Si tout va bien… La Tchéquie et les Philippines auront leur Ambassade à Jérusalem.

(© Metula News Agency). L’annonce de Donald Trump hier marque probablement la fin du rêve d’un authentique Etat indépendant pour les Palestiniens. Des décennies durant, depuis les accords d’Oslo, l’Autorité Palestinienne, aidée par ceux qui croyaient en nos mythes et nos ethos, et aussi par ceux qui exprimaient ainsi leur antijuivisme, se sont attelés à préparer l’établissement de notre Etat indépendant au sein des institutions internationales. A force de diplomatie, nous avons été reconnus comme Etat membre à l’UNESCO, au Comité International Olympique et auprès de la Cour Pénale Internationale. Nous avons aussi été reçus aux Nations Unies sous le statut d’Etat observateur non membre, à la suite d’un vote lors duquel 138 pays [dont la France. Ndlr.] ont voté en faveur de notre admission, alors que la plupart des Etats européens ont fait partie des 41 abstentions.

Or toute cette activité de grignotage laborieux de légitimité a été mise à terre en une seule décision des Etats-Unis : avec Jérusalem comme capitale d’Israël, la Palestine ne sera jamais un Etat comme un autre. Sans Jérusalem, nous pouvons encore devenir un « Etat moins » ou une « Autonomie plus », mais pas un pays au sens plein. Ce, à moins que le Président Trump soit contredit par l’un de ses successeurs, ce qui semble très improbable après que le Sénat américain ait confirmé en juin dernier, à l’unanimité de 90-0, la loi votée en 1995 par les deux chambres du Congrès. Ladite loi, le « Jerusalem Embassy Act », avait été adoptée à une écrasante majorité de représentants et de sénateurs le 23 octobre 1995. Elle reconnaît que Jérusalem est la capitale de l’Etat d’Israël et décide d’y transférer l’ambassade américaine.

En fait, D. Trump, obtempérant à la requête formelle du Sénat suite au vote de juin dernier, n’a fait que mettre en pratique une décision du législateur américain. Inutile également d’accorder une importance exagérée à la réponse que feront les Palestiniens, la Ligue arabe, qui se réunira samedi en session extraordinaire, et le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui en fera de même demain, à la demande de huit pays membres, dont quatre européens.

Le Hamas peut bien brûler des drapeaux américains et israéliens, il n’y a rien de nouveau à cela. Il peut appeler à une nouvelle Intifada, lors de laquelle quelques malheureux vont simplement se blesser. L’émulation palestinienne des Frères Musulmans égyptiens est à bout de souffle ; elle exerce déjà sa capacité de nuisance au maximum et cela n’empêche même plus les habitants du Néguev de dormir. La réaction d’Ismaïl Hanya et de son organisation terroriste aurait pesé de quelque poids si elle avait, ne serait-ce qu’une seule fois, proposé un autre agenda, mais elle a toujours prôné la destruction de l’ « entité sioniste » et le génocide de ses citoyens, sans jamais n’avoir eu le commencement des moyens de réaliser ces objectifs. Tout ce que le Hamas est parvenu à faire est de mener, en lançant des guerres suicidaires, dans un premier temps à la destruction de Gaza, et à force, de devenir insignifiant.

Et Mahmoud Abbas amuse la galerie en claironnant que les USA, en prenant cette décision, se sont exclus des négociations en vue d’un règlement pacifique. Une prise de position périlleuse, lorsque l’on sait que seul Washington est capable de faire évoluer les choses, et que tout ce qui se passe actuellement est le résultat d’un plan savamment mûri entre Trump, le Prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, le Maréchal égyptien al Sissi et Binyamin Netanyahu. Mahmoud Abbas, à part se rendre ridicule et jeter nos enfants dans les rues pour affronter les policiers hébreux, n’a pas les moyens de s’opposer au tsunami qui s’est formé contre lui.

Les Etats arabes ont certes critiqué la décision de M. Trump quasi à l’unisson, mais aucun politologue arabe n’est dupe. Les réactions très modérées des leaders des grands pays sunnites ne servent qu’à sauver l’apparence du maintien du soutien aux frères palestiniens. Le Roi Salman a dénoncé du bout des lèvres une décision « injustifiée et irresponsable », quant à al Sissi, il a évoqué des « mesures qui affaiblissent les chances de parvenir à la paix au Moyen-Orient ».

Pour qui sait décoder ces commentaires, il est évident que, non seulement ceux qui les ont prononcés sont très satisfaits de la décision de Donald Trump, mais qu’en plus, sans leur accord préalable, elle n’aurait pas été prise. Dans ces conditions, la réunion extraordinaire de la Ligue arabe ne peut aboutir à rien d’autre qu’à rien. Aucune décision opérationnelle n’y sera décidée.

Quant au Conseil de Sécurité, les Etats-Unis y disposent d’un droit de veto auquel ils n’hésiteront pas un instant à recourir. En fin de compte, même si cela va prendre un peu de temps et comme je l’ai lu ce matin sous la plume de cinq spécialistes du monde arabe, la manœuvre de Trump constitue une nouvelle déclaration Balfour, en consacrant le caractère israélien de Jérusalem, d’une part, et en nanisant la cause palestinienne, de l’autre.

Déjà la Tchéquie et les Philippines ont fait connaître leur intention de transférer leur ambassade israélienne à Jérusalem. A en croire M. Netanyahu, d’autres pays envisagent une décision similaire, et sur ce point, je le crois ; ce n’est que l’affaire d’un peu de temps.

Le 8 novembre dernier, au cours d’une visite éclair à Riyad et de rencontres avec le Roi Salman et le Prince MBS, Mahmoud Abbas s’est vu présenter le plan régional convenu avec Washington et Jérusalem. Outre l’abandon de Quds, il prévoit le non-retour des réfugiés de 48, l’administration d’un territoire discontinu, le maintien de la plupart des implantations, et la création d’une « sorte » d’Etat réduit à sa plus simple expression de souveraineté conditionnelle.

Les monarques saoudiens ont présenté la chose à Abbas sous la forme d’un ultimatum : soit vous acceptez le plan et jouirez de notre soutien financier afin de créer une entité dans laquelle on peut vivre convenablement, soit on va vous faire remplacer par quelqu’un qui nous comprenne et on va se désintéresser de la cause palestinienne.

De retour à Ramallah, tous les barons de l’OLP ont poussé des cris d’orfraie et joué les fiers à bras, rejetant la proposition comme si cela changeait quelque chose. Abbas a téléphoné, dans la précipitation, à tous les amis de la Palestine dans le monde arabe et sur le reste du globe. Tous lui ont montré de la sympathie et l’on assuré de leur soutien moral.

Et, en dix minutes de discours de Trump, la sanction est tombée. Les dirigeants du monde arabe ont fini de se distraire avec le jouet nommé Palestine. Ils s’en servaient lorsque leur objectif était de détruire Israël. Maintenant qu’ils en ont besoin afin de se défendre face aux Iraniens et au péril réel qu’ils représentent, le jouet ne leur sert plus à rien. Au contraire, il les gêne. D’autant plus qu’ils se sont soudain aperçus que l’Etat hébreu, depuis qu’il existe, ne leur a somme toutes jamais cherché de noises et qu’il est au contraire un voisin appréciable. Un voisin dont la puissance, lorsque l’on s’allie à lui, devient un composant efficace de leur propre sécurité.

Source : Sami el Soudi © Metula News Agency

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