les sanctions qui devraient être appliquées : des amendes, des avoirs gelés et même des peines d’emprisonnement de courte durée.
Membre du courant Massorti (situé entre le judaïsme orthodoxe et le judaïsme libéral) et rabbin à Paris, Yeshaya Dalsace exprime ses doutes quant aux possibilités d’aboutir qu’a ce projet. Le texte, rappelle-t-il, n’en est qu’à la première lecture et peut encore, d’ici à la troisième et dernière lecture, être modifié ou retiré. Il redoute aussi qu’il n’ait « aucune efficacité réelle ». « Je ne pense pas que cette loi soit effective parce que l’État d’Israël n’a pas de pouvoir sur des citoyens étrangers, compte tenu des accords internationaux », explique-t-il.

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