Viol digital. Les armées, dont Tsahal, n’échappent pas aux violences sexuelles.

Les grandes armées n’échappent pas aux violences sexuelles, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Israël (de nombreux cas ont fait la « Une » des médias dans l’Etat hébreu). En Israël un scandale majeur a éclaté l’an dernier. Le général Ofek Bouchris, à la carrière prestigieuse, aurait abusé de son autorité pour s’octroyer les faveurs sexuelles de plusieurs soldates de régiment, qui l’accusent de viol, sodomie, harcèlement sexuel, et décrivent une véritable «exploitation sexuelle». Ofek Bouchris a nié les faits.

Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, a publié l’an dernier un communiqué au sujet de Ofek Bouchris, en promettant une « tolérance zéro ». « Je prévois de continuer à montrer une tolérance zéro pour tous les incidents de harcèlement sexuel ou d’agression au sein de Tsahal », a écrit Eizenkot dans une lettre adressée aux commandants. Nous ne fermerons pas les yeux, nous n’abandonnerons pas et nous n’hésiterons pas à prendre des mesures décisives, même dans le cas où des haut-gradés sont impliqués, quels que soient leur rangs, leurs actes ou leurs succès : ces choses ne sont pas pertinentes dans de telles affaires. »

Selon L’Express : « En France, une jeune militaire d’origine antillaise a déclaré, le 27 octobre, sur France 3 Alsace, avoir été harcelée par un gradé –une pratique déjà dénoncée par un livre choc, en 2014 (La Guerre invisible, éd. Les Arènes/Causette). Elle affirme avoir été renvoyée de l’armée après avoir déposé plainte. L’état-major, lui, évoque des résultats insuffisants et des difficultés d’intégration.

Aux Pays-Bas, ce déferlement de dénonciations brise un autre tabou: trois hommes, simples soldats, ont révélé au journal De Volkskrant avoir été, en 2014, victimes de harcèlement, de maltraitance, de coups et blessures et de viols commis par des supérieurs, en l’occurrence des sous-officiers de leur unité, à Schaarsbergen. Ces derniers « urinaient systématiquement » sur l’un de ces militaires, qui a aussi subi un viol digital avec un gant en latex.

L’affaire secoue d’autant plus l’institution que les sévices ont eu lieu lors de rites d’initiation des nouvelles recrues. Les syndicats militaires ont aussitôt appelé à leur suppression. Le ministère de la Défense néerlandais, qui a confirmé qu’une enquête pénale était en cours, a déjà sanctionné quatre militaires, qui ont été démis de leurs fonctions. Il a aussi lancé un appel demandant aux militaires et aux citoyens de signaler tout abus devant la police militaire, précisant avoir reçu récemment des dizaines de signalements d’agressions sexuelles depuis 2013. »

LE PLUS. LOI EN FRANCE. Une agression sexuelle désigne tout acte de nature sexuelle non consenti, de manière physique ou psychologique. L’agression est commise avec violence, contrainte ou surprise mais sans pénétration, de quelque manière qu’il soit. Une agression sexuelle constitue un délit, et non un crime comme le viol ou la tentative de viol. Elle est sévèrement punie par la loi française, qui prévoit 5 ans d’emprisonnement et 70.000 € d’amende. Il existe cependant une série de circonstances aggravantes qui peuvent entraîner jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100.000 € d’amende : parenté avec l’agresseur, menace d’une arme, groupe d’auteurs ou complices commettant l’agression sexuelle, blessures issues de l’attaque… La prescription est de 3 ans pour une agression sexuelle, et non de 10 ans comme pour un viol ou une tentative de viol, ce qui change la donne.

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