L’Etat hébreu est-il le leader mondial des spyware, les logiciels d’espionnage?

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Un article de letemps.ch : « L’Etat hébreu est le leader mondial des spyware, les logiciels d’espionnage. C’est la face cachée de sa high-tech. Celle dont on ne parle jamais, mais qui rapporte beaucoup plus que la myriade d’autres entreprises de haute technologie ayant pignon sur rue.

Outre des multinationales telles Verint, Nice, Chek Point, et Amdocs, une trentaine de start-up peu connues du grand public dominent le marché de la surveillance électronique. La plupart d’entre elles sont basées à Tel-Aviv et dans sa grande périphérie. Leurs clients? Les émirats du Golfe, Panama, le Mexique, Trinidad et Tobago, l’Ouganda, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, mais également la Belgique et le Danemark. Entre autres.

Peu après le dépôt de la requête de la députée israélienne Tamar Zandberg a d’ailleurs éclaté l’affaire Pegasus, du nom de ce spyware développé par la firme israélienne NSO pour surveiller les communications et les contacts d’un suspect via son smartphone, sa tablette, ainsi que les réseaux sociaux qu’il fréquente. Tout a commencé lorsque Ahmed Mansour, un défenseur des droits de l’Homme fort actif dans les Emirats arabes unis, a été intrigué par un étrange SMS envoyé sur son iPhone. Méfiant, il a alors contacté l’association Citizen lab (université de Toronto) qui a, avec le soutien de l’entreprise de cybersécurité Loockout, détecté le spyware mis au point par NSO.

Installée dans un immeuble moderne mais sans cachet d’Hertzlya (nord de Tel-Aviv), cette société dont les dirigeants avaient été reçus avec les honneurs par Shimon Peres lorsque celui-ci était président de l’Etat, n’avait jamais fait parler d’elle jusqu’alors.

Le logiciel de NSO et ceux des autres entreprises opérant sur le même secteur sont considérés comme des armes. Ils sont commercialisés avec l’aval du Ministère de la défense qui accorde la licence d’exportation. «Ce sont des produits adaptables aux besoins du pays ou du service qui l’acquiert», explique Amnon B., un ancien des renseignements militaires israéliens qui a passé quelques années dans le domaine de la high-tech. «Selon les spécifications, leur prix peut atteindre 10, 20 ou 30 millions de dollars. Comme on dit, the sky is the limit. Pour justifier cela, il suffit de dire que ces algorithmes servent «à combattre le terrorisme et la criminalité organisée». C’est vrai chez certains clients, mais pas tous, loin de là.»

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