Belle coopération Europe-Israël dans le nucléaire. Aux USA, nouveaux types d’armes nucléaires.

Eyal Koren (Tel-Aviv). Israël est en pointe dans le domaine du nucléaire civil et les recherches dans ce domaine sont constantes. Des milliers de chercheurs sont impliqués. Peu de personnes le savent. Un accord a été signé entre Israël et l’Union européenne il y a dix ans, en vue « d’initiatives communes de coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ». La recherche menée avec Israël concerne officiellement « l’application médicale de radionucléides, la protection des radiations, de même que la sécurité nucléaire dans la détection et l’identification de matériaux radioactifs ». Elle ne concernerait aucune activité de retraitement des déchets nucléaires et d’enrichissement. Dans le domaine du nucléaire militaire une évolution est à observer.

Une nouvelle venant des USA attire l’attention des scientifiques et militaires de l’Etat Hébreu. Selon (1) : « Le ministère américain de la Défense veut réexaminer son arsenal nucléaire et développer un nouveau type d’armes à la puissance limitée, qui fait craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflit nucléaire. Cette proposition apparaît dans une version préliminaire de la nouvelle « Nuclear Posture Review » (révision du dispositif nucléaire) que le Pentagone doit publier en février. Elle rompt avec la vision de l’ex-président Barack Obama qui, en 2009 à Prague, avait appelé à l’élimination de toutes les armes nucléaires.

« Les menaces se sont fortement aggravées »
Estimant que la situation mondiale est aujourd’hui beaucoup plus complexe qu’en 2010, date de la publication de son dernier examen du dispositif nucléaire, le Pentagone conclut que les Etats-Unis doivent aligner leur posture nucléaire sur « l’évaluation réaliste » des menaces auxquelles ils sont confrontés, émanant notamment de Corée du Nord, de Russie ou de Chine. « Les menaces se sont fortement aggravées » depuis 2010, souligne le ministre de la Défense, Jim Mattis, en préambule de ce projet de document, dont le ‘Huffington Post’ a été le premier à publier une copie. « Les Etats-Unis sont confrontés à un environnement où la menace nucléaire est plus diverse et plus avancée que jamais ».Le Pentagone propose donc de développer de nouveaux types d’armes nucléaires à la puissance limitée, notamment des armes tactiques, parfois appelées « mini-armes nucléaires », qui ont un fort taux de pénétration et sont capables de détruire des bunkers ou des installations enterrées. Il affirme que des armes nucléaires moins puissantes et plus nombreuses permettraient de contrer la « confiance mal placée » des ennemis des Etats-Unis dans l’idée que Washington n’utilisera jamais ses armes nucléaires conventionnelles, trop puissantes et destructrices.Un missile balistique mer-sol
Le Pentagone et l’agence fédérale de sécurité nucléaire doivent développer à cet effet un missile balistique mer-sol, précise ce document. Cette arme assurera « une option de rétorsion rapide capable de pénétrer les défenses de l’ennemi », ajoute le texte. Contacté par l’AFP, le Pentagone s’est abstenu de commenter le document, soulignant qu’il s’agissait d’un texte « pré-décisionnel » qui n’a pas été approuvé par la Maison Blanche. La version finale est attendue le 2 février.Pour Barry Blechman, co-fondateur du Stimson Center, un centre de recherche de Washington spécialisé dans la lutte contre la prolifération nucléaire, ce document représente un recul par rapport aux efforts des administrations précédentes qui tentaient de réduire le risque de conflit nucléaire. « Les idéologues pro-nucléaires affirment que pour une réelle dissuasion, les Etats-Unis doivent s’aligner sur l’arsenal de l’ennemi, à l’arme près, à la puissance près », a précisé M. Blechman à l’AFP. « Cette opinion n’a aucune base empirique mais elle est largement partagée par les civils nommés à des postes » gouvernementaux par le président Donald Trump ».(1) http://www.7sur7.be

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