Israël hightech à l’Ecole Polytechnique. Conférence de Daniel Haber. Reportage.

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LES SURPRISES DE L’ECONOMIE D’ ISRAEL- Conférence de Daniel Haber à l’Ecole Polytechnique. Un article exclusif de Carmela Serfaty (CCFI) et Doron Dinai (Avocat MD Israël) pour IsraelValley.

La conférence organisée par X-Israël et la Chambre de Commerce France Israël concernant la place d’Israël dans le monde de l’innovation a été très intéressante.. En enseignant en Israël, Daniel Haber découvre un pays « normal » mais avec de spécificités uniques, qui sont autant de surprises. La première surprise, c’est que ce pays, a réussi en en moins de 70 ans d’existence, à faire partie du Club fermé des pays « les plus industrialisés », ceux de l’OCDE. L’autre surprise, c’est de voir les pays les plus riches et les plus ambitieux venir en Israël à la recherche du secret de son incroyable capacité d’innovation et aux sources des savoirs de demain.

« J’ai eu envie de comprendre les raisons de cette attractivité et ai voulu interroger directement les acteurs, les entrepreneurs qui ont créé les bases industrielles de l’Etat, les chercheurs qui ont contribué aux avancées décisives de la science, les patrons des start-ups qui transforment la science en produits et services utiles.» J’ai, donc, souhaité associer à ce livre  Dan Catarivas, grand serviteur de l’Etat et dirigeant patronal respecté qui m’a aidé à rencontrer ces hommes et ces  femme

Voici les 17 surprises :

La première surprise, c’est de parler « économie » à propos d’un pays dont on ne parle que pour évoquer guerres et conflits. Or, c’est la paix, l’étude, le travail, la famille qui sont les grands sujets d’intérêt des Israéliens…  comme pour nous.

La deuxième surprise, c’est de découvrir qu’Israël  a réussi d’avoir, à la fois, du «  beurre et des canons ».

La troisième surprise, c’est l’histoire d’un passage en douceur du socialisme des débuts au capitalisme international. Il a fallu du doigté et une collaboration inter-partis pour le réussir.

La quatrième surprise, c’est de voir que des Juifs, auxquels le travail de la terre fut strictement interdit au cours des siècles, sont devenus les agriculteurs les plus performants au monde.

La cinquième surprise, c’est de constater que les Kibbutzim, fermes collectives où le véritable communisme devait s’épanouir, existent toujours, certes transformés par la nécessité  de la compétitivité, mais restés des ilots d’un socialisme relatif dans un océan libéral.

La sixième surprise, c’est que ces fermes collectives sont aussi des sites industriels d’excellence. Les usines à la campagne, une idée de Mao devenue cauchemar, sont une réussite en Israël

La septième surprise, c’est que, malgré un marché intérieur étroit de 8 millions de consommateurs, une industrie de capacité mondiale s’est développée , avec quelques « champions du monde » globalisés.

La huitième surprise, c’est que de grandes familles ont construit des groupes puissants et sont accusées, comme ailleurs, de conduite monopolistique. Dans ce petit pays, la proximité des grands entrepreneurs et du pouvoir est, comme ailleurs, un problème.

La neuvième surprise est célébrée en tant que la « Start Up Nation », le pays avec la plus grande densité de « jeunes pousses », égale de la Silicon Valley dans sa capacité à apporter sans cesse de nouvelles solutions et de nouvelles offres. Nous sommes allés au cœur du processus de création pour en percer les mystères, ensemble d’attitudes singulières et d’institutions intelligentes.

La dixième surprise est une application inattendue de cette qualité innovatrice du pays : Israël est une des 9 puissances spatiales du monde. Elle dispose de ses propres lanceurs (qui partent, par l’Ouest (sécurité oblige) et de ses propres satellites, la plupart miniaturisés.

La onzième surprise est qu’Israël héberge  un grand constructeur national qui  signe des contrats d’infrastructures dans plusieurs pays étrangers, notamment en Afrique. Les infrastructures d’Israël sont dignes d’un pays développé.

La douzième surprise est de voir le peuple juif briller dans les activités dont il avait été privé en diaspora, l’industrie et l’agriculture, tout en innovant dans les secteurs des services où il avait été « ghettoïsé ».

La treizième surprise, c’est que le rêve de Ben Gurion de voir fleurir le désert (du Néguev) a été exaucé au-delà de toutes ses espérances. Pourtant, il reste beaucoup à faire pour que cette moitié du pays se peuple suffisamment. L’avenir du Néguev sera celui de la Science et de la Technologie, avec un secteur porteur en pleine expansion : la Cyber-Sécurité.

La quatorzième surprise est que non seulement il n’y a plus de problème d’eau en Israël mais que tous ses voisins peuvent, s’ils le veulent (et certains le veulent, comme la Jordanie) bénéficier des solutions mise au point en Israël. Et c’est le monde entier, où des vastes régions sont menacées de désertification, qui imite le modèle israélien et lui achète ses technologies.

La quinzième surprise est qu’Israël fait face à des problèmes sociaux massifs, semblables aux nôtres mais exacerbés par une situation politique spécifique. Le pays tente d’y apporter des solutions innovantes mais fait face, comme ailleurs et plus qu’ailleurs, à de fortes résistances culturelles. La technologie est une partie de la réponse mais elle ne peut pas tout.

La seizième surprise est qu’Israël, isolé de ses voisins par des conflits insolubles, est comme une ile qui doit trouver ses partenaires commerciaux au-delà des mers. Les révolutions techniques ont apporté des réponses aux questions de distance, ce qui lui permet de commercer avec le monde entier. Surtout, les investisseurs étrangers sont à l’affut des innovations de la « Start Up Nation » et y installent des postes d’observation, sous de multiples formes de partenariats .Les grandes firmes mondiales (Intel en tête) y établissent leurs centres de Recherche et de Développement (300 à ce jour) et espèrent ainsi être branchés en temps réel avec la créativité israélienne.

La dix-septième surprise, et elle est de taille, est que les géants d’aujourd’hui (les Etats-Unis, l’Europe, le Japon) et ceux de demain (la Chine, l’Inde..) ont compris qu’il leur était impossible de faire l’impasse sur une source intarissable de nouvelles idées. Israël leur est indispensable et ils s’en rapprochent autant que possible. Cette position de « centre » de l’innovation mondiale n’est pas simple à gérer : la frontière du civil et militaire est fine ; les amis sont parfois dans des « camps » opposés.

Israël doit donc aussi innover en matière de diplomatie planétaire et peut  même aspirer à jouer un rôle de « pont » entre cultures, lui qui est situé au point de rencontre de trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Afrique et dont la culture est à l’origine des  civilisations d’une grande partie du monde.

La conférence a  souhaite donc ne pas conclure : dans un monde si hésitant, qui remet en question tant de dogmes, qui fait face à une menace existentielle, Israël apparait comme un condensé des questions et un lieu de débats d’où pourraient sortir des solutions  inattendues.

Epicentre des croyances de milliards d’êtres humains, ce pays apportera -t-il la preuve que le pire n’est jamais certain ?

Du centre culturel mondial qu’il fût anciennement Israël est devenu un »hub » innovant de ce qui compte le plus dans notre monde globalisé, un lieu de rencontre du technologique , du culturel et du diplomatique qui lui confère un attrait « visionnaire » si important et manquant pour orienter le développement mondial positivement.

Article exclusif IsraelValley (Copyrights).

 

 

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One Comment

  1. Elie de Saint Cloud 23 février 2018 at 10 h 53 min - Reply

    N° 11 : Quel est ce grand constructeur que nous hébergeons ? Qui signe des contrats des contrats d’infrastructure dans plusieurs pays étrangers notament l’Afrique ?

    INTEL ?

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