L’unité militaire 8200, la face longtemps cachée de la high-tech israélienne.

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L’Etat hébreu se sert depuis des années du contre-espionnage comme d’un catalyseur économique. Les troupes d’élite en matière de cyberdéfense sont formés à la dure. Ses nombreux vétérans, autorisés à déployer leurs talents dans le civil, deviennent parfois des gourous de la Silicon Wadi

La légendaire unité coopère avec les services de contre-espionnage étrangers, notamment américains. «Quand ils viennent en Israël, ces derniers s’étonnent souvent de voir des petits jeunes gérer seuls des projets normalement dévolus à des spécialistes beaucoup plus expérimentés. En intégrant 8200, on s’engage à travailler quotidiennement 18 heures par jour, sept jours sur sept», témoigne Ygal. Cette antichambre à «licornes» serait, paradoxalement, une hiérarchie militaire assez plate, où l’on encourage la remise en question des décisions de son supérieur. «Si l’on se trompe, mais que l’on peut justifier son erreur, personne n’est sanctionné», relève-t-il.

Le réseau 8200 irrigue aujourd’hui tous les secteurs high-tech de la Silicon Wadi. C’est surtout un passeport pour l’emploi, qui ouvre toutes les portes. Dont celles de Sixgill, spécialisé dans l’observation des pirates informatiques qui gravitent dans le Dark Web. «Je puise essentiellement mes nouvelles recrues parmi des vétérans de cette unité, même si je n’en ai personnellement jamais fait partie», souligne Avi Kasztan, cofondateur de l’entreprise qui affiche une croissance trimestrielle de 300% depuis son lancement en 2014.

Et Yair Amit de commenter: «L’expérience 8200 est le meilleur entretien d’embauche que l’on puisse avoir. C’est un filtre très reconnu. Mais il ne suffit pas toujours pour réussir en tant qu’entrepreneur.» L’avantage comparatif du patron de Skycure: lorsqu’il était enfant, au lieu de lui lire des histoires de chevaliers pour s’endormir, son père lui inventait des modèles d’affaires pour le mettre au défi.

En Israël, le service militaire obligatoire dure entre deux et trois ans. Mais les recrues de l’Unité 8200 sont poussées à prolonger leur service, parfois de plusieurs années. «Certains, et c’est assez nouveau, sont encouragés à passer un master en informatique en moins de 24 mois, soit deux fois plus vite que dans le civil», raconte Inbal Arieli, serial entrepreneuse et fondatrice notamment de 8200 EISP, le premier accélérateur adossé aux vétérans de la fameuse unité d’élite de Tsahal.

Une incorporation dans l’Unité 8200 fait l’objet d’un processus de sélection exigeant. «Le processus débute quand on a environ 17 ans. Hormis les tests de quotient intellectuel, l’armée ne cherche pas des profils expérimentés, mais posés et capables d’assimiler beaucoup de choses rapidement, dont plusieurs autres langues», conclut Inbal Arieli. C’est-à-dire, apprendre à «parler» notamment différents dialectes de programmation informatique.

Source : .letemps.ch

 

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