Succès Israël. Yissum, bureau de transfert technologique de l’université hébraïque.

Pivot de l’écosystème d’innovation de la capitale israélienne, l’université hébraïque de Jérusalem est l’une des institutions académiques du pays. Forte de ses 23.000 étudiants, Hebrew University of Jerusalem (« HUJI ») vient de connaître son heure de gloire. Le 13 mars 2017, le groupe Mobileye, spécialiste israélien des systèmes anticollisions pour l’industrie automobile, a été vendu au géant américain des microprocesseurs Intel, pour la somme de 15 milliards de dollars : soit la transaction la plus élevée jamais enregistrée dans l’État hébreu !

Or, cette pépite a été fondée en 1999 par Amnon Shashua, un chercheur passé par le MIT (Massachusetts Institute of Technology), mais recruté en 1996 au sein de la faculté des sciences de l’informatique et d’ingénierie de HUJI… De quoi susciter une vague d’enthousiasme dans l’enceinte de Givat Ram, l’un des quatre campus de l’université hébraïque, qui abrite les départements scientifiques.

Un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars

Et pour cause : sise à Jérusalem, la société Mobileye, qui s’est imposée grâce à un système intelligent de caméra embarquée, fait aussi partie du portfolio de Yissum, le bureau de transfert technologique de l’université hébraïque. « Cette entreprise, introduite au Nasdaq avec un immense succès, nous a rapporté des dizaines de millions de dollars », confie Dana Gavish-Fridman, la directrice marketing de Yissum.

La structure créée pour protéger la propriété intellectuelle des chercheurs maison, comme pour commercialiser leurs brevets, n’en est pas à son coup d’essai. Classée dans le top 15 mondial des sociétés de transfert de technologie en termes de revenus, Yissum, établie dès 1964, a généré en cinquante-trois ans d’existence près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires (soit environ 1,9 milliard d’euros), sur la base de 9.820 brevets, de 880 accords de licence et de 120 sociétés essaimées.

Des biotechnologies à la cybersécurité

Société à but lucratif employant 26 salariés et mobilisant 300 chercheurs, Yissum s’est forgé d’emblée une solide réputation dans le secteur des sciences de la vie. Il s’agit en effet de l’un des domaines d’excellence de l’université hébraïque de Jérusalem, qui concentre 43 % de la recherche israélienne dans les biotechnologies (dont 1.600 postdoctorants), abrite une école de médecine ainsi qu’une faculté de pharmacie, tout en étant affiliée à quatre hôpitaux. L’institution a ainsi donné naissance à plusieurs produits pharmaceutiques, tels que l’Exelon, un traitement qui retarde la maladie d’Alzheimer.

Mais, depuis environ cinq ans, le campus de Givat Ram a élargi son périmètre d’activité à d’autres spécialités, comme le montrent la création du premier laboratoire de recherche israélien dédié à l’impression 3D ou la mise en place d’un nouveau centre de recherche dans la cybersécurité.

Cette diversification se lit dans la liste des « success stories » nées sous l’impulsion de Yissum. À l’image de la start-up BriefCam, qui a développé un logiciel d’analyse ultrarapide d’images de vidéosurveillance, déjà commercialisé auprès de 15 villes françaises.

Hebrew U forme au transfert technologique

Récemment, Yissum a multiplié les initiatives pour que la recherche universitaire séduise très en amont les industriels, en particulier au moment de la phase dite de la preuve de concept. Après avoir établi des partenariats avec des grands noms de l’industrie comme Roche, Syngenta ou Microsoft, la société de transfert technologique a ainsi étoffé son arsenal, afin que les chercheurs disposent de nouveaux mécanismes de financement.

Parmi les nouveaux dispositifs mis en place par Yissum, figurent ainsi Agrinnovation, un fonds d’investissement spécialisé dans le domaine des technologies agricoles ou IntegraHoldings, un fonds de capital-risque qui investit dans les biotechnologies.

« Last but not least, Yissum est l’une des rares structures de valorisation de la recherche à proposer depuis peu des formations dans le domaine du transfert de technologie à des institutions académiques, qu’elles soient israéliennes ou étrangères », précise Dana Gavish-Fridman. Un savoir-faire éprouvé de longue date qui ne demande qu’à s’exporter.

http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/lex-avec-yissum-universite-hebraique-de-jerusalem-fait-fructifier-capital-technologique.html

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