Un véritable « lobby » latino-américain en faveur d’Israël.

By |2018-01-06T09:49:09+00:00janvier 6th, 2018|Categories: EDITORIAL|
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Guatemala-Israël : d’« excellentes relations ». Il est rare que l’on parle du Guatemala au Journal Télévisé. Ce fut le cas après que le président guatémaltèque, Jimmy Morales, ait annoncé, dans le sillage de Donald Trump, que son pays allait également transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem

Très logiquement, Benyamin Netanyahu s’est aussitôt félicité de cette décision. D’autant plus que, 128 Etats-membres des Nations-Unies sur 193 – dont la totalité de ceux du Conseil de sécurité, Etats-Unis exceptés – avaient condamné la décision américaine de reconnaître le Grand-Jérusalem comme capitale d’Israël.

Dans le même temps, le 1er ministre israélien annonçait que d’autres chancelleries allaient bientôt suivre l’exemple du petit Etat centre-américain, la radio israélienne mentionnant le Honduras, les Philippines, la Roumanie, voire le Sud- Soudan… Quant au ministère des Affaires étrangères israélien, il déclarait se réjouir d’une « merveilleuse nouvelle » et d’une « véritable amitié ». En effet.

« Historiquement pro-Israël »

J. Morales a rappelé « les excellente relations » qui lient son pays à Israël, auquel, a-t-il dit, son pays a été « historiquement » favorable. Nous savons en effet que le Guatemala avait été l’un des premiers parmi les premiers pays latino-américain à reconnaître, en 1948, le jeune Etat, puis, en 1956, à ouvrir une ambassade à Jérusalem. Celle-ci était dirigée par Jorge Garcia-Granados.

Homme politique libéral, opposé à la dictature militaire du général Jorge Ubico Castañeda (1931-1944), Garcia-Granados avait représenté en 1947 son pays aux Nations-Unies. Désigné comme membre de l’UNSCOP, la Commission spéciale des NU de 11 membres à l’origine du plan de partition de la Palestine, Garcia-Granados ne faisait pas mystère de ses sympathies sionistes, lui qui avait tenu à rencontrer Menahem Begin, alors dans la clandestinité.

Le diplomate avait formé un véritable « lobby » latino-américain en faveur d’Israël. C’est lui qui, avec l’aide du Brésilien Oswaldo Aranha, président de l’Assemblée générale également très favorable au projet sioniste, avait pu obtenir que le vote du Plan de Partage, prévu pour le 27 novembre, soit reporté au surlendemain. 48 heures qui permirent d’emporter une majorité jusque-là inexistante en faveur du plan onusien. Le 29 novembre 1947, le plan fut adopté à l’Assemblée générale – dont on peut rappeler que les décisions ne sont pas contraignantes – par 33 voix contre 13 et 10 abstentions.

       

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